Le plaisir de mentir

Le petit chat est mort, et le ciel est encore trop loin pour en parler. On peut imaginer des raccourcis plaisants, et même apercevoir de gentilles promesses, mais ça n’ira jamais plus loin que le plaisir de se griser de mots, de phrases élégantes dont on cherche à saisir l’exacte utilité. Au fond il y a plus à trouver dans un verre de souvenirs poisseux que dans le témoignage des sages assemblés.
La vraie satisfaction n’est pas de découvrir une définition faisant mouche à tout coup. Car en somme l’aplomb n’est pas un avantage. C’est même une défaite, quand on y songe… L’apparente satisfaction de qui estime avoir raison ressemble à un aveu, à un défi ultime. À cet instant il sait qu’il devient vulnérable…
Au-delà il y a le plaisir de mentir. De palper le réel et de s’y conformer. De savoir que le monde est tellement changeant que les définitions auront toujours le tort de se vouloir définitives. Ce quelle que soit l’audace de l’ambition qui les motive.
Le langage n’est pas fait pour dire la vérité mais pour la travestir. Le mieux qu’on puisse lui demander est de créer les conditions de la révélation. Le temps passé à essayer de définir précisément ce qu’on ressent vise à stabiliser la représentation, et non à la transmettre. Si là était le but, la contagion sentimentale serait plus efficace. La connaissance est silencieuse, et l’ouverture d’esprit suffit à la transmettre.

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