Oh silences, oh mirages, oh dérisions lentiformes… Rien ne se dit qui ne soit pas. Ce n’est pas du désir que l’on pourra extraire une vision tragique de la haute atmosphère. Le mal est déjà là, et ne se prive pas de tout reconstituer pour qu’on en souffre mieux. C’est du train de vapeur où sont les solitaires que l’on pourra chasser les pensées désarmées. Vraiment c’est un prodige, mais cela ne présage rien qui ne soit déjà vécu, pour ainsi dire vaincu. Le champ des pâmoisons est une lande de terre d’où plus rien de surgit, où plus rien ne survit. On a tout essayé, et on a épuisé les idées associées.
Vraiment c’était un drame qui aurait pu suffire à nous alimenter durant des jours entiers, des mois et des années… Mais ça ne disait rien, ça ne regardait rien, c’était hors de portée. Qu’importe le courage qu’on aurait dû avoir ? Rien ne donne à penser qu’il eût été utile. C’était si protégé, et si perfectionné… Ça ne partageait pas la même destinée. Enfin il n’était pas possible d’en parler sans aussitôt plonger en détresse insensée.
Et le reste, vraiment… Ça n’a pas de migraine, et ça n’a pas de sang. Ça n’autorise pas d’inédits lendemains. Ça ne raconte rien qui ne soit déjà dit et mille fois redit, usé et rabâché, méprisé, piétiné.
Ah oui la vie est rude. Et le destin salé. On ne peut pas trembler et rêver d’être aimé. Il faut se gaspiller, s’épuiser et se taire. Ne jamais espérer que cela va changer. C’est gras, tragique et froid, mais ça ne compte pas. D’ailleurs plus rien ne compte. L’anonyme rouage a tout laissé tomber. Ce qui aurait dû être n’a qu’à peine cherché à se réaliser. Sans doute était-ce trop petit pour s’en préoccuper.
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