À l'attaque par-ci, à l'attaque par-là... Ce n'est pas aussi simple. Pour partir à l'attaque il faut le désirer, et même davantage. En savoir la nécessité. Et là, ça se dilue. Ça n'a jamais le temps de parvenir à maturité. Il y a toujours un tas de problèmes annexes qui accaparent l'attention. On ne peut plus aimer, on ne peut plus vouloir, on ne peut plus penser sans être surveillé. Il faut toujours rendre des comptes, et ne pas faire de vagues. Alors imaginer qu'on pourrait rassembler l'énergie nécessaire à une attaque concertée... Il ne faut pas rêver.
Dénicher
Ce n'est pas forcément une très bonne idée. Je veux dire, il y a des combines foireuses. Des bonnes solutions qui se transforment vite en voies de garage odieuses. Pas vraiment des prisons, mais de solides cages. À tout le moins des fosses creusées dans la terre glaise, dont les parois glissantes empêchent qu'on y grimpe. Rien de très rassurant, donc. Même si a priori ça paraît sans danger.
Comme quoi, le dénicheur, valait mieux qu'il se planque. On n'était pas content de lui.
Comme quoi, le dénicheur, valait mieux qu'il se planque. On n'était pas content de lui.
Le courant d'air
Je ne me souviens pas, je fais juste semblant. Le monde disparaît, s'enfonce dans le rien. Les choses et les gens, les doux attachements, les meilleurs souvenirs... C'était là, c'était grand, je pouvais le sentir, et puis ça n'y est plus. Et que s'est-il passé ? Le temps de se tourner, d'oublier d'y songer, de répondre à ceci, de regarder cela, et puis ce qu'on aimait a profité de l'occasion pour se sauver sans bruit, pour jouer l'ambiguïté, le courant d'air, l'illusion passagère... Ce n'est pas amusant. C'est même assez vexant. Ça donne l'impression d'être un lourdaud incapable de saisir les infinies subtilités de la vie quotidienne. Pas vraiment une brute, pas de ceux que l'on fuit, plutôt de ceux qui voudraient bien mais n'y arrivent pas, qui restent plantés là et ne comprennent pas. D'ailleurs tout semble dire que ce n'est pas qu'une impression. C'est la réalité.
Après la mascarade
J'ai dit que je devais avoir priorité, que les porosités aromatiques et vénéneuses que l'on m'a proposées ne sauraient l'emporter. J'ai dit que le besoin refuserait de négocier, et je n'ai pas menti.
J'ai dit que le silence n'était qu'une façade, ce qui nous attendait après la mascarade, quand tout serait tombé, y compris le désir d'encore se relever.
J'ai dit que le silence n'était qu'une façade, ce qui nous attendait après la mascarade, quand tout serait tombé, y compris le désir d'encore se relever.
Pathologique
Pas trop logique. Car quand ça marche de travers on a vite fait de dire que ça marche à l'envers. Mais il n'est pas toujours blessant d'être traité de grand malade. Car tout dépend de qui a établi le diagnostic. Alors laissez-moi rire. Souvent la maladie est dans l'œil de celui qui veut la dénoncer.
Enfin laissez tomber. Ça ne peut pas durer. Il est aisé de voir où ça pourrait mener. Mais pardon d'insister. Qui sait si la logique n'est pas elle-même le symptôme d'une plus grave maladie ? Car enfin la santé ce n'est pas de juger que tous les autres sont malades... Ça, c'est juste un effet de la méchanceté. Une façon stupide de se protéger.
Et pourtant, et pourtant. Il y a vraiment des cas où le mot est utile. Où le désordre gagne en toute liberté, où il faut l'arrêter. Mais comment en juger avec sérénité ? Qui peut dire où commence la nécessité d'imposer à autrui notre subjectivité ?
Enfin laissez tomber. Ça ne peut pas durer. Il est aisé de voir où ça pourrait mener. Mais pardon d'insister. Qui sait si la logique n'est pas elle-même le symptôme d'une plus grave maladie ? Car enfin la santé ce n'est pas de juger que tous les autres sont malades... Ça, c'est juste un effet de la méchanceté. Une façon stupide de se protéger.
