Un préalable insurmontable

Et puis quoi ? J'aurais dû... C'est certain, j'aurais dû, même si je ne sais pas ce que j'aurais dû. Je pourrais m'enivrer de culpabilité durant des jours entiers, rien n'en serait changé. D'ailleurs ç'avait été mon impulsion première. J' y ai juste gagné un peu de profondeur, mais aussi de détresse. Détresse qui allait devenir mon sentiment dominant, qui allait m'occuper durant toutes ces années, jusqu'à me devenir une seconde nature, un préalable insurmontable. Alors, les "j'aurais dû"... Les "je n'aurais pas dû" sont en définitive beaucoup plus confortables. Même s'ils se révèlent absolument désespérants.
Quoi qu'il en soit rien de tout ça ne permet d'échapper à ce piège infernal. Sur le moment ça peut marcher, ça semble prometteur, l'horizon se dégage, et puis au bout du compte cela ne change rien. C'est toujours aussi lourd, aussi insupportable, et malgré ça il faut toujours le supporter. D'où la difficulté, le découragement...

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