Faute d'écho

Ah tu parles d'un monde, une charmante blague. Je n'ai rien demandé, je n'ai pas regardé, je n'ai pas désiré ce qui est arrivé. Je me suis fait du sang, du bon et du mauvais. En somme je n'avais plus que mon temps à perdre, et je l'ai égaré sans espoir de retour. Et cet amour intense, qui s'est évaporé, faute d'écho, de joie... Et pourtant je devine qu'il n'est pas éloigné, qu'il en faudrait bien peu pour le faire revivre. Mais justement c'est de ce peu-là dont je suis privé, l'étincelle divine, quelque chose de neuf, tendre et doux, et qui soit comme une porte ouverte, un espoir d'autre chose, une ivresse peut-être, mais surtout l'inconnu, pour ne plus rabâcher les mêmes certitudes, pour cesser de buter dans les mêmes obstacles, pour oublier enfin les plaisirs qui ne sont pas dignes de ce nom.

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