L’amour de son prochain

Ça va, ça vient, ça se retient — le masque est déchiré, mais il reste collé. J’obtiens des crânes perforés, des phrases à double tranchant, gavées de double sens et de liens inédits.

En parallèle il y a des coutumes barbares, adorations stupides de discours mal traduits, sacrifices humains au nom d’un paradis qui est toujours plus loin… Pas de quoi s’inquiéter, ni même s’amuser. Les petites malices ont toujours bonne presse. Tant qu’on n’est pas forcé d’admettre qu’on a peur, au fond on se sent prêt à dire n’importe quoi… On s’y installe et on oublie pourquoi on est venu. Et qui oserait dire que c’est sans intérêt ? Au moins cela permet de ne pas s’affoler, de ne pas faire face à ce vide effrayant où tout est mélangé…

L’amour de son prochain ne peut pas faire de mal — à part au dit prochain, bien sûr. Encore faut-il savoir en quoi cela consiste ! Car bon, il n’y a pas de règle définie, et du coup le besoin revendique la place, prétendant sans sourire que sa nécessité signale sa vertu…

Mais qu’importe. Après tout on a bien le droit de s’amuser à se faire du mal… Chacun est libre d’oublier ce qu’il y a de meilleur en lui. Puisque la Foi permet de se croire immortel, la sensibilité peut attendre son tour… D’abord on se protège, ensuite on réfléchit, et puis, dans une vie prochaine, ou peut-être plus tard… on ouvre son esprit.
Sympathique optimisme ! Il y a toujours moyen de faire n’importe quoi.

À tout prendre il vaut mieux se contenter de jouir de ce qui est offert. Au moins cela permet de ne pas se miner, de ne pas s’épuiser en luttes intestines. L’amour est là, quand on y songe, et non dans le besoin. Il est vain d’y mêler des calculs à long terme — de toute façon ce genre de chose ne marche pas comme ça. Mais c’est une autre histoire ? Je n’en suis pas si sûr.

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