Sous le coup de la peine

Ce n'est pas que j'aie peur, c'est que je suis encore sous le coup de la peine que cela m'a laissé. J'avais trop espéré, ou plutôt escompté, tout comptabilisé sans voir que dès l'abord ma balance était fausse.

Jamais en phase

Je souffre et je m'endors, je m'isole et je meurs. Je ne suis plus jamais en phase avec le temps.

Demi-strapontin

C'est vrai que je m'en fous, et que de temps en temps je ne suis pas certain que cela soit une bonne idée. C'est vrai aussi que je n'ai pas la moindre velléité de me justifier. C'est comme ça, je m'en fous, je n'ai pas prétendu que c'était bien ni mal, je constate le fait et ne vois pas pourquoi je m'en inquiéterais. Car après tout ça a de nombreux avantages. Je veux dire au niveau de la tranquillité, de la sérénité. C'est juste un peu gênant au niveau appétit et détermination... En somme dès qu'il faudrait se faire respecter, ou bien jouer des coudes pour se faire une place un peu plus confortable. Très vite on est tenté de se dire qu'un demi-strapontin c'est déjà mieux que rien, et de s'en contenter.

Un élan du cœur

Je ne sais pas pourquoi je ne m'en suis jamais remis. Cela fait tout de même vingt-cinq ans maintenant. Ou presque. Et je suis obligé de constater que ce n'est pas passé, que le chagrin est toujours là, toujours bien accroché. Car j'ai beau m'efforcer de ne pas y penser, de faire bonne figure, cela revient sans cesse. Et je crois que ce n'est pas une bonne idée, de vouloir le chasser. Parce que c'est injuste. Ce n'est pas un péché, ni une maladie. C'est un élan du cœur qui cherche à s'exprimer et qui ne le peut pas. Faute d'être écouté. Faute d'y croire assez pour le dire plus fort, aussi peut-être...

Surmonter cette gêne

Oui bon c'est bien gentil mais si j'en reste là c'est assez lamentable. À quoi bon essayer si c'est pour échouer et puis s'en contenter ? Comme si c'était normal, désirable, souhaitable !...
En vérité le monde ne m'intéresse guère. Il m'amuse souvent, mais rien à faire pour me sentir ne serait-ce qu'un peu concerné, impliqué. Alors mêler ma voix au grand concert universel !
Pourtant je suis certain que surmonter cette gêne, ou plutôt cette réserve, me serait bénéfique. Mais pour l'instant vraiment je ne sais comment faire. Ça me parait idiot, légèrement ridicule, et même assez vulgaire... Non la pratique elle-même, bien sûr, mais la prétention qu'elle suppose, la vanité de dire ce qu'on pense de tout, comme si c'était censé intéresser quelqu'un. Vous me direz, les états d'âme c'est encore pire, tout le monde s'en fout, et ça n'a pas l'air de me gêner... Oui mais, ça n'implique pas de jugements, de prises de position. Sans compter la question de la sincérité.
Enfin c'est compliqué. Le projet m'intéresse, mais pour l'instant me semble un peu trop incertain.