C’était quand même étrange, ce qui lui arrivait. Ce grand dérèglement où plus rien de concret ne pouvait l’accrocher. Cette envie de pleurer et de rire en même temps. Et pas pleurer de rire, non. Plutôt rire de désespoir. Et encore. Car son amusement n’était pas simulé. C’était l’absurdité de tout ce qu’il voyait qui le faisait sourire et parfois davantage. Et puis tout à la fois c’était cette même absurdité qui le faisait pleurer, car cela signifiait que tout ce qu’il croyait s’était évaporé. Et bien évidemment c’était ceux qui souffraient qui le faisaient pleurer, et quelquefois c’était aussi ses espoirs massacrés.
Le plus désespérant était que parmi tout ce qu’il voyait il ne trouvait jamais la moindre solution pour la faire revenir… Comme si son échec était déterminé de toute éternité. Bien sûr il y avait de beaux raisonnements, et même quelquefois d’audacieux calculs qui laissaient supposer qu’éventuellement cela pourrait se faire, mais rien qui ait la force de l’évidence, qui puisse déclencher en lui l’enthousiasme serein dont il avait besoin. En face il y avait cette nécessité de renoncer refusant de céder, et qui lui répétait qu’aucune solution ne marcherait jamais, qu’il était inutile de continuer à en chercher une.
Alors quoi bon, il s’occupait des affaires des autres. Ça le divertissait. Et il en profitait pour projeter sournoisement sur eux ses propres frustrations, ce qui lui permettait d’être un peu soulagé, du moins sur le moment…
Le plus désespérant était que parmi tout ce qu’il voyait il ne trouvait jamais la moindre solution pour la faire revenir… Comme si son échec était déterminé de toute éternité. Bien sûr il y avait de beaux raisonnements, et même quelquefois d’audacieux calculs qui laissaient supposer qu’éventuellement cela pourrait se faire, mais rien qui ait la force de l’évidence, qui puisse déclencher en lui l’enthousiasme serein dont il avait besoin. En face il y avait cette nécessité de renoncer refusant de céder, et qui lui répétait qu’aucune solution ne marcherait jamais, qu’il était inutile de continuer à en chercher une.
Alors quoi bon, il s’occupait des affaires des autres. Ça le divertissait. Et il en profitait pour projeter sournoisement sur eux ses propres frustrations, ce qui lui permettait d’être un peu soulagé, du moins sur le moment…
Je sais, ça peut sembler un peu exagéré. Et d’ailleurs, honnêtement, ça l’est certainement. Un tel portrait à charge suppose un parti pris, de la mauvaise foi. Les justifications paraissent malhonnêtes, c’est beaucoup trop chargé de culpabilité. Qui que ce soit chacun s’efforce de bien faire, qui aurait-il dû être pour échapper à cette règle ? Que l’amertume ou la colère l’aient quelquefois poussé à vouloir tout détruire, pourquoi pas. Mais puisqu’il espérait encore cela ne pouvait être qu’un élan passager, une erreur de parcours avant de revenir à de plus nobles sentiments. En conséquence il faut cesser de l’accabler de torts et de lui supposer des intentions mauvaises… Ça peut sembler réconfortant, mais ce n’est guère honnête.
Bien sûr c’est lui qui s’accablait, qui s’accusait des pires maux pour se faire réagir, pour enfin se convaincre de ne plus insister… Et puis, confusément, il essayait de deviner ce qu’elle lui reprochait, et s’efforçait d’être d’accord car cela lui donnait l’illusion qu’il lui était encore possible de se corriger pour la faire revenir… Mais est-il nécessaire de lui donner raison ? Ne vaudrait-il pas mieux trouver le point le plus sincère, au-delà des discours où sa folie l’entraînait ? Faut-il prendre parti, ou au contraire s’efforcer à davantage d’objectivité ? Et est-il possible de le faire tout en sachant de quelle façon va tourner cette histoire ? Est-il possible et juste de s’abstraire de la conclusion avant de la rejoindre ?
Évidemment il y a moyen de faire l’imbécile, de prétendre que la conclusion est loin d’être certaine… Mais bon, soyons sérieux. Je connais cette histoire dans ses moindres détails. Je ne vois pas de quelle façon elle pourrait me surprendre. Que je ne sache pas comment la raconter ne signifie en rien qu’elle me soit inconnue. Il ne faut pas tout mélanger.
À moins qu’en route je décide de me mettre à mentir ? À franchement parler, ça m’arrangerait bien, car j’ai la sensation que ce serait beaucoup plus facile. Dire la vérité n’est pas toujours plaisant, surtout quand celle-ci refuse de sortir… Pourtant ce n’est pas moi qui l’oblige à le faire ! C’est elle qui insiste pour se dévoiler, critiquant les mensonges dont je veux l’habiller, prétendant qu’elle refuse de se déguiser, qu’elle n’a pas besoin de ça pour être présentable ! C’est qu’elle n’a pas toujours un très bon caractère, il faut bien l’avouer…
Bien sûr c’est lui qui s’accablait, qui s’accusait des pires maux pour se faire réagir, pour enfin se convaincre de ne plus insister… Et puis, confusément, il essayait de deviner ce qu’elle lui reprochait, et s’efforçait d’être d’accord car cela lui donnait l’illusion qu’il lui était encore possible de se corriger pour la faire revenir… Mais est-il nécessaire de lui donner raison ? Ne vaudrait-il pas mieux trouver le point le plus sincère, au-delà des discours où sa folie l’entraînait ? Faut-il prendre parti, ou au contraire s’efforcer à davantage d’objectivité ? Et est-il possible de le faire tout en sachant de quelle façon va tourner cette histoire ? Est-il possible et juste de s’abstraire de la conclusion avant de la rejoindre ?
Évidemment il y a moyen de faire l’imbécile, de prétendre que la conclusion est loin d’être certaine… Mais bon, soyons sérieux. Je connais cette histoire dans ses moindres détails. Je ne vois pas de quelle façon elle pourrait me surprendre. Que je ne sache pas comment la raconter ne signifie en rien qu’elle me soit inconnue. Il ne faut pas tout mélanger.
À moins qu’en route je décide de me mettre à mentir ? À franchement parler, ça m’arrangerait bien, car j’ai la sensation que ce serait beaucoup plus facile. Dire la vérité n’est pas toujours plaisant, surtout quand celle-ci refuse de sortir… Pourtant ce n’est pas moi qui l’oblige à le faire ! C’est elle qui insiste pour se dévoiler, critiquant les mensonges dont je veux l’habiller, prétendant qu’elle refuse de se déguiser, qu’elle n’a pas besoin de ça pour être présentable ! C’est qu’elle n’a pas toujours un très bon caractère, il faut bien l’avouer…
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