J’y crois, je n’y crois plus, je n’ai plus rien à dire et je parle pourtant… Ma vie défile et s’obscurcit, numérotant des courants d’air, découvrant les mirages derrière les mirages, accomplissant ce qui n’aurait jamais dû être. Somme toute, il y a de quoi bien s’amuser !
Sans doute y a-t-il de quoi se poser des questions. Encore faut-il savoir lesquelles !
Car la vertu n’est pas toujours du bon côté ? Mais qui décide quoi dans cette affaire-là ? Je fais des mots, des phrases… Ça fait si peu de bruit que j’en suis ébahi. N’en reste que la joie, l’émotion de l’instant, la rencontre fortuite entre le parapluie de l’imagination et la machine à coudre de la bienveillance… Ou alors le contraire, pour ce qu’on peut en deviner. (Le tout se déroulant sur une industrieuse table de dissection, si ma mémoire est bonne…)
En attendant j’ai tout un tas de bêtises à faire, qui à la vérité ne m’intéressent guère, mais qui ont le mérite (si tant est que l’on puisse appeler ça ainsi) de ne pas être lettres mortes. Et comme le désir ne se fait pas sentir avec assez de force pour m’arracher à mon fauteuil, je ne peux pas prétendre être trop occupé…
C’est très embarrassant, de ne rien désirer. Ça finit par sembler légèrement monotone ! Par bonheur il y a les émotions d’autrui pour me faire vibrer… Sinon je ne sais pas où j’en serais rendu. Un monde étroit, fermé, où l’irréalité tiendrait toute la place… Une version personnelle de l’enthousiasme autorisé ? Je veux bien, mais alors il faut argumenter. Et s’il n’y a personne acceptant d’écouter… Il est temps de changer de terrain d’investigation.
Je veux croire que la tâche que je me suis confiée est en train de mûrir… J’ai quelques doutes mais ça fait partie du processus. C’est juste que le temps passé à ne rien faire me semble assez déshonorant… Par bonheur il y a moyen de s’occuper, même si ce ne sont pas mes passe-temps préférés.
Qu’importe ? L’essentiel est de garder le cap, aussi idiot parfois que cela puisse paraître. Car le reste, vraiment… Ce n’est pas très intéressant. Prendre des poses, se soucier de l’opinion d’autrui… Parfois se rendre utile, vouloir tout contrôler et refuser de constater qu’on ne maîtrise rien, pas même ce qui en somme ne dépend de personne d’autre que de soi, la vie intime et maritime, les désirs de ceci, les dégoûts de cela, toutes les opinions conçues avec amour, que l’on voudrait utiles à défaut d’être justes — ou bien est-ce l’inverse ?
Mieux vaut se concentrer sur les bribes d’enfance que l’on a pu sauver, et tâcher de construire ce qu’on avait imaginé, même si ça semble idiot, déraisonnable, dangereux… Surtout si ça paraît idiot, déraisonnable, etc. Car le reste, vraiment… Ce n’est qu’une défaite. Et c’est le prodige de vivre, que l’on défait ainsi.
Chacun de nous mérite mieux que tout ce qu’il s’accorde. Nous nous traitons si mal que c’en est effrayant.
Sans doute y a-t-il de quoi se poser des questions. Encore faut-il savoir lesquelles !
Car la vertu n’est pas toujours du bon côté ? Mais qui décide quoi dans cette affaire-là ? Je fais des mots, des phrases… Ça fait si peu de bruit que j’en suis ébahi. N’en reste que la joie, l’émotion de l’instant, la rencontre fortuite entre le parapluie de l’imagination et la machine à coudre de la bienveillance… Ou alors le contraire, pour ce qu’on peut en deviner. (Le tout se déroulant sur une industrieuse table de dissection, si ma mémoire est bonne…)
En attendant j’ai tout un tas de bêtises à faire, qui à la vérité ne m’intéressent guère, mais qui ont le mérite (si tant est que l’on puisse appeler ça ainsi) de ne pas être lettres mortes. Et comme le désir ne se fait pas sentir avec assez de force pour m’arracher à mon fauteuil, je ne peux pas prétendre être trop occupé…
C’est très embarrassant, de ne rien désirer. Ça finit par sembler légèrement monotone ! Par bonheur il y a les émotions d’autrui pour me faire vibrer… Sinon je ne sais pas où j’en serais rendu. Un monde étroit, fermé, où l’irréalité tiendrait toute la place… Une version personnelle de l’enthousiasme autorisé ? Je veux bien, mais alors il faut argumenter. Et s’il n’y a personne acceptant d’écouter… Il est temps de changer de terrain d’investigation.
Je veux croire que la tâche que je me suis confiée est en train de mûrir… J’ai quelques doutes mais ça fait partie du processus. C’est juste que le temps passé à ne rien faire me semble assez déshonorant… Par bonheur il y a moyen de s’occuper, même si ce ne sont pas mes passe-temps préférés.
Qu’importe ? L’essentiel est de garder le cap, aussi idiot parfois que cela puisse paraître. Car le reste, vraiment… Ce n’est pas très intéressant. Prendre des poses, se soucier de l’opinion d’autrui… Parfois se rendre utile, vouloir tout contrôler et refuser de constater qu’on ne maîtrise rien, pas même ce qui en somme ne dépend de personne d’autre que de soi, la vie intime et maritime, les désirs de ceci, les dégoûts de cela, toutes les opinions conçues avec amour, que l’on voudrait utiles à défaut d’être justes — ou bien est-ce l’inverse ?
Mieux vaut se concentrer sur les bribes d’enfance que l’on a pu sauver, et tâcher de construire ce qu’on avait imaginé, même si ça semble idiot, déraisonnable, dangereux… Surtout si ça paraît idiot, déraisonnable, etc. Car le reste, vraiment… Ce n’est qu’une défaite. Et c’est le prodige de vivre, que l’on défait ainsi.
Chacun de nous mérite mieux que tout ce qu’il s’accorde. Nous nous traitons si mal que c’en est effrayant.
« Mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente… »
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