Les tremblements du cœur
Une perte de temps
Et puis lorsque j’y pense, ça me paraît bizarre, illogique, malsain… Pas de quoi pavoiser, ni se faire confiance en toute circonstance. Et pourtant le besoin, la folie, c’est cela, je le reconnais bien, je ne me trompe pas. Alors que faut-il faire ? Y a-t-il moyen d’en faire une histoire ordinaire ?
Ceci sans même réfléchir aux empêchements et conséquences, car c’est une autre histoire, ce n’est pas le sujet.
De toute façon je vois que je me fais plaisir à rêver à propos de choses impossibles, tellement improbables qu’il n’y a pas du tout de quoi s’en inquiéter…
Et puis quoi ? La question ce n’est pas ce qui va arriver, mais de quelle façon ça peut se débloquer. Tout le reste vraiment c’est de la poudre aux yeux, ça n’a rien de concret, et ça n’a aucune chance de se concrétiser tant que tout est bloqué. En conséquence la question c’est comment faire souffler un vent de liberté sous ce masque d’acier et le faire tomber.
En vérité le nœud qu’il s’agit de défaire n’est pas si serré, mais il est là depuis si longtemps qu’on le croit éternel. Il faut beaucoup se tortiller pour réussir à croire qu’on pourrait s’en passer. Il est là, sous-jacent, mais ne se montre pas. Simplement il restreint les possibilités. Oh ! rien n’est interdit… mais du fait du discours placé en arrière-plan, tout paraît difficile, impossible, nuisible.
Et quand on en est là tenter de continuer est une perte de temps. L’édifice est miné, il ne tiendra jamais debout. Il y aura toujours des choses plus concrètes à faire. Et petit à petit on saura que l’espoir, le rêve et le désir étaient pures folies, et même pire : sottises.
Alors comprenez-moi. Il est plaisant de croire que tout cela s’écroule, même en sachant qu’il vaudrait mieux ne pas trop y compter.
Pas de saison
Tout le reste, vraiment, ce n’est pas important. Même pas amusant. Ça ne fait que passer, c’est déjà oublié.
Rendez-moi le besoin, l’envie de parader. Pas seulement l’espoir, mais la folle exigence.
Tout est si déplaisant. Et depuis si longtemps ! J’ai du mal à penser qu’il y a au-delà quelque chose qu’on pourrait appeler liberté.
Trop serré
Pardieu la belle affaire, la jolie déraison, la jolie fantaisie que l’on m’a contée là… C’était tentant, c’est vrai, c’était vraiment charmant, cela ressemblait tant à tout ce dont j’avais été si tôt privé… J’avais beau me méfier, j’avoue que pour ma part j’avais envie d’y croire. Même en étant conscient de tout le ridicule que cela supposait. Et surtout en sachant que l’impossibilité aurait le dernier mot.
Ainsi donc tu n’es pas ; le nœud est trop serré pour être dénoué — il ne me reste plus que mes yeux pour pleurer.