Une courte parenthèse

Bien sûr je le savais, je l’avais deviné, mais cela me fait drôle. Ça confirme le mal et ne me promet rien. Et les jours sans espoir sont déjà revenus… Ce fut une courte parenthèse.

Une question de méthode

Souvent j’aimerais croire que ce n’est qu’une question de méthode. Souvent même j’y crois. Ce serait si plaisant, si doux, si confortable. Si plein de prévenance. Ça n’obligerait pas à se prendre la tête, à voyager parmi les démons avariés. En somme il faudrait juste être bon écolier, bien suivre la notice et ne jamais dévier. Ne pas s’aventurer hors des chemins tracés.
Hélas il n’y a pas de méthode à mon goût.

Colmater la brèche

Et si on se retourne on voit le repentir. Le trouble et la colère ne font pas bon ménage avec la vérité. On se laisse dompter par la nécessité de colmater la brèche que l’on a devinée.
Évidemment il y a des circonstances accablantes. On ne peut pas le nier. Mais de là à penser que des cadavres assemblés pourraient constituer une armée de réserve…

Des flèches en papier

Ce serait plus comique en y mettant de l’eau. Ou bien de la peinture. Des casiers entassés, des flèches en papier. Ou peut-être l’inverse. Quoi qu’il en soit de quoi susciter la colère, la saine indignation.

Peut-être parce que

Enfin si, il y a des menaces, des lois. Je ne l’ignore pas. Je ne fais pas comme si je ne les voyais pas.
Mais je ne suis pas là pour vous parler de ça. D’ailleurs je ne sais plus pourquoi je suis ici. Peut-être parce que j’ai fini de penser à ce qu’était hier ?

Fatigué

Ce n’est pas du silence mais de la déraison. Ça se ressemble un peu, mais pas complètement. D’ailleurs il n’y a pas vraiment à s’en soucier. Ce n’est pas dramatique. C’est juste fatigué. Fatigué d’espérer et de désespérer. Fatigué de nourrir des sentiments secrets qui sont trop bien cachés pour être décodés, écoutés, appréciés. Fatigué de savoir que de toute façon il n’y a aucune chance que ça s’améliore.

D’ailleurs

Et puis si c’était vrai on ne le saurait pas, il faut bien l’avouer. D’ailleurs on ne tiendrait pas tellement à le savoir.

Une façon de faire

Je ne vais pas si loin, je ne vais pas si loin. J’ai très tranquillement dépassé la frontière, mais je n’ai rien changé. Le monde autour de moi est demeuré le même. J’ai juste rapporté de l’indifférencié une façon de faire plus simple, moins austère. Car il est inutile de chercher l’inconnu. Nous y sommes plongés, nous n’en sortons jamais. Tout ce qu’on croit savoir n’est que pure folie.

Pour le reste vraiment je ne puis rien en dire. Ça ne m’amuse pas, mais il y a des lois que je dois respecter.

Masque glacé

Sans doute est-ce du vent, mais je n’en suis pas sûr. Ça ne ressemble pas à l’idée que je m’en fais. Il y a trop de courage et d’éparpillement. Ça ressemble plutôt à un masque glacé.
Ce qu’il y a derrière est plus préoccupant. Ce désir de survivre et de se reconstruire. Ce n’était pas du tout ce qu’on avait prévu. Mieux vaudrait le neutraliser que le laisser tomber.

En douceur et sans bruit

Sans doute est-ce bien vrai. Sans doute est-ce le calme annonçant la tempête. Que pourrais-je en savoir ? Le tragique est diffus. Les raisons de souscrire à l’emprunt pour la vie se font plus insistantes. On ne va pas mourir avant d’avoir tout dit ? C’est de moins en moins sûr.

C’est embêtant ce calme, cette envie de partir en douceur et sans bruit… Ce n’est que le sommeil, mais cela préfigure un calme plus solide, plus définitif.

Pas le poids

Bon d’accord admettons. Il n’y a rien à faire pour se tirer de là. Le rôle est défini et la route tracée. Le choix n’existe pas. Et il est vain d’attendre qu’il existe un jour. Ça n’arrivera pas. Tout optimisme est déplacé.
Que moi je n’y croie pas n’a aucune importance. Je ne fais pas le poids.

Je ne suis pas certain que cela me convienne, de ne rien pouvoir dire. Ça ne ressemble pas à ce dont j’ai rêvé.
Mais ce dont j’ai rêvé tout le monde s’en fout. Et moi aussi d’ailleurs.

Je me demande quand même s’il y a moyen d’après tout ça de tirer quelques conclusions. Ou bien s’il faut attendre encore que cela se précise.

Matière à se réjouir

Ça coule comme l’eau, ça présente le drame, et ça le restitue.
Ça fait croire à la peur qu’elle est la bienvenue… Peut-être dans l’espoir de parvenir à l’amadouer ?
Enfin le ciel est grand. Il n’y a pas à s’inquiéter du résultat de la manœuvre.

Évidemment il y a aussi matière à se réjouir. Je veux dire, on voit bien que le désordre gagne, que bientôt il aura fini de tout remettre en cause. Cela promet des chants, des signes de victoire. Et même quelques larmes de joie et de remords.

Aurait-on dû choisir ? Et la question mérite-t-elle d’être posée ?