Si tu veux c’est tellement, tellement stupide et creux, qu’on aurait bien du mal à le prendre au sérieux. Ça coince la migraine, ça attrape la fièvre… pour un peu on croirait que ça a commencé à se représenter sous un masque de cire.
Et puis cette fontaine, cet océan de pleurs… Que veux-tu que j’y fasse, si ça ne convient pas ? Après tout tu as eu ce que tu désirais.
Et puis cette fontaine, cet océan de pleurs… Que veux-tu que j’y fasse, si ça ne convient pas ? Après tout tu as eu ce que tu désirais.
Cette chaude amitié, cet intérêt sincère… Il est sûr que souvent j’aimerais bien que ça revienne. Au moins je pourrais croire qu’il y a quelque chose au-delà de la peur, que ce vide sans but n’est qu’erreur de parcours, qu’on peut y croire encore si on l’a décidé… Parce que bon, vraiment, ce n’est pas amusant de ne rien espérer.
Je sais, ce n’est pas bien, de songer au passé. Même et surtout si le présent est une catastrophe. Même et surtout si le futur n’a rien à proposer. Je suis certainement le premier à le dire.
Il faudrait découvrir un moyen d’exprimer cette détresse intime, cette peine sauvage. Mais même si je pouvais décrire la violence je ne le ferais pas ?
C’est un peu comme si plus rien ne me tentait… Et pourtant, et pourtant, je ne m’inquiète pas. Je n’imagine pas des obstacles, des ruines m’empêchant d’avancer. Je suis anesthésié, privé de volonté. J’ai été dépouillé, jeté, mis de côté. Ce que j’imaginais ne s’est jamais réalisé. Et comme j’ai insisté, rien n’est venu le remplacer.
Je ne dérive pas en émotions insanes, je ne raconte pas ce que je ne sais pas… Je fais le point du rien, j’ôte de ma mémoire ce qui ne me plaît pas.
J’aimais bien quand j’avais un mirage à poursuivre. Pourquoi est-il parti si loin que je ne peux même plus l’entrevoir ?
Ce qui est arrivé n’est pas de mon ressort. Jamais je n’aurais pu changer le cours des choses. Même si j’avais su où cela me menait ? (Mais non je ne veux pas te culpabiliser, cesse de te défendre, tout est déjà perdu.)
Pour le reste, vraiment… On peut toujours rêver que cela ait du sens, mais cela n’en a pas. C’est de la poudre aux yeux, « divertissements pour passer le temps ».
Et le désir d’écrire m’est enfin revenu ? Je le saurai demain, et puis après-demain, et encore au-delà… Pour le moment j’avoue je n’y crois pas beaucoup. Tout me semble embrumé, enrhumé, embourbé… Les choses restent là, endormies, illusoires, dénuées de passions, comme si le décor n’était d’aucune utilité. Quant aux gens, parlons-en ! J’ai juste envie de dire que je vais en mourir, et que ça ne fera pas grande différence.
Pourtant en même temps je pressens la puissance, je sais qu’il ne faudrait que bien peu pour qu’enfin je me mette à l’aimer ? Mais ce bien peu vois-tu, je ne sais le trouver. Ce n’est pas que j’aie peur (enfin, je ne crois pas), mais j’en suis dégoûté. C’est le genre de combine qui ne me séduit guère. Je ne suis pas guerrier, ni même chaudronnier. « Je serais plutôt de ceux qui parlent en baissant les yeux, et qui disent encore madame aux dames… »
Pourquoi ne pas rêver que ce soit compatible ? Après tout il n’y a pas de loi contre ça.
Pourquoi ne pas rêver que ce soit compatible ? Après tout il n’y a pas de loi contre ça.
Car il est fort possible que ce soit l’esthétique guerrière qui m’ait découragé ? Ça reste à étudier. Ça mérite de l’être.
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