Au fond j’aimerais croire qu’il s’agit juste d’inquiétude… Non que les faits me gênent, mais je ne comprends pas, et je n’aime pas ça.
Sinon on peut penser que tout va pour le mieux, je veux dire : compte tenu des circonstances accablantes… Il y a cette inquiétude, cette lourde méfiance, mais il y a aussi des miettes de bonheur, d’incandescente joie, disséminées ici et là.
C’est curieux d’ailleurs que ça fasse si peur, qu’il n’y ait pas moyen de simplement s’abandonner à la félicité… Évidemment il s’agit là d’un phénomène qui paraît tellement incroyable qu’il semble raisonnable de se poser quelques questions à ce sujet… Mais bon. Il doit y avoir moyen d’être un peu plus confiant.
Des miettes de bonheur
Ce lent basculement
Pour le reste, vraiment, je n’en ai rien à faire. Passé un certain stade on peut s’attendre à tout, et dans ce tout, au pire…
Mais si ça fait du mal sans vouloir s’arrêter, et sans qu’on ait la force de l’en empêcher, comment doit-on juger ?
Un nouveau territoire
Ainsi de nos amours, insolites, courtoises, assez dévergondées pour être piétinées.
La nostalgie n’est pas, et ne sera jamais au centre du projet. Plutôt se regarder et se défigurer que tout recommencer.
Je sais, ça n’a pas l’air vraiment intéressant, mais ça peut constituer un genre de nouveauté…
Pour le reste, la haine et la colère auront enfin droit de cité ? Tout est trop bien mélangé pour que je puisse décider.
Et qu’auras-tu gagné quand je serai tombé ?
Cependant il y a au niveau du désir quelque chose qui n’est pas si désespérant que vous le prétendez. Pas vraiment de l’espoir (pas du tout, même), mais de l’admiration, de la fascination. L’impression d’aborder un nouveau territoire.
Alors bon, vous savez… Je ne vais pas non plus me remettre à pleurer. Ça ferait démodé. Je ne vais même pas chercher quelqu’un à accuser. Je vais demeurer là, absolument découragé, et je vais regarder la vie m’abandonner, sans même avoir la force de m’en émouvoir.
Inutile donc de m’envoyer de nouvelles promesses, je ne saurais qu’en faire… Tout est trop bien fermé, et le terrain miné m’empêche d’avancer. D’ailleurs cela ressemble à des sables mouvants : plus je m’agite et plus je sens que je m’enfonce.
Plus radicale que jamais
Tu sais, je me souviens, ce n’était pas ainsi que cela se passait… Il y avait la peur, l’attrait aussi bien sûr, mais jamais la confiance, celle qui aussitôt s’est installée ici. Faut-il y voir un doux présage ? Ou au contraire une défaite plus radicale que jamais ?
Quel que soit le combat, je vois qu’il n’y a pas moyen de négocier, qu’aucune valeur ne tient, que si un choix est fait ce sera tout ou rien. Et c’est tout à la fois enthousiasmant et révoltant.
Le rêve d’absolu n’est beau que si on a la chance d’en profiter. Si on est rejeté c’est plutôt accablant.
Malgré le mal
C’est du sang, de la bière, quelque chose d’inouï qui refuse de naître, l’encerclement de nos valeurs, la mise à mort de nos espoirs.
Es-tu sûre qu’il y a moyen de s’en sortir ? Je ne vois pas comment cela pourrait se faire.
Le pire c’est qu’au fond je reste fasciné, malgré le mal qui s’en dégage…
L’éternelle chute
Il y a des prodiges, des miracles de haine. Et moi je suis tombé sur une nappe de vide.
Je veux dire, je voudrais, je ne sais pas pourquoi ça ne veut pas sortir, pourquoi il y a ce mur, cette terreur abjecte, cette impression d’avoir à tout recommencer, la déveine, la fuite, l’intense désespoir, la confiance et puis rien, l’abandon sépulcral…
Oh non je ne sais pas ce qu’il y a derrière, je ne peux pas le deviner, mais je sais qu’il y a mille raisons de croire à l’éternelle chute.
Quelle preuve du contraire pourrais-je découvrir ?
Si j’y suis invité
Et pourtant des raisons ce n’est pas ce qui manque.
Je ne sais pas si tu entends, je ne sais pas si tu comprends… Je veux bien expliquer, mais je suis empêtré dans des difficultés dont tu n’as pas idée — moi-même j’ai du mal à en tenir le compte.
Et à côté de ça
Et maintenant ça vient parler de trahison.