La vieille mécanique

Je vais faire comme si je ne le savais pas. Je ne vais plus tenter de me justifier. Je vais cesser de raconter que c'est à cause ou parce que, en croyant que ça forme une sorte d'histoire. Et arrêter de croire que ce que je ressens est au centre de tout ? Faut voir... Car c'est la vérité, je ne peux pas le nier. Ce même si ça n'a pas le moindre intérêt. D'ailleurs je ne crois pas que ce soit le problème. Mais bon, il vaudrait mieux ne pas s'éterniser. Pour l'heure la question est de remettre en marche la vieille mécanique, celle qui s'est grippée il y a déjà quelques années... Car le temps passe vite, même de plus en plus vite, et ça n'avance pas. Et j'en arrive à croire que ce n'est même plus la peine d'essayer. Et qu'après tout ça n'a pas la moindre importance. Que la vie ce n'est pas de faire ceci ou bien cela, d'avoir toujours besoin de prouver quelque chose.

Je sais bien que c'est ridicule. Que je devrais pouvoir cesser de me vautrer dans le laisser-aller. Je sais tout ça par cœur, ai même collaboré à la police de la pensée. Cela n'empêche rien. Cela ne fournit pas de guérison magique.

Derrière la colère

Les troubles sont courants, mais ne sont pas marrants. D'ailleurs il n'y a plus grand-chose de marrant désormais. Car l'esprit de sérieux a fini par me vaincre, peut-être... C'est cette grande lassitude qui m'empêche de rire. Tout est si machinal ! Je me suis retiré bien au-delà de l'amertume, derrière la colère, à un endroit où rien ne peut me déranger... Ça ne m'apporte rien, mais au moins j'ai cessé de me briser les os contre cette barrière qui ne veut pas bouger et qui pourtant est toujours là où je ne l'attends pas.