Je ne suis pas encore tout à fait convaincu.
Ça s'échappe aussitôt que j'essaie d'y penser.
Il faudrait justifier, il faudrait expliquer...
Pas seulement montrer comment ça s'est passé.
Quoique.
Ce qui est sûr c'est que le titre est déjà tout trouvé.
Cette impression d'avoir été berné de toute éternité...
Et surtout le dépit d'avoir souvent été incompris, mal aimé.
Même si c'est commun il n'y a rien à faire pour s'y habituer.
On se juge coupable, ou du moins responsable, mais ça ne donne pas les moyens d'espérer, de trouver l'énergie pour continuer à essayer de lutter contre l'adversité.
De toute éternité
Crâne farci
Ce n'est pas du jambon, ce n'est pas de la haine. C'est le crâne farci de dérives malsaines, et l'envie de savoir comment y échapper.
Engourdissement
Le bilan reste à faire, mais je ne suis pas sûr qu'il soit si positif que je me l'imagine. Surtout m'inquiète cette lourdeur, cet engourdissement, cette envie de céder la place et d'oublier. Je veux crâner encore, mais je n'aime pas ça. Je reste dépité, embarrassé du temps, et de tout ce paquet de rêves inutiles. Je n'ai pas de rancune, mais je reste déçu que tout cela n'ait pas trouvé à davantage s'exprimer et se concrétiser.
En papier découpé
Si ce n'est que du froid, je m'en mets plein les doigts, je repars au combat, et je ne m'en fais pas. Si c'est de la connerie, je la traite comme telle : je l'écarte du pied et je passe à côté. Que l'on prenne le temps de la photographier afin de l'archiver pour éventuelle étude, pourquoi pas. Mais pas qu'on s'y attarde, ni qu'on en reste fasciné. Les formes de connerie sont diverses et variées, et chacune défend sa légitimité. Il y a mieux à faire qu'à les répertorier. Quant aux bons sentiments, il ne faut point en abuser. À part une auréole en papier découpé, il n'y a rien à gagner à se laisser maltraiter. Même si celui (ou celle, d'ailleurs) qui nous maltraite a quelques qualités qui nous semblent enviables
Ce qui pourrait faire peur
Parce que ça me plaît. Parce qu'il n'y a rien qui en fasse un mystère. Parce que c'est évident, que ça coule de source, que cela fait du bien, que c'est rafraîchissant, reposant. Que ça n'exige rien, du moins rien d'impossible, d'extravagant, d'inconvenant. Que c'est plus simple, plus facile, aimable, caressant. Et qu'au-delà il n'y a pas de combines malsaines, de stratégies trop compliquées, ni d'attrait du danger. Parce que le bonheur mérite qu'on écarte ce qui pourrait faire peur. Et qu'à la vérité ça n'a pas d'importance. Ça ne mérite pas de tant s'y attarder.
De honte et de désir
Et puis arrivé là j'ai buté contre un mur, fait de passion, de haine, de honte et de désir. On me refusait tout, je n'avais que le droit de me taire et trembler. Si je voulais survivre je devais me cacher. Et le temps a passé, et le temps a passé... Je n'ai pas oublié ce que je désirais, mais je l'ai adapté à la nécessité.
« Est-ce que quelque chose a changé ? » J'aimerais le savoir, et j'attends de le voir... Ce qui est sûr c'est que cette histoire m'a coûté des années — mais m'a tant rapporté que j'en suis satisfait. Sauf peut-être ces murs, immuables, tranquilles, m'empêchant d'espérer, et par-là même d'oser. Car à quoi bon tenter si je comprends déjà que c'est peine perdue ? Car qui me remarquerait, et qui m'écouterait ? Ce que je crois n'existe pas, et ce qui me fascine n'intéresse personne. Ou du moins la manière dont je parviens à l'exprimer.
Et puis je me sens vieux, défait et misérable. Chargé d'une tristesse dont plus rien ni personne ne pourrait me défaire. Si ce n'est celle par qui cette peine m'est venue ? Et quand je dis la peine il s'agit de détresse, d'intense désespoir, méthodique et ineffaçable...
