C'est vraiment embêtant, tout ce ressentiment. Il n'y a pas moyen de s'en débarrasser. Même en voulant tourner la page, cela reste accroché.
Un profond repentir
C'est vraiment embêtant, tout ce ressentiment. Il n'y a pas moyen de s'en débarrasser. Même en voulant tourner la page, cela reste accroché.
L'alpha et l'oméga
Ah si c'était ainsi, on pourrait en tailler, des masques en papier. S'il suffisait de dire : je suis le solitaire, l'alpha et l'oméga de la réalité. On s'assiérait ainsi, et on débiterait les rêves associés. Tous les mots attachés, les idées emboîtées, et tous les souvenirs qu'on aurait voulu fuir et qu'à présent on est pressé de retrouver.
Ah trouver un moyen de se remémorer. Pas seulement de dire, pas seulement de ressentir, mais le moyen d'y être, et d'essayer de réparer, de modifier ce qui n'aurait jamais dû être, de magnifier ce qui aurait mérité mieux.
Enfin quoi une sorte de mythomanie, mais une mythomanie qui aurait réussi. Une vie inventée meilleure que la vraie. Plus réelle que la vraie.
Car franchement ce qui est vraiment arrivé ne paye pas de mine. Sans parler de mérite, on peut au moins souhaiter un minimum d'esthétique.
Enfin je ne sais pas. Car j'ai aussi envie d'être plus scrupuleux, plus précis, plus austère. M'approcher au plus près de l'objectivité. Celle qui on le sait n'a jamais existé.
Une ornière creusée
Mais qu'importe, c'est fait. Sans même avoir à y songer. Ce qu'il faut assumer, c'est tout ce qu'on aurait préféré oublier. Car comme par hasard ce n'est pas le meilleur, qu'on a pu conserver. Seuls le vice et la peine sont restés accrochés. Enfin, si l'on peut dire. Car ce qui est resté n'est pas si bien accroché que ça. C'est juste une habitude, une ornière creusée par un trop long usage. On croit pouvoir s'en écarter, on tente l'escalade, mais chaque fois on y retombe.
Qu'importe, en vérité. C'est le cas de le dire. On ne va pas chercher si loin qu'il y paraît. On fait le tour de soi, on se regarde vivre, et on se dit que rien ne justifie cela. Cet endormissement, cette envie d'oublier que ce que l'on voulait était trop difficile. Qu'on aurait dû penser à mieux se protéger. Qu'il y avait certainement des précautions à prendre.
Car tout cela s'impose avec une vigueur qu'on n'avait pas envisagée. C'est assez colossal. Monolithique, en vérité. Je n'aperçois aucun de ces petits chemins où j'aime à m'égarer. C'est de l'adversité en acier certifié. Pas moyen d'ignorer qu'on nous a dit et répété qu'il fallait renoncer. Que c'était un chemin réservé à certains, qu'on n'avait pas le droit de s'y aventurer.