Un monde merveilleux

Un monde merveilleux, où le ciel est serein, où les troubles du corps ne sont pas insensés… On en parle et on dit que ça n’existe pas. Les plus sévères affirment qu’on n’en a nul besoin.
Et moi je me fatigue, à reconsidérer les drames oubliés.

Pas grand-chose à en dire

Ça s’est dévergondé, puis ça s’est retourné. Ça a tout oublié aussitôt réveillé. Mais le plus embêtant était qu’il n’y avait plus rien qui en restait. Comme si ça n’avait pas du tout existé.
Et puis quoi ? On en rit mais au fond on sait très bien qu’il n’y a pas grand-chose à en dire ?
Ça n’a pas d’importance. Ce n’est pas avec ça qu’on pourra avancer. Certes c’est amusant, c’est même intéressant, mais ça n’avance à rien. Cela ne fait que patauger dans la même eau salée où je me suis noyé.

Des bornes à franchir

Alors oui, le désir, on pourrait en parler. Ça n’aurait pas de sens, de ne pas en parler. Mais ça semble si loin de la réalité !... Il est plus simple de penser qu’il y a des étapes, des bornes à franchir, qu’il ne faut pas tout mélanger. Car enfin il faut voir les choses comme elles sont : cela paraît quand même vraiment très éloigné. Et encore, là je suis tout à fait optimiste. C’est dire…

J’aime bien caresser cette idée et penser que si le monde était bien fait cela se produirait. Ça ne coûte pas cher, et ça me fait plaisir.

A force d'y penser

Ce n’est pas une enclume, ce n’est pas une amphore… Ça ne fait pas de plans pour mieux s’en détourner.
Ça calcine la peur à force d’y penser. Ça me répète encore que j’aurais dû tenter. Ça ne comprend donc pas que c’était impossible. Que le masque était trop, que la marche était trop, que cette intensité était désordonnée.

Masque d'argile

C’est assez amusant, cette charmante histoire… Cette façon de dire que l’on va en mourir avant de commencer.
Évidemment il y a cette lourde rancune. Rien ne pourra jamais l’effacer tout à fait. L’offense était trop grave, et de trop grande conséquence.
Quant au masque d’argile que l’on s’est fabriqué… Il n’a aucune utilité, et sera vite remplacé.
Vienne la délivrance ! Au fond il n’y a rien qui compte davantage, car c’est la condition pour que tout recommence — enfin.

Une forme étrange de malice

Le courant est passé — on n’a pas regardé. On avait mieux à faire, du moins on le croyait. Oh c’était solidaire, ça se défigurait à se regarder faire… Ce n’était pas de l’amour-propre. C’était juste une forme étrange de malice.
Peut-être aurait-il mieux valu ne pas pousser, de peur de s’enliser. Ainsi ça aurait pu prendre un autre chemin.

Rapprocher tous les cœurs

Ah oui c’est amusant, ça se chante dedans, ça fait trembler la terre, et ça troue le derrière… On ne peut pas y croire, mais on peut essayer de se le figurer.
Non mais sérieusement, c’est fou ce que ça manque, cette extase verbale et ce délire anxieux. La peur, l’envie, l’espoir que le discours pourrait rapprocher tous les cœurs. L’absurde certitude que lorsque je te parle tu m’entends, quelle que soit la distance, même si je ne te connais pas, même si je ne t’ai vue qu’une seule fois…