Je sais que j'ai fauté, je sais que j'ai chuté, sans doute mérité ce qui m'est arrivé... Mais cela change quoi ? À quoi bon m'accabler au point de ne plus pouvoir bouger ?
Le drame de l'absence est bien évidemment que la situation ne peut plus évoluer, qu'elle reste figée, que les questions demeurent, et qu'aucune réponse ne semble suffisante, puisqu'elle ne suffit pas à combler le silence.
« Est-ce que quelque chose a changé ? » J'aimerais le savoir, et j'attends de le voir... Ce qui est sûr c'est que cette histoire m'a coûté des années — mais m'a tant rapporté que j'en suis satisfait. Sauf peut-être ces murs, immuables, tranquilles, m'empêchant d'espérer, et par-là même d'oser. Car à quoi bon tenter si je comprends déjà que c'est peine perdue ? Car qui me remarquerait, et qui m'écouterait ? Ce que je crois n'existe pas, et ce qui me fascine n'intéresse personne. Ou du moins la manière dont je parviens à l'exprimer.
Et puis je me sens vieux, défait et misérable. Chargé d'une tristesse dont plus rien ni personne ne pourrait me défaire. Si ce n'est celle par qui cette peine m'est venue ? Et quand je dis la peine il s'agit de détresse, d'intense désespoir, méthodique et ineffaçable...
Je sais que j'ai fauté, je sais que j'ai chuté, sans doute mérité ce qui m'est arrivé... Mais cela change quoi ? À quoi bon m'accabler au point de ne plus pouvoir bouger ?
Le drame de l'absence est bien évidemment que la situation ne peut plus évoluer, qu'elle reste figée, que les questions demeurent, et qu'aucune réponse ne semble suffisante, puisqu'elle ne suffit pas à combler le silence.
Tout remettre en place
Je dois bien avouer que ça m'amuse un peu, même si je suis conscient que je ne devrais pas. Ça me paraît idiot, et presque pitoyable. Comme un masque trop grand et qui en fin de compte en montre davantage que ce qu'il veut cacher. Et puis cette arrogance, ce mépris institué... C'est comme une faiblesse, un genre de maladie de l'âme.
Mais bon, je ne suis pas responsable de ça. Je n'ai pas à m'en soucier. Et pourtant, et pourtant... J'y reviens malgré moi. Mais pas comme l'assassin. Je ne suis pas coupable. J'ai plutôt l'impression d'avoir laissé en plan une affaire qui n'est pas terminée. Et que c'est mon devoir de tout remettre en place, de ne pas oublier ce que j'aurais dû faire.
L'ennui étant évidemment que j'ignore tout à fait ce que j'aurais dû faire ?
Mais bon, je ne suis pas responsable de ça. Je n'ai pas à m'en soucier. Et pourtant, et pourtant... J'y reviens malgré moi. Mais pas comme l'assassin. Je ne suis pas coupable. J'ai plutôt l'impression d'avoir laissé en plan une affaire qui n'est pas terminée. Et que c'est mon devoir de tout remettre en place, de ne pas oublier ce que j'aurais dû faire.
L'ennui étant évidemment que j'ignore tout à fait ce que j'aurais dû faire ?
Épouvantable et majestueux
Je veux juste comprendre, je veux juste savoir ce qui m'est arrivé. Car c'était incroyable, épouvantable et majestueux.
Rien à prouver
Je ne suis pas d'accord. Ce n'est pas du courage, mais de la vanité. Je n'ai pas de raison d'expliquer davantage ce que je sais être vrai. Car que m'importe qu'on me croie ou non ? Je n'ai pas de combat à mener. Je n'ai rien à prouver. Tout cela m'indiffère. Et même si je me trompe, ça n'a pas d'importance. Je suis bien plus embarrassé par mes rapports humains, toujours un peu guindés.
Mais pas beaucoup de sens
C'est idiot, et puis rien. Ça fait certes du bruit, mais pas beaucoup de sens. On discute du droit, on évacue la peur de ne pas se connaître... C'est assez pitoyable.
