Science sans conscience

Sans doute que le mieux est de ne pas savoir ce qu’il y a derrière. Non que la connaissance soit mauvaise, mais l’innocence est bonne, et on la perd à tout savoir trop vite. C’est science sans conscience — ou peut-être l’inverse, car c’est apparemment le jugement qu’on porte sur ce que l’on apprend qui crée cette difficulté à garder le cœur « pur », qui pousse à s’encombrer de considérations annexes au lieu de se contenter de rechercher le juste geste, efficace et économique, l’équilibre parfait. C’est qu’avant de savoir on se fait des idées, et que malheureusement ces idées ne disparaissent pas aussitôt qu’on apprend, elles continuent à insister, à affirmer leur point de vue, refusent de s’avouer vaincues. Et plus la marche était haute, et plus on a imaginé de choses à son sujet, à faire comme si on savait tout de ce qu’on ignorait. C’était idiot bien sûr, mais le mal est commun. Il y a des sujets à propos desquels il est plus urgent d’avoir une opinion qu’une connaissance véritable…

C’est bien gentil tout ça, mais ça ne fait pas vraiment avancer le schmilblick.

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