Je voudrais le savoir, mais surtout le conter, le dire en vérité et en exactitude. Je voudrais préciser exactement ce que j'en sais. Ne pas me soucier de ce que ça provoque, des bouleversements pouvant en résulter. Non pas justifier tel ou tel parti pris, mais épouser le vrai et lui jurer fidélité, et ne plus le quitter. Et surtout éviter les généralités, les clichés épuisés, les malhonnêtetés.
Un peu artificielle
C'est vrai que j'aimerais comprendre, raconter, sans retomber dans les clichés, la culpabilité un peu artificielle... et que c'est impossible, qu'il y aurait sans doute des conséquences bien trop lourdes, que c'est le genre de choses qu'il vaut mieux oublier, même si ça paraît également impossible.
Dans la poitrine et dans le cœur
J'ai l'impression de m'approcher de ce que je désire. Je ne sais pas ce que c'est, mais j'ai la sensation que cela se précise. Cela me semble plus concret, réaliste, pratique. Évidemment lorsque j'en parle je sens que ça s'en va, mais ce n'est pas très grave. Car cela loge en moi, dans la poitrine et dans le cœur. Une sorte d'assurance, d'assise plus solide.
En faveur de la peur
Non je ne peux pas dire que cela me séduise. En fait je trouve ça plutôt épouvantable. Au minimum ahurissant. Tous ces avis tranchés en faveur de la peur... Comme si elle était un horizon indépassable. Un but enviable, même.
Enfantillages
Je sais où est la peur, je connais ce poison. Je sais aussi l'erreur, l'idiote déraison. Je sais que tout cela est devenu envahissant, que ça n'a plus le moindre sens, que c'est un esclavage sans doute sans issue. Je sais qu'il faudrait dire que cela doit finir, que même si la peur ne doit pas commander ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi, pour gaspiller son temps sa santé et son énergie dans des enfantillages qui n'ont aucune utilité. Évidemment c'est amusant, je n'ai aucune envie de dire le contraire. Mais c'est aussi stupide. Peut-être même dangereux. Enfin je n'en sais rien. Disons que ça paraît logique. Donc il faut négocier une sortie de crise, comme on dit de nos jours pour avoir l'air sérieux... S'arracher doucement, se déshabituer.
Enfin peut-être pas. C'est un peu compliqué. Un peu trop tôt pour décider de tout laisser tomber. Je veux juste choisir de rendre tout cela un peu plus raisonnable. Ou plutôt présentable.
Enfin peut-être pas. C'est un peu compliqué. Un peu trop tôt pour décider de tout laisser tomber. Je veux juste choisir de rendre tout cela un peu plus raisonnable. Ou plutôt présentable.
Mirages de grandeur
On avait des visions, pas seulement des raisons... Ça ne s'expliquait pas, mais cela s'imposait avec sévérité, et même majesté... On était investis d'une force cosmique, irrésistible, incompressible, et ça faisait de nous des cibles impossibles à abattre. Enfin quoi, des miracles, et des mirages de grandeur. Le sol était trop loin, on avait renoncé à le rejoindre un jour. On évitait même de le regarder, à cause du vertige. De toute façon c'était prévu, c'était de l'inconnu déjà répertorié. On s'était contentés d'appliquer la recette, de suivre le mode d'emploi à la lettre. En conséquence il n'y avait pas de quoi s'inquiéter. Mieux valait profiter de l'opportunité.
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