Des impasses logiques
C'est tronqué, c'est tranché, ce n'est qu'une partie de la réalité. Car on ne voit pas tout, il y a encore des trous, des impasses logiques. Et ce qui est caché n'est pas forcément vrai. On se ment à soi-même, on joue la comédie. Et qu'importe après tout qu'il y ait des coupables ? Cela ne sert à rien, de se poser en juge. L'erreur était stupide, et ce qui a suivi était mille fois pire. Si disproportionné que cela prête à rire. Les conséquences furent assez catastrophiques, et on n'a pas fini de se les coltiner... Mais à quoi bon chercher une façon de se venger ? Le mal est fait, et ce qu'il faut c'est en trouver la cause, ne pas se contenter d'invoquer la fatalité ou la malignité.
Et surtout l'amitié
Maintenant ça suffit. Il faut réordonner ce qui est dérangé. La blague était très bonne, mais elle est épuisée. On se racontera ce qu'on a oublié, et puis on tâchera de tout recommencer. Et surtout l'amitié. Et cette douce ambiance de détresse candide. Et la sourde terreur qui a tout abîmé.
Un siècle d'ivresse
C'est un peu ridicule, mais pas du tout méchant. C'est un siècle d'ivresse qui s'effondre en silence, et je ne peux rien faire pour me tirer de là, pour dire ça suffit, pour sauver ce qui reste.
Un cul de basse-fosse
Non seulement je ne sais pas ce qu'il faut que je fasse, mais je suis fatigué à force d'y penser. Tout me semble conçu pour me décourager. Et ça marche, bien sûr. Ce n'est plus une impasse, c'est un cul de basse-fosse, c'est carrément les oubliettes !
Ce que je cherche à faire me paraît vénérable, et pourtant on me dit que c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire. Et tout ça est tranché, aucune hésitation. Je parle d'opinions communément admises, d'avis autorisés, de règles de conduite raisonnables et inévitables. Il ne faut pas aller par là. Même si ce n'est pas formellement interdit, c'est fortement déconseillé. Tant même qu'on est certain de n'y trouver aucun soutien, aucun secours.
Ce que je cherche à faire me paraît vénérable, et pourtant on me dit que c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire. Et tout ça est tranché, aucune hésitation. Je parle d'opinions communément admises, d'avis autorisés, de règles de conduite raisonnables et inévitables. Il ne faut pas aller par là. Même si ce n'est pas formellement interdit, c'est fortement déconseillé. Tant même qu'on est certain de n'y trouver aucun soutien, aucun secours.
Pas de sens
Cela n'a pas de sens, de ne plus se connaître. J'ai beau chercher je ne vois pas à quoi ça peut servir.
Monde barbare
Il faut voir le mépris que l'on a à subir quand on ose chanter la sensibilité et la douceur de vivre. Il faut voir comme on est rejeté de partout, traité de doux rêveur, et de pauvre débile. Et naturellement le monde que l'on construit ainsi n'est qu'un monde barbare, tout hérissé de haines, de poisons et de chaînes.
De l'indifférence
Mais je suis bien certain que ça ne changera rien. Ça n'ira pas plus loin. J'ai beau me faire plaisir à écouter battre mon cœur, il faudra qu'il se taise, puisque ses battements n'intéressent personne. Et surtout pas celles et ceux qui les ont provoqués.
Non ce n'est pas de la colère, ni de la médisance. C'est de la lassitude et de l'indifférence. Mais pas la bonne indifférence, celle qui fait aimer le monde entier sans le juger, sans faire de différence entre ceci ou bien cela... Non, c'est la vaniteuse, la rancunière, la méchante. Celle qui prétend que tout lui est égal, car tout lui est souffrance.
Non ce n'est pas de la colère, ni de la médisance. C'est de la lassitude et de l'indifférence. Mais pas la bonne indifférence, celle qui fait aimer le monde entier sans le juger, sans faire de différence entre ceci ou bien cela... Non, c'est la vaniteuse, la rancunière, la méchante. Celle qui prétend que tout lui est égal, car tout lui est souffrance.
