Quoi qu’il en soit elle devait d’abord sortir de là. Renonçant à trouver des indices, elle leva les yeux vers le ciel, et décida de suivre la course des nuages. Ainsi elle était sûre d’aller à peu près droit… Elle avança et s’aperçut que la lumière changeait au fur et à mesure. Cela s’assombrissait. Pourtant le ciel au-dessus d’elle était toujours le même… Ça devait forcément signifier quelque chose. Elle s’arrêta, se retourna, se demanda si elle devait repartir en arrière… Ça ne lui plaisait pas. Elle avait l’impression que par là il allait faire froid. Que craignait-elle le plus ? L’obscurité était étrange, mais plutôt accueillante… Et puis rien ne prouvait qu’elle allait s’aggraver. Ce n’était peut-être qu’une zone à traverser. Elle décida de continuer au moins jusqu’au prochain embranchement. De toutes façons elle ne voyait pas le moindre danger. Les parois étaient lisses, la largeur du couloir constante… Ce qu’elle ressentait n’était peut-être dû qu’à son appréhension. Elle allongea le pas, et pour s’encourager fixa son attention sur les nuages qui filaient. C’était son seul point de repère. Mieux valait se presser avant qu’il disparaisse.
Bien sûr elle se demandait pourquoi elle était là, mais la question pour le moment n’avait guère d’importance. Autant qu’elle se souvienne, elle y était entrée pour suivre Jean-François, qui d’ailleurs ne devait pas se trouver loin d’elle… À tout hasard elle l’appela, mais sans succès. Soit il était déjà sorti, soit il avait envie de la faire courir… Elle était bel et bien perdue, mais pas encore inquiète. Jusqu’ici elle n’avait eu droit qu’à deux impasses : ça semblait raisonnable. Quant aux variations de luminosité, elle n’y faisait plus attention. Certains endroits étaient plus sombres, mais ça ne durait pas. Cela ne semblait pas avoir de signification précise. C’était même en tâchant de fuir l’obscurité qu’elle s’était égarée dans sa première impasse ! En revanche la sensation de froid revenait dès qu’elle était forcée de rebrousser chemin… C’était déjà plus fiable. Au moins ça lui montrait où elle était déjà passée. Ça n’avait rien de sûr, mais c’était mieux que l’absence totale de repères. Heureusement il y avait encore des nuages, même si le nombre de ceux-ci avait diminué. Elle devait absolument réussir à sortir de là avant que le ciel redevienne limpide.
La course des nuages
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