Et pourtant, et pourtant. Il y a vraiment des cas où le mot est utile. Où le désordre gagne en toute liberté, où il faut l'arrêter. Mais comment en juger avec sérénité ? Qui peut dire où commence la nécessité d'imposer à autrui notre subjectivité ?
De plus vertes prairies
Ce n'est pas amusant, d'être toujours vivant quand tout ce qu'on aimait a disparu depuis longtemps. Ce n'est pas simplement le manque d'enthousiasme, c'est la décrépitude annoncée, redoutée, d'ores et déjà présente, présente et insolente. Cette envie de finir proprement et sans bruit, sans déranger personne... Enfin ne plus avoir à subir ce mélange de mépris et de haine, sans cesse renouvelé, indémodable et increvable.
Certes il faudrait oser s'aventurer plus loin, voir s'il y a là-bas de plus vertes prairies, d'inouïes embellies... Mais ça finit par être légèrement vexant, d'avoir toujours besoin de voir un peu plus loin, comme si la fuite était la seule solution.
Parfois j'aimerais bien me concentrer et puis rêver une autre vie et qu'en ouvrant les yeux elle devienne vraie. Mais ça ne dure pas. Je suis vite rattrapé par la réalité. De quoi désespérer sans pouvoir s'arrêter. Et ne plus essayer.
Certes il faudrait oser s'aventurer plus loin, voir s'il y a là-bas de plus vertes prairies, d'inouïes embellies... Mais ça finit par être légèrement vexant, d'avoir toujours besoin de voir un peu plus loin, comme si la fuite était la seule solution.
Parfois j'aimerais bien me concentrer et puis rêver une autre vie et qu'en ouvrant les yeux elle devienne vraie. Mais ça ne dure pas. Je suis vite rattrapé par la réalité. De quoi désespérer sans pouvoir s'arrêter. Et ne plus essayer.
Une erreur
Ce n'est pas évident, de tout recommencer. Il y a ce trou énorme, si grand que c'est le reste, qui paraît ajouté. Et de quoi est-il fait ? Ce n'est pas une absence, encore moins une errance... Ça fait penser plutôt à un cercle magique. Mais peu importe. Ce qu'il faut c'est tenter de se refaire un monde où ça n'existe pas. Où ce n'est qu'une erreur, et pas des plus glorieuses.
C'est vrai qu'il y a encore beaucoup à effacer...
C'est vrai qu'il y a encore beaucoup à effacer...
Des choses compliquées
Ce n'était pas un rêve, ça désignait la chance mais ne la disait pas. Je pouvais retourner chaque phrase maudite et ne pas oublier de m'en débarbouiller. Ça donnait les moyens d'assigner le silence en toute indépendance.
Ça faisait espérer des choses compliquées. Des choses qui bien sûr n'arriveraient jamais. D'où le plaisir d'y croire et de s'y projeter. Pour savoir que le doute serait toujours présent. Mais pas forcément plus grand — même si plus méchant.
Quant à la vérité... On se contentera d'en faire du papier. Mais ce n'est pas encore ainsi qu'on va s'en échapper.
Ça faisait espérer des choses compliquées. Des choses qui bien sûr n'arriveraient jamais. D'où le plaisir d'y croire et de s'y projeter. Pour savoir que le doute serait toujours présent. Mais pas forcément plus grand — même si plus méchant.
Quant à la vérité... On se contentera d'en faire du papier. Mais ce n'est pas encore ainsi qu'on va s'en échapper.
Pour une éternité
Et maintenant que je te hais cela n'a plus de sens, la discussion est close, il vaut mieux t'oublier... Même si je sais bien que ce n'est pas possible, même si cette colère, ce dégoût insidieux resteront gravés là pour une éternité.