La vieille mécanique
Je vais faire comme si je ne le savais pas. Je ne vais plus tenter de me justifier. Je vais cesser de raconter que c'est à cause ou parce que, en croyant que ça forme une sorte d'histoire. Et arrêter de croire que ce que je ressens est au centre de tout ? Faut voir... Car c'est la vérité, je ne peux pas le nier. Ce même si ça n'a pas le moindre intérêt. D'ailleurs je ne crois pas que ce soit le problème. Mais bon, il vaudrait mieux ne pas s'éterniser. Pour l'heure la question est de remettre en marche la vieille mécanique, celle qui s'est grippée il y a déjà quelques années... Car le temps passe vite, même de plus en plus vite, et ça n'avance pas. Et j'en arrive à croire que ce n'est même plus la peine d'essayer. Et qu'après tout ça n'a pas la moindre importance. Que la vie ce n'est pas de faire ceci ou bien cela, d'avoir toujours besoin de prouver quelque chose.
Je sais bien que c'est ridicule. Que je devrais pouvoir cesser de me vautrer dans le laisser-aller. Je sais tout ça par cœur, ai même collaboré à la police de la pensée. Cela n'empêche rien. Cela ne fournit pas de guérison magique.
Je sais bien que c'est ridicule. Que je devrais pouvoir cesser de me vautrer dans le laisser-aller. Je sais tout ça par cœur, ai même collaboré à la police de la pensée. Cela n'empêche rien. Cela ne fournit pas de guérison magique.
Derrière la colère
Les troubles sont courants, mais ne sont pas marrants. D'ailleurs il n'y a plus grand-chose de marrant désormais. Car l'esprit de sérieux a fini par me vaincre, peut-être... C'est cette grande lassitude qui m'empêche de rire. Tout est si machinal ! Je me suis retiré bien au-delà de l'amertume, derrière la colère, à un endroit où rien ne peut me déranger... Ça ne m'apporte rien, mais au moins j'ai cessé de me briser les os contre cette barrière qui ne veut pas bouger et qui pourtant est toujours là où je ne l'attends pas.
Sous le coup de la peine
Ce n'est pas que j'aie peur, c'est que je suis encore sous le coup de la peine que cela m'a laissé. J'avais trop espéré, ou plutôt escompté, tout comptabilisé sans voir que dès l'abord ma balance était fausse.
Jamais en phase
Je souffre et je m'endors, je m'isole et je meurs. Je ne suis plus jamais en phase avec le temps.
Demi-strapontin
C'est vrai que je m'en fous, et que de temps en temps je ne suis pas certain que cela soit une bonne idée. C'est vrai aussi que je n'ai pas la moindre velléité de me justifier. C'est comme ça, je m'en fous, je n'ai pas prétendu que c'était bien ni mal, je constate le fait et ne vois pas pourquoi je m'en inquiéterais. Car après tout ça a de nombreux avantages. Je veux dire au niveau de la tranquillité, de la sérénité. C'est juste un peu gênant au niveau appétit et détermination... En somme dès qu'il faudrait se faire respecter, ou bien jouer des coudes pour se faire une place un peu plus confortable. Très vite on est tenté de se dire qu'un demi-strapontin c'est déjà mieux que rien, et de s'en contenter.
Un élan du cœur
Je ne sais pas pourquoi je ne m'en suis jamais remis. Cela fait tout de même vingt-cinq ans maintenant. Ou presque. Et je suis obligé de constater que ce n'est pas passé, que le chagrin est toujours là, toujours bien accroché. Car j'ai beau m'efforcer de ne pas y penser, de faire bonne figure, cela revient sans cesse. Et je crois que ce n'est pas une bonne idée, de vouloir le chasser. Parce que c'est injuste. Ce n'est pas un péché, ni une maladie. C'est un élan du cœur qui cherche à s'exprimer et qui ne le peut pas. Faute d'être écouté. Faute d'y croire assez pour le dire plus fort, aussi peut-être...
