Après tout l’Italie ce n’est pas si joli… Et sans doute faut-il tout revoir à la baisse. Évidemment je m’en doutais, mais j’aurais préféré que cela soit conforme à ma vision d’enfant, aussi inconfortable qu’elle ait été. Parce que là en somme il ne me reste rien. Rien qu’une pauvre histoire, pittoresque peut-être mais aussi pitoyable. L’auréole de gloire que j’avais fabriquée était plus séduisante.
C’est marrant parce que cela m’était resté comme un point de repère, une sorte d’idéal. Rien de vraiment sentimental, car je ne pense pas avoir été amoureux d’elle — même si je me souviens avoir joué avec cette idée pendant quelques temps. C’était plutôt d’ordre idéologique, pas religieux mais presque. Une figure du bien, auprès de laquelle je faisais forcément figure de golem inachevé.
Autant dire que ma déception est quelque peu vertigineuse… Quoi, ce n’était que ça ? Et puis en même temps ça me fait de la peine, je me sens attendri.
Une sorte d'idéal
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