Je ne vois pas pourquoi je devrais m’inquiéter. Ma vie s’est arrêtée depuis longtemps déjà. Le reste n’est qu’attente de ma renaissance… Que ce soit un moyen de retrouver le fil, ou que c'en soit un autre, que je n’ai jamais vu. Et puis qu’apporte l’inquiétude ? Quel est son résultat pratique ?
Il n’y a pas si loin, du désir à la tombe.
Pas si loin
Hors du cercle magique
Les phrases se bousculent, pressées de se cacher… Le jeu est devenu : comment ne pas montrer que l’on est concerné. N’y aurait-il pas là un peu de complaisance ? (Il y en a partout, donc peu de chance de se tromper.)
Qu’importent les besoins que l’on croit deviner ? On ne pourra jamais aller voir au-delà. Et de toute façon la question n’est pas là, ça n’a jamais été le sujet du débat.
Il y a des perspectives un peu exaspérantes. Un monde qui n’est pas conforme à mes souhaits. Des manières brutales, des mœurs de chiens de garde. Et puis des stratégies d’occupation du territoire qui obligent à laisser celui-ci s’effacer…
Et à quoi bon penser que le monde déteint sur celui qui l’observe ? Pourquoi se protéger sans qu’il y ait danger ?
Il est sûr que parfois on voudrait qu’il y ait moyen de transgresser, d’aventurer un pas hors du cercle magique… Mais puisque c’est promis à la désolation ou à la dérision… En somme il n’y a pas motif à s’inquiéter. « Que chacun fasse son métier, et les veaux seront bien gardés. »
Ce n’est pas le désir qui me fera mourir, mais la crainte du rien ; de ce rien qui sait bien que nos cœurs sont à prendre… À vendre aussi, bien sûr, mais ce n’est qu’un détail.