Surmonter cette gêne
Oui bon c'est bien gentil mais si j'en reste là c'est assez lamentable. À quoi bon essayer si c'est pour échouer et puis s'en contenter ? Comme si c'était normal, désirable, souhaitable !...
En vérité le monde ne m'intéresse guère. Il m'amuse souvent, mais rien à faire pour me sentir ne serait-ce qu'un peu concerné, impliqué. Alors mêler ma voix au grand concert universel !
Pourtant je suis certain que surmonter cette gêne, ou plutôt cette réserve, me serait bénéfique. Mais pour l'instant vraiment je ne sais comment faire. Ça me parait idiot, légèrement ridicule, et même assez vulgaire... Non la pratique elle-même, bien sûr, mais la prétention qu'elle suppose, la vanité de dire ce qu'on pense de tout, comme si c'était censé intéresser quelqu'un. Vous me direz, les états d'âme c'est encore pire, tout le monde s'en fout, et ça n'a pas l'air de me gêner... Oui mais, ça n'implique pas de jugements, de prises de position. Sans compter la question de la sincérité.
Enfin c'est compliqué. Le projet m'intéresse, mais pour l'instant me semble un peu trop incertain.
En vérité le monde ne m'intéresse guère. Il m'amuse souvent, mais rien à faire pour me sentir ne serait-ce qu'un peu concerné, impliqué. Alors mêler ma voix au grand concert universel !
Pourtant je suis certain que surmonter cette gêne, ou plutôt cette réserve, me serait bénéfique. Mais pour l'instant vraiment je ne sais comment faire. Ça me parait idiot, légèrement ridicule, et même assez vulgaire... Non la pratique elle-même, bien sûr, mais la prétention qu'elle suppose, la vanité de dire ce qu'on pense de tout, comme si c'était censé intéresser quelqu'un. Vous me direz, les états d'âme c'est encore pire, tout le monde s'en fout, et ça n'a pas l'air de me gêner... Oui mais, ça n'implique pas de jugements, de prises de position. Sans compter la question de la sincérité.
Enfin c'est compliqué. Le projet m'intéresse, mais pour l'instant me semble un peu trop incertain.
Au moins un bout
Parce que, parce que, cela mérite d'essayer, ne pas rester les bras ballants, à se dire que ça serait bien, à rêvasser les yeux ouverts... Mais ceci dit ce n'est pas vraiment évident, il faut pousser un peu, voir ce qui peut passer, s'il y a moyen d'en faire entrer au moins un bout. Oui mais un bout de quoi ? Ce n'est pas important. Disons un bout de soi, même si ça prête à confusion.
Dans la futilité
Je ne suis pas gonflé. Je suis juste blessé, transi de froid et de douleur, très loin d'imaginer que l'on va m'obliger à devenir ce que j'ai toujours détesté. Je reconnais bien sûr que de l'habileté dans la futilité me serait profitable, mais je ne suis pas sûr que l'éventuel profit suffise à justifier ce qui est demandé.
Plaisir coupable
Cette fascination voluptueuse et insensée... Il serait amusant d'en dire l'origine, d'en montrer les mirages, d'en confesser tout le bonheur... Car c'est bien une sorte de plaisir coupable.
L'indifférence et le mépris
Je n'ai pas oublié, mais j'ai désespéré, puis j'ai mis de côté, enfin laissé tomber. C'était trop difficile, il y avait ce mur, l'indifférence et le mépris, la distance trop grande... Sans compter la paresse, et puis la maladresse.
Maintenant je sais bien, il faudrait revenir, oser recommencer, ne pas se laisser faire par la fatalité... Mais qu'est-ce qui a changé ? En somme pas grand-chose, et rien de positif. Certes un peu de recul. Et tout un flot d'informations. Mais, la décrépitude...
Maintenant je sais bien, il faudrait revenir, oser recommencer, ne pas se laisser faire par la fatalité... Mais qu'est-ce qui a changé ? En somme pas grand-chose, et rien de positif. Certes un peu de recul. Et tout un flot d'informations. Mais, la décrépitude...
