C’est vrai qu’il n’avait pas l’étoffe d’un héros. D’ailleurs je n’ai pas l’impression qu’il voulait en être un… Certes il était étrange, même un peu excentrique, mais pas exceptionnel. D’ailleurs je me demande pourquoi j’ai décidé de vous parler de lui ? Peut-être, quelque part… Mais je n’ai pas envie de tout recommencer. D’autant que je suis sûr que là est mon sujet, même si je ne vois pas comment le développer. C’est qu’il ne s’agit pas d’une histoire ordinaire, avec du mouvement, des corps qui se déplacent, des liens sentimentaux plus ou moins compliqués, des missions délicates et des codes à déchiffrer… Là c’est à l’intérieur, que l’essentiel se passe. Et ce n’est même pas une affaire d’imagination ! J’ai beau chercher je ne vois pas ce qu’il y a à raconter. Et pourtant je suis sûr que quelque chose s’est passé ! Il doit être possible de le reconstituer !
J’ai tort sans doute de chercher à en faire un récit raisonnable et concret. Puisque je ne vois rien, je suis bien obligé d’avancer à tâtons, d’explorer le sujet comme une part d’inconnu qu’il faudrait révéler.
Cela semble un parti judicieux à prendre. Plus besoin d’essayer d’imiter le réel, de lui donner bonne figure… Mais pourquoi ai-je l’impression que même ainsi ce que j’ai à montrer continuera à se dérober ? Est-ce impossible à dire, ou bien est-ce un secret ? À moins que le sujet soit justement la quête éternelle de la vérité, celle qui évidemment est impossible à découvrir ?
Non, c’est idiot, ce n’est pas ça, sinon je le saurais. Mais c’est certainement au moins aussi abstrait. Ce n’est pas un combat, ce n’est pas une quête, mais une révélation. Ça vient sans prévenir, bousculant tout sur son passage, mais on ne peut pas dire que ce soit racontable. D’autant que j’aimerais que ce soit réaliste…
Non, ça ne convient pas. Ça me paraît la voie de la facilité. Et de toute façon ce que je dois montrer est plus sentimental que je veux bien le croire. Et s’il y a sentiment il y a forcément quelques images associées. Le masque intellectuel que j’ai mis par-dessus ne doit pas me tromper. S’il y a des idées on peut les évoquer, mais pas en faire une sorte de mission sacrée. Il est fou de penser que les idées ont davantage d’importance que les sentiments qui les ont fait naître.
En conséquence le problème est bien lié au secret ? Cela cherche à parler d’amour mais n’ose pas le dire ? Je veux bien, mais quel est l’objet de cet amour ? Si c’était révélé ça ferait une clé, il y aurait déjà l’amorce d’un récit…
J’ai tort sans doute de chercher à en faire un récit raisonnable et concret. Puisque je ne vois rien, je suis bien obligé d’avancer à tâtons, d’explorer le sujet comme une part d’inconnu qu’il faudrait révéler.
Cela semble un parti judicieux à prendre. Plus besoin d’essayer d’imiter le réel, de lui donner bonne figure… Mais pourquoi ai-je l’impression que même ainsi ce que j’ai à montrer continuera à se dérober ? Est-ce impossible à dire, ou bien est-ce un secret ? À moins que le sujet soit justement la quête éternelle de la vérité, celle qui évidemment est impossible à découvrir ?
Non, c’est idiot, ce n’est pas ça, sinon je le saurais. Mais c’est certainement au moins aussi abstrait. Ce n’est pas un combat, ce n’est pas une quête, mais une révélation. Ça vient sans prévenir, bousculant tout sur son passage, mais on ne peut pas dire que ce soit racontable. D’autant que j’aimerais que ce soit réaliste…
Non, ça ne convient pas. Ça me paraît la voie de la facilité. Et de toute façon ce que je dois montrer est plus sentimental que je veux bien le croire. Et s’il y a sentiment il y a forcément quelques images associées. Le masque intellectuel que j’ai mis par-dessus ne doit pas me tromper. S’il y a des idées on peut les évoquer, mais pas en faire une sorte de mission sacrée. Il est fou de penser que les idées ont davantage d’importance que les sentiments qui les ont fait naître.
En conséquence le problème est bien lié au secret ? Cela cherche à parler d’amour mais n’ose pas le dire ? Je veux bien, mais quel est l’objet de cet amour ? Si c’était révélé ça ferait une clé, il y aurait déjà l’amorce d’un récit…
J’ai honte mais tout ça me semble dérisoire. Et c’est peut-être ça, la vraie difficulté. Je n’ai pas l’impression que ce que j’essaie de faire présente la moindre utilité. Comme si le combat était perdu d’avance. D’où la nécessité de ne pas s’engager.
Encore une façon d’éviter le sujet, ou au contraire de s’y plonger ? C’est tellement confus qu’il y a de quoi rire.
Encore une façon d’éviter le sujet, ou au contraire de s’y plonger ? C’est tellement confus qu’il y a de quoi rire.
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