Caoutchouter
C'est un mot élastique, élastique et opaque, qui ne me dit rien qui vaille, à part quelques bêtises qu'il vaut mieux oublier. Bien sûr on pourrait croire que ça va rebondir, mais pour ça il faudrait une impulsion première, or il n'y en a pas, le concept est statique, il absorbe les chocs et les idées s'y perdent. Quoi qu'il en soit c'est déplaisant, ça ne me parle pas, ou peut-être est-ce moi qui ne l'écoute pas.
Terminer le travail
Si c'est ainsi je n'ai pas de raison de continuer. J'attends que ça finisse, en espérant que ça ne soit pas aussi douloureux que je me l'imagine. Je sais que c'est idiot, mais je dois constater que c'est la vérité. Je n'ai plus rien à faire, que laisser la colère terminer le travail que d'autres ont commencé. Tout ce qu'on m'a donné s'est révélé factice. Quant à ce que j'ai pu tenter, autant n'en pas parler. C'était si dérisoire, si épuisé avant même de se frotter à la réalité !
L'être et l'avoir
Certes, certes, l'avoir... C'est un problème délicat. Car être pauvre ou ne pas être riche, c'est parfois la même chose, et cela pose des questions... Mais en avoir ou pas, cela paraît brutal. Un peu comme l'autre affreux qui disait vous voulez moins de riches, moi je veux moins de pauvres... En oubliant de préciser que la richesse de quelques uns fait forcément la pauvreté de beaucoup d'autres... Mais bon il y a toujours moyen de s'arranger. Sauf avec son banquier, car celui-ci l'avoir reste sa raison d'être.
De là à passer les lettres au lavoir, il ne faut pas exagérer. Ça vous a un petit côté nettoyons la racaille éditoriale au kärcher qui me paraît un peu gênant. Après tout les discours, même les plus mauvais, ne sont que des discours. Si on n'est pas d'accord avec ce qui est dit, il suffit de parler d'autre chose. Quitte à monologuer, si on ne trouve pas d'interlocuteur.
De là à passer les lettres au lavoir, il ne faut pas exagérer. Ça vous a un petit côté nettoyons la racaille éditoriale au kärcher qui me paraît un peu gênant. Après tout les discours, même les plus mauvais, ne sont que des discours. Si on n'est pas d'accord avec ce qui est dit, il suffit de parler d'autre chose. Quitte à monologuer, si on ne trouve pas d'interlocuteur.
Une sorte d'hypothèse
C'était un jour encore où j'avais du chagrin. Où cela demandait à s'échapper de moi. Où je la regardais, où je ne savais pas s'il y avait quelque chose d'inouï à tenter, d'inédit à penser. Où j'avais tout le temps de la recommencer et de l'imaginer, d'habiter son courage et de la ressentir en phrases irisées. Même si c'était encore le ciel qui me tombait sur la tête et sombrait dans la banalité et l'inexactitude... Mais ce n'était pas grave. Il y avait ce filet de bonheur qui vivait et me mettait en joie. Et tout le reste était une sorte d'hypothèse enivrante et invérifiable.
Grille de lecture
C'est un peu ridicule de dire je me souviens et de ne pas savoir ce dont on se souvient. Et pourtant la mémoire est sans cesse présente, et prend beaucoup de place. Chaque événement entraîne inévitablement son lot de réminiscences. Il y a même un bon paquet de souvenirs qui mériteraient d'être appelés obsessions, tant ils s'adaptent facilement à toutes sortes de situations pour parvenir à imposer leur grille de lecture, comme si le monde en dehors d'eux ne pouvait exister, n'en avait pas le droit.
Généalogique
Gêné par la logique et la chute des corps. Gêné par le désir de ne plus se savoir, d'oublier ses parents et ses antécédents, de ne faire de l'histoire que pour mieux l'effacer, la relativiser, lui faire perdre le fil qu'on est toujours tenté d'imaginer sacré. Parce que c'est facile, parce que ça ressemble à de la modestie. Cette façon de dire je ne suis qu'un maillon d'une chaîne infinie. Pour donner à penser que ce qu'on fait n'est pas de soi, que ce qu'on a n'est pas à soi, que ce qu'on veut n'est pas caprice mais nécessité... Enfin des fariboles de morale scolaire.