Épouser le vrai
Je voudrais le savoir, mais surtout le conter, le dire en vérité et en exactitude. Je voudrais préciser exactement ce que j'en sais. Ne pas me soucier de ce que ça provoque, des bouleversements pouvant en résulter. Non pas justifier tel ou tel parti pris, mais épouser le vrai et lui jurer fidélité, et ne plus le quitter. Et surtout éviter les généralités, les clichés épuisés, les malhonnêtetés.
Un peu artificielle
C'est vrai que j'aimerais comprendre, raconter, sans retomber dans les clichés, la culpabilité un peu artificielle... et que c'est impossible, qu'il y aurait sans doute des conséquences bien trop lourdes, que c'est le genre de choses qu'il vaut mieux oublier, même si ça paraît également impossible.
Dans la poitrine et dans le cœur
J'ai l'impression de m'approcher de ce que je désire. Je ne sais pas ce que c'est, mais j'ai la sensation que cela se précise. Cela me semble plus concret, réaliste, pratique. Évidemment lorsque j'en parle je sens que ça s'en va, mais ce n'est pas très grave. Car cela loge en moi, dans la poitrine et dans le cœur. Une sorte d'assurance, d'assise plus solide.
En faveur de la peur
Non je ne peux pas dire que cela me séduise. En fait je trouve ça plutôt épouvantable. Au minimum ahurissant. Tous ces avis tranchés en faveur de la peur... Comme si elle était un horizon indépassable. Un but enviable, même.
Enfantillages
Je sais où est la peur, je connais ce poison. Je sais aussi l'erreur, l'idiote déraison. Je sais que tout cela est devenu envahissant, que ça n'a plus le moindre sens, que c'est un esclavage sans doute sans issue. Je sais qu'il faudrait dire que cela doit finir, que même si la peur ne doit pas commander ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi, pour gaspiller son temps sa santé et son énergie dans des enfantillages qui n'ont aucune utilité. Évidemment c'est amusant, je n'ai aucune envie de dire le contraire. Mais c'est aussi stupide. Peut-être même dangereux. Enfin je n'en sais rien. Disons que ça paraît logique. Donc il faut négocier une sortie de crise, comme on dit de nos jours pour avoir l'air sérieux... S'arracher doucement, se déshabituer.
Enfin peut-être pas. C'est un peu compliqué. Un peu trop tôt pour décider de tout laisser tomber. Je veux juste choisir de rendre tout cela un peu plus raisonnable. Ou plutôt présentable.
Enfin peut-être pas. C'est un peu compliqué. Un peu trop tôt pour décider de tout laisser tomber. Je veux juste choisir de rendre tout cela un peu plus raisonnable. Ou plutôt présentable.
Mirages de grandeur
On avait des visions, pas seulement des raisons... Ça ne s'expliquait pas, mais cela s'imposait avec sévérité, et même majesté... On était investis d'une force cosmique, irrésistible, incompressible, et ça faisait de nous des cibles impossibles à abattre. Enfin quoi, des miracles, et des mirages de grandeur. Le sol était trop loin, on avait renoncé à le rejoindre un jour. On évitait même de le regarder, à cause du vertige. De toute façon c'était prévu, c'était de l'inconnu déjà répertorié. On s'était contentés d'appliquer la recette, de suivre le mode d'emploi à la lettre. En conséquence il n'y avait pas de quoi s'inquiéter. Mieux valait profiter de l'opportunité.
Un autre de ses sourires
J'avais le droit de dire que je ne savais pas, que je ne l'aimais pas, que je voulais mourir pour un autre de ses sourires... Elle avait mon amour, mon désir, et ma joie. Même si je savais qu'elle n'en voulait pas.
Du gras
C'était comique et dérisoire, ça ne méritait pas qu'on en fasse grand cas. Il y avait du gras, disait-on, et pourtant on était obligé de vider son assiette avant de se lever... Et ce n'était pas là le plus grand désespoir. Ce n'était que le moindre, il y avait bien pire. En somme il ne fallait pas se solidifier plus loin que la limite, et elle était très proche. Je ne sais pas pourquoi tout était interdit, mais ça se montrait tel, et ne changeait jamais. Même des dérisions permettant d'évacuer le stress accumulé étaient jugées intolérables. Alors la liberté de jouir et d'aimer, il ne fallait pas y compter ! C'était tranché serré, au plus près du sujet. Aucun moyen de dire qu'on allait s'en sortir.
