Retard à l’allumage

Ce que j’ai désiré, ce que j’ai décidé… Les phrases assassines que j’aurai avalées.
Ce n’est pas le passé, qui me pose problème, mais le peu d’avenir que je pressens venir.
Car aussi il faut voir ce qui est proposé, et l’environnement qui n’est pas rassurant…
Mais non, je ne fuis pas. Du moins je ne crois pas. J’essaye d’avancer, mais je reste coincé. Je fais le rond-de-cuir en attendant le pire. Ce qui est observé semble se diluer.
En somme j’aime mieux sourire et puis chanter. Puisque je sais le faire, je ne vois pas pourquoi je devrais m’en priver. Même si évidemment il n’y a pas de quoi être si satisfait…
Cela va se passer d’une façon que pour l’instant je n’imagine pas. Mal, sans doute. De quoi justifier tout ce retard à l’allumage… Comme s’il était question de légitimité !
C’est toute l’illusion, qu’il faut reconstituer. Toute la sensation de faire quelque chose qui comptera demain. Comme avant le silence. Comme avant que le bruit écrase le mystère. (Et ce n’est pas contradictoire.)

J’ai comme l’impression que le froid qui s’installe aura raison de moi. Mais comme je suis d’avis que cela reste préférable… On ne va pas non plus en faire toute une histoire !
Ai-je bien précisé que j’étais occupé ? Je n’ai aucune envie que cela réussisse à percer le miroir de mon indifférence. Ceci dit sans mentir — ou juste ce qu’il faut pour être pardonné.

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