Quelque chose de vrai

Ce n’est pas que cela soit utile d’en parler, mais… C’est tant de désespoir, tant de tristesse machinale, ça finit par me faire une envie de pleurer pour enfin ressentir quelque chose de vrai.
Je sais bien que ça semble infantile et stupide, je ne discute pas, je ne discute pas.

Compliqué

Libéralisation, libéralisation… ce n’est pas si facile. À vrai dire ça paraît même un peu compliqué.

Avant d’être blessé

C’est vrai que je n’ai pas le droit de plaisanter, que je devrais plutôt me voiler de ma honte, ne pas te regarder, oser lever les yeux sur toi…

Je veux dire, j’aime ça, j’adore le désordre que tu crées en moi, ce bouleversement sans rime ni raison, cette terreur abjecte, cette panique affreuse qui me parle d’ivresse et de félicité… Mais ceci dit il n’y a pas moyen d’avancer, rien que je puisse faire qui pourrait modifier cette situation, donc…

Mais je n’ai pas non plus envie de me morfondre, envie de regretter de n’avoir pas osé. Juste envie de simplicité, de naturel et de gentillesse, qu’il y ait des sourires et des paroles tendres, et même davantage… Envie que tout soit comme on pourrait en rêver. Là c’est trop compliqué, trop limite tendance, trop difficile à espérer. Je préfère dire non avant d’être blessé.

Mais c’est fou tout de même la vitesse à laquelle tout ça est arrivé. Je t’ai vue, tu m’as plu, et soudain, et soudain… j’ai été fasciné, ému et emporté.
Difficile de prétendre que rien ne s’est passé. Toi tu le fais peut-être, mais moi je ne peux pas.

Bien trop tard

Et puis que te dirais-je ?...

Cela ne suffit pas de se dire que l’on s’aime, cela ne suffit pas de s’en apercevoir. Non que je n’aie confiance, mais je sais le pouvoir et les forces adverses. Comme en plus il faudrait déjà être certain avant de commencer, tu vois bien qu’il n’y a pas moyen d’y compter.
Après tout c’est ainsi, c’est ma faute sans doute. Ce que j’ai essayé n’a jamais fonctionné, mais il faut avouer qu’en fin de compte je n’ai pas beaucoup essayé.
Ce n’est pas important, ce n’est pas important. Je ne vais pas gémir, je vais plutôt tenter d’arrêter d’y penser. Étant seul à y croire cela ne devrait pas être trop difficile.
Mais ce vertige, amour… je l’avais oublié, et j’ai été content d’un peu le retrouver.

……………..

Poussant un peu plus loin je trouve le désir, le délire, l’ivresse, et toute la violence de l’amour contrarié. Je sais bien qu’en tes bras j’aurais pu découvrir quelque chose d’inouï, dont je n’ai pas idée. Et non, je ne crois pas que ce soit vantardise.

Allez, ça suffira pour ne plus en parler, ça suffira pour dire que c’était passager et déjà oublié. Mais qui pourrait me dire pourquoi ça me fait tant de peine ?
J’ai un peu l’impression d’enfin ne plus mentir mais qu’il est bien trop tard, que désormais le mal est fait et ne sera jamais défait.

C’est fou parce que rien ne semble résister, excepté moi peut-être… Ça doit être sensé, ça doit être conçu pour m’aider à changer, de chemin, de méthode, de rêve ou de souffrance… C’est vrai qu’il est grand temps que je tourne la page, la très épaisse page de mes chagrins passés.

Et puis j’aperçois tant et tant d’enfantillages, tant de possibles déjà vus, tant de conquêtes sans cervelle, d’histoires vertébrales qui ne soutiennent rien, qui savent seulement se faire passer pour d’autres, raconter sans sourire qu’elles savent le moyen de tout bouleverser, de transformer le monde en jardin débonnaire…
Ce n’est pas inutile, c’est même intéressant, mais franchement il n’y a pas de quoi s’exciter, ni même se troubler.

Allez je laisse choir. Mais il est évident qu’il y a encore là des questions à poser, des réponses à trouver.

D’une étrange manière

Ça ne me redit pas des phrases débonnaires, mais ça m’ennuie un peu de l’avoir oublié… Ça me parle d’amour d’une étrange manière, avec un arrière-plan de détresse et de peine.
J’aime bien la façon dont ça vient caresser ma peau sur mon visage. J’aime bien la façon dont cela se dévoile sans jamais se montrer. J’aime bien la façon dont ça fait espérer de belles voluptés.

Arrêter de trembler

Félicité de la détresse.

Ce n’est pas comme si il y avait du désir ou de la volupté — ou je ne sais plus quoi qui se termine hanté… Ce n’est pas comme si ça pouvait se nommer amour ou liberté d’enfin se retrouver… Ce n’est pas comme si ça pouvait ressembler à une chance enfin de se tirer de là, de ce si mauvais pas qu’on ne se souvient plus comment on est tombé… Ce n’est pas comme si, ce n’est pas comme si, mais ça se délimite en émotion extrême, du genre qu’on ne peut pas faire semblant d’ignorer — avant d’y arriver.
C’est immense et troublant, c’est beau à oublier que cela fait trop peur pour être vérifié. Cela commence un peu à être obsessionnel. Ça donne des envies, des besoins de chérir, d’ouvrir et d’embrasser, de serrer contre soi, de vibrer au plus près… Ça donne quelque chose qui ne peut se décrire, qui ne peut s’expliquer et que pourtant il faut accepter de subir avec félicité.
Ne me dites pas non, ne me dites pas rien ne pourrait me contraindre à accepter de jouer à la folle équipée que je vois s’imposer… Ne me dites jamais la vie ce n’est pas ça, le risque est bien trop grand et la joie inutile. Ne me dites jamais que j’ai encore trouvé un moyen de souffrir pour pouvoir en parler, car cela n’est pas vrai. Je n’ai pas découvert un moyen de souffrir, je viens de rencontrer une voie assurée vers la félicité.
Je ne sais pas combien cela va me coûter, et je m’en fous un peu, et même davantage. Je veux juste savoir si je vais avancer, et si je vais enfin arrêter de trembler.
J’ai besoin d’en parler, c’est vrai que c’est bizarre… J’ai besoin de me dire que je vais réussir à déchirer le voile qui m’empêche d’oser. J’ai besoin de me dire que j’y suis arrivé. Et puis ça fait du bien, de retrouver un peu le goût de raconter, même si c’est pour dire que je ne comprends pas ce qu’il faut que je fasse ni comment avancer.
Effroyablement belle est la félicité, et son charme incroyable est encore trop sucré — comment pourrais-je oser avec de telles idées ? Il faut se retrouver plus modeste et plus doux pour dépasser le seuil de la médiocrité.

En attendant je n’aime pas trop qu’on me déclare que je suis obligé de m’y casser le nez.