Un bout de souvenir
Ça me fait drôle d'y penser, alors que je sais bien que ça n'existe pas. Et cependant ce n'est pas là tout à fait par hasard. Il y a quelque chose qui m'a fait y penser. Pas forcément une raison, c'est sans doute plus flou. Juste une analogie, un bout de souvenir égaré au milieu des plates contingences.
Ce qui me trouble le plus, c'est l'impression que depuis quelques temps il y a une accumulation de sentiments plaisants et très inhabituels... Comme si quelque chose me parlait du dehors, d'au-delà de mes murs. Non seulement ceux que je me suis bâtis pour ne pas trop souffrir, mais ceux contre lesquels je me cogne la tête en vain, ceux qu'on m'a imposés et dont je me plains si souvent.
Ce qui me trouble le plus, c'est l'impression que depuis quelques temps il y a une accumulation de sentiments plaisants et très inhabituels... Comme si quelque chose me parlait du dehors, d'au-delà de mes murs. Non seulement ceux que je me suis bâtis pour ne pas trop souffrir, mais ceux contre lesquels je me cogne la tête en vain, ceux qu'on m'a imposés et dont je me plains si souvent.
Des vraies bontés du cœur
Ce n'est pas une image, ni même un souvenir. C'est la réalité qui se présente là, qui me dit des douceurs, des vraies bontés du cœur. Et si je la connais, si je lui dis je t'aime en osant espérer que cela n'est pas vrai, c'est qu'entre nous demeure cette sotte barrière, cette séparation, comme si nous vivions dans deux mondes distincts. Et d'ailleurs rien ne dit que ce n'est pas le cas.
Une douce tristesse
Si ce n'était qu'un drame on en rigolerait. Ça me parle de toi mais ça ne me dit rien. En tout cas rien qui vaille, rien qui dise vas-y, tu vas la retrouver. C'est juste du passé qui n'est pas terminé, mille questions posées auxquelles rien ni personne n'a jamais répondu. C'est lourd, c'est lent, c'est sirupeux. Et pourtant ça produit une douce tristesse, comme une griserie légère...
Ce n'est pas mieux ainsi, je ne suis pas d'accord. Ça ne ressemble pas à ce que je désire.
Ce n'est pas mieux ainsi, je ne suis pas d'accord. Ça ne ressemble pas à ce que je désire.
Plus trouble et plus petit
Enfin c'était aussi plus trouble et plus petit. Ça ne me parlait pas de carnage ni de drame. Ça ne s'inventait pas de destin exemplaire. On en riait, bien sûr, mais sans méchanceté.
Le calme plat sur l'onde
Ma voix s'éteint et rien ne vient la remplacer. De temps en temps je crois que ça va revenir, je guette cet instant, prêt à m'y projeter, mais rien, c'est le silence, le calme plat sur l'onde, l'intense dérision. "A quoi bon, à quoi bon, tout ça ne veut rien dire..." Voilà ce que j'entends et qui recouvre tout. Et effectivement cela ne veut rien dire, je ne peux pas le nier. Cela n'a pas de sens, aucune utilité, cela ne va nulle part. Comme si le but était de tout laisser tomber, de cesser de lutter. Et d'ailleurs c'est ce qui se passe... Je ne suis pas usé, à peine fatigué, mais vraiment je n'ai plus la force de me battre — si jamais je l'ai eue. La foi me manque, l'enthousiasme, la rage, le besoin de me justifier... Enfin tout ce qui peut pousser à s'exprimer. Ce n'est pas de l'indifférence, à peine un peu de défaitisme grimé en fausse modestie. Évidemment je pourrais dire, évidemment je pourrais faire, mais cela me paraît vraiment sans importance.
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