Et pourtant cette histoire elle est ancrée sévère, elle parle sans arrêt, il ne faut pas rêver lui faire lâcher prise. La généalogie est plutôt infantile, mais justement l'enfance est sans cesse présente, le carcan qu'elle impose, et les mille questions pour lesquelles jusqu'ici on n'a pas su trouver de réponses valables.
Et puis il y a aussi les tresses historiques qu'on devine parfois, auxquelles on est tenté de mélanger son fil. Pour lesquelles on est sûr d'avoir son mot à dire. Des histoires dans lesquelles on voudrait s'illustrer, un de ceux que la gloire ne saurait ignorer.
Enfin quoi vanité et folle prétention. Pas de quoi s'inquiéter : ça ne fait que passer. Comme tout le reste hélas.
Et pourtant cette histoire elle est ancrée sévère, elle parle sans arrêt, il ne faut pas rêver lui faire lâcher prise. La généalogie est plutôt infantile, mais justement l'enfance est sans cesse présente, le carcan qu'elle impose, et les mille questions pour lesquelles jusqu'ici on n'a pas su trouver de réponses valables.
Et puis il y a aussi les tresses historiques qu'on devine parfois, auxquelles on est tenté de mélanger son fil. Pour lesquelles on est sûr d'avoir son mot à dire. Des histoires dans lesquelles on voudrait s'illustrer, un de ceux que la gloire ne saurait ignorer.
Enfin quoi vanité et folle prétention. Pas de quoi s'inquiéter : ça ne fait que passer. Comme tout le reste hélas.
L'ordre secret du monde
Ce ne sont pas des phrases, ce sont des vérités qui s'étalent et qui pleurent, qui détalent et qui meurent... C'est tragique et touchant, ça dit le devenir et la lourde amertume. Ça t'explique en détail ce que tu ne sais pas. Tout ce qu'en vérité tu ne veux pas savoir. Parce que c'est trop cru, trop dur à accepter. Parce que ça dérange l'ordre secret du monde. Celui qui se connaît et se regarde vivre, et se trouve parfait. Parfaitement conforme au plan préétabli. Celui qu'on nous envie, qu'on voudrait bien copier si on osait le faire.
J'ai noyé le poisson
J'ai fait des bulles et puis
J'ai noyé le poisson
Je n'ai pas reconnu
À quel endroit j'étais couché
J'ai tremblé, j'ai pensé
Où ça va me mener ?
Mais je n'ai pas compté
J'ai tout laissé tomber.
C'était certainement
Beaucoup plus compliqué que ça
Mais je n'ai pas songé
Que l'on pouvait y échapper
J'ai noyé le poisson
Je n'ai pas reconnu
À quel endroit j'étais couché
J'ai tremblé, j'ai pensé
Où ça va me mener ?
Mais je n'ai pas compté
J'ai tout laissé tomber.
C'était certainement
Beaucoup plus compliqué que ça
Mais je n'ai pas songé
Que l'on pouvait y échapper
Principe du jeu
C'est comme le jeu du dictionnaire, on prend un mot au hasard, mais là au lieu d'inventer une définition on cherche juste à décrire ce que ce mot évoque, souvenirs, images, idées associées, etc.
Pas compliqué, en somme.
Évidemment ça risque de tourner court, et d'être un peu n'importe quoi. Mais c'est pas grave, c'est juste pour s'amuser, un prétexte à écrire et à se regarder le nombril...
Après recherche rapide, le seul dictionnaire en ligne qui permet de piocher un mot au hasard est celui-ci : http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/
C'est donc celui-ci que je vais utiliser.
Pas compliqué, en somme.
Évidemment ça risque de tourner court, et d'être un peu n'importe quoi. Mais c'est pas grave, c'est juste pour s'amuser, un prétexte à écrire et à se regarder le nombril...
Après recherche rapide, le seul dictionnaire en ligne qui permet de piocher un mot au hasard est celui-ci : http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/
C'est donc celui-ci que je vais utiliser.
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