Face à l'adversité

Je trouve le désir là où je l'ai oublié. Tout près du rien, mais rien ne peut le contenter. Ça fait de la fumée, ça fait de la fumée... Ce n'est pas avec ça que je vais m'envoler. C'est si calme et serein ; c'est si trouble et malsain... Je ne sais plus très bien où est la vérité. D'ailleurs soyons honnêtes, je ne l'ai jamais su. Au fond j'aurais aimé pouvoir tout essayer avant de décider, mais c'était difficile, vraiment trop difficile. Il fallait s'affirmer, sortir de la réserve, quitter ce sentiment de supériorité...
Pourtant c'était plus simple que je le pensais. En somme il n'y avait rien de spécial à faire. Juste se retrouver face à l'adversité sans céder à l'envie de courir se cacher. C'est d'autant plus facile qu'en somme il n'y a pas d'endroit où se cacher.

Les masques du passé

On fait comme si on le savait, mais ça n'avance à rien. Les masques du passé demeurent bien en place. Ils sont bien plus solides qu'on peut l'imaginer. Ah ! s'il y avait encore moyen de s'effacer pour les laisser passer... Ce serait trop facile. Il faut tout assumer, mais pas se prosterner.
Quant à mourir au lieu de vivre, ce n'est pas une mauvaise idée. Mais il faut mastiquer, avant de recracher. Sinon c'est du vomi, pas de la marmelade.

Les affabulations et les dissipations

Enfin si, c'est du vent, et on fait comme si on ne le savait pas... Des mouches et des peurs, des loupes et des fleurs, tout un tas de costumes ne voulant plus rien dire... Comme si on pouvait nier le temps et revenir à celui qui n'est plus. Ce qui est arrivé n'est pas ce que l'on croit. C'est un flot de terreur, pas un comportement désagréable ou insultant. Il n'en restera rien quand on le cherchera. On aura beau creuser, inspecter les fossiles, ça ne sera jamais conforme au souvenir qu'on en aura gardé.
Je ne vais pas trembler, je ne vais pas souffrir, je ne vais pas penser que j'aurais dû m'enfuir... Je vais plutôt tenter de tout reconstituer, y compris les miracles et les songes sacrés. Mais s'il vous plaît cessez de tant me regarder. Je n'ai pas l'intention de me défigurer pour mieux vous ressembler.
Tout le reste vraiment doit pouvoir s'expliquer, les affabulations et les dissipations. Tous les principes creux que j'aurais pris plaisir à trahir et courber. Et la réalité de mes folles pensées, décoiffées, déchaussées, jamais amidonnées.
Les cycles infernaux sont tout ce qui me reste. Pas vraiment de passion, ni même de chanson... À peine quelques mots cherchant à se cacher pour se faire oublier.