C’est à ce moment-là qu’on a cessé de rire. Quand le vent a claqué cette porte d’acier. Pourtant on avait dit que c’était impossible. Que le vent n’était pas, que la porte était trop… mais on s’était trompé.
Ce n’était pas un jeu. C’était plutôt sérieux.
Évidemment on se doutait qu’il y avait un moyen d’ouvrir cette porte… Mais lequel ?
Et puis il faut l’avouer, en ce temps-là il nous restait quelques chats à fouetter. Des espoirs, des calculs, des petites combines dont nous étions certains qu’elles allaient réussir… Pas vraiment ridicules, mais rien en vérité qui pût faire le poids face au courant dévastateur créé par l’événement.
D’ailleurs rien n’a changé. La vie ressemble encore au jeu des dominos. Tout juste si l’on ose lui dire des gros mots. Et encore, pas trop fort, de peur d’être entendu.
Et puis il faut l’avouer, en ce temps-là il nous restait quelques chats à fouetter. Des espoirs, des calculs, des petites combines dont nous étions certains qu’elles allaient réussir… Pas vraiment ridicules, mais rien en vérité qui pût faire le poids face au courant dévastateur créé par l’événement.
D’ailleurs rien n’a changé. La vie ressemble encore au jeu des dominos. Tout juste si l’on ose lui dire des gros mots. Et encore, pas trop fort, de peur d’être entendu.
Qu’importe que l’on dise que cela prête à rire ? S’il suffisait d’en rire ce serait déjà fait. Car toutes les méthodes ont été essayées. Jamais auparavant les donneurs de conseils n’avaient eu un si bon accueil ! Tout était à tenter, mais pas se contenter d’accepter la défaite.
Et là on peut le dire : c’était assez comique.
Et là on peut le dire : c’était assez comique.
La profondeur du temps m’inquiète davantage. Une telle endurance est inimaginable, cela fait un peu peur.
Mais bon. On sait déjà que l’inquiétude est vaine par nature et par style.
Mais bon. On sait déjà que l’inquiétude est vaine par nature et par style.
Ceci dit il y a des masques à ôter. Se dépouiller devient impérieuse nécessité. Ce qui est entrevu est tellement inhabituel qu’on peut en profiter pour tout remettre à neuf. Et puis c’est amusant. C’est plein de fantaisies inédites, jolies.
J’en connais qui diront qu’on ne pourra jamais tenir longtemps ainsi… J’en conviens, j’en conviens. Cela semble intenable. Le passé a prouvé que ça l’était vraiment. Mais si l’on va par là, l’impossible est partout, à chaque coin de rêve, inaltérable et triomphant.
Ce n’est pas comme si c’était de la colère. Il y en a bien sûr, mais c’est passé au second plan. D’ailleurs c’était surtout de l’indignation et de la lassitude. La vraie colère c’est autre chose. Ça ne se traduit pas en actes cohérents.
En même temps ce n’est pas encore terminé, il ne faut pas rêver. Je vois bien que je n’ai pas le courage nécessaire. Que j’aperçois encore des moyens de tomber, et de tout oublier.
Je me traîne, j’essaie de ne pas m’endormir, mais c’est très difficile. Ce démon-là n’est pas du style qui effraie. Il est doux, accueillant, tendre et chaud, comestible… Il propose un refuge qui ressemble à une aventure. Lors pourquoi résister ? C’est le reste qui semble un conte pour enfant. Si on n’avait pas pris d’autres engagements on n’aurait même pas l’idée de refuser ce qui est proposé.
Je me traîne, j’essaie de ne pas m’endormir, mais c’est très difficile. Ce démon-là n’est pas du style qui effraie. Il est doux, accueillant, tendre et chaud, comestible… Il propose un refuge qui ressemble à une aventure. Lors pourquoi résister ? C’est le reste qui semble un conte pour enfant. Si on n’avait pas pris d’autres engagements on n’aurait même pas l’idée de refuser ce qui est proposé.
Le monde cérébral est un charmant mirage qui sait très bien se faire passer pour la réalité. D’ailleurs il l’est peut-être, pour autant que je sache. On n’a pas réussi à prouver le contraire.
Pour le reste, vraiment, vous m’en voyez navré. J’aurais bien essayé, mais je suis épuisé. J’essaie de me lever, mais ça me fait comme un énorme poids à soulever. Et puis le désespoir, vous savez ce que c’est… Quand on a fait l’erreur de le laisser entrer, il ne veut plus sortir. Il est bien installé, prétend que lui au moins ne se trompe jamais… Qu’en prévoyant le pire on est toujours certain de le voir arriver.
Alors quoi ? Protester ? Mieux vaut n’y pas songer. Ça pourrait s’aggraver.
Alors quoi ? Protester ? Mieux vaut n’y pas songer. Ça pourrait s’aggraver.
Non mais bon, je déconne. Il y a des millions de choses à ranger avant de commencer. D’où le retard accumulé, et la nécessité de ne pas se lancer tête baissée sans réfléchir…
Enfin quoi, des excuses, on en trouve des tonnes. Ce n’est pas ce qui manque ! À ce niveau c’est presque un rituel sacré.
Enfin quoi, des excuses, on en trouve des tonnes. Ce n’est pas ce qui manque ! À ce niveau c’est presque un rituel sacré.
Ce n’est pas que ce soit réellement fatigant, mais c’est prise de tête, il faut se concentrer, et ne pas dévier. Même le droit de s’attarder aux charmes du chemin est souvent contesté. Et puis quoi, cette idée d’arracher au néant ce qui à l’évidence refuse d’en sortir finit par me sembler à la longue immorale. Je préfère écouter, observer, retranscrire ce qui est proposé avec simplicité, sans qu’il y ait à lutter pour aller le chercher. Je veux bien raconter ce qui est oublié, mais pas risquer de le détruire en l’exposant à la lumière.
(Je crois que j’ai trouvé une excuse blindée.)
(Je crois que j’ai trouvé une excuse blindée.)
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