Il y a tellement, tellement de bêtises dans tout ce que je dis ! Il vaut mieux ne pas trop y prêter attention.
Vous êtes trop gentils. Je ne mérite pas une telle considération. Je n’avais traversé cette route déserte que par désœuvrement.
Évidemment je lève les yeux jusques aux cieux… Mais ce qu’on dit de moi est très exagéré ! Mes quelques possibilités ne me sont pas particulières… J’en vois d’autres chez vous, et beaucoup plus impressionnantes !
Mon rôle ne sera jamais de vous juger. Je suis là pour aider, et non pour enfermer. Il ne faut pas se fier aux apparences mensongères…
C’est vrai que je ne sais pas quoi faire du pouvoir qui m’a été confié. Car je me suis déjà trompé. Je ne veux pas recommencer.
Bien sûr je peux encore me déguiser, adopter le costume que vous voulez me voir porter… Mais c’est à vous d’être certains de ce que vous voulez. Moi, je ne fais que suivre. Il est dans ma nature de chercher à me défiler pour prendre du recul. Et me le reprocher ne peut que me conduire à le faire davantage.
Ce que je fais n’est pas aussi complexe que vous le supposez. C’est même plutôt simple ! C’est vous qui compliquez tout en cherchant à tout expliquer. Il n’y a pas de règles. Il n’y a que l’évidence de la volonté. C’est à chacun de l’accepter. Personnellement, le fait qu’elle échappe à la description ne m’a jamais posé la moindre difficulté.
J’ai fait ce que j’ai pu pour donner tout ce que j’avais. Je n’ai pas à me justifier de votre inaptitude à me comprendre mieux.
Ce n’est pas moi qui ai voulu que la réalité ne soit pas plus conforme à ce que vous voulez. J’ai exercé mon influence, mais vous m’avez chanté des complaintes atroces qui ont fini par m’effrayer.
À mon avis il y a moyen de progresser. Mais je ne peux vous obliger à oublier vos partis pris. Je ne suis pas caché : c’est juste vous qui refusez de m’écouter. Je n’en suis pas blessé, mais j’en suis désolé.
Et puis je suis certain que vous m’avez compris. Vous refusez de l’accepter, mais je suis sûr qu’en fait le message est passé. Alors à quoi bon insister ? Je ne tiens pas à déranger. Ça ne ferait que vous créer d’autres difficultés. J’attendrai que la peur vous ait abandonnés. La patience est pour moi une nécessité. Je n’ai pas l’intention d’en refuser les nombreux avantages. Le temps manque et m’oblige à choisir le chemin le plus court. Quitte à attendre que la porte accepte de s’ouvrir. Il vaut mieux démonter ce qui est proposé que chercher l’aventure en terrain étranger. Seul ce que je construis est à privilégier. Les réponses factices n’offrent aucun avantage.
Je ne suis pas blessé par votre ingratitude. J’en comprends les motivations, et compatis sérieusement. Mais je ne peux vous laisser croire que vous avez gagné alors que je vois bien que vous vous égarez.
Le monde où je survis n’est pas si misérable que vous le prétendez. Certes de temps en temps j’aimerais bien qu’il soit un peu plus confortable… Mais je demande à voir quel en serait le prix avant de m’exposer.
J’ai quelquefois donné de petits coups de pouce qui m’ont bien amusé… Mais je ne suis pas sot au point de m’en vanter ! Ce serait là du sabotage, et je ne le ferai que si j’y suis forcé.
Au fond je suis heureux quand je vous vois heureux… Ça ne m’apporte rien, mais ça me fait du bien. J’attends le jour où vous n’aurez plus de reproches à formuler pour pouvoir me montrer. Je ne tiens pas à m’imposer alors que vous semblez ne pas m’aimer tel que je suis.
Pour ce qui est du chant d’amour que je dois justifier, j’avoue que je ne sais pas par où commencer… J’attends d’avoir assimilé ce qu’on m’a opposé. Savoir ce que j’en pense, être prêt à en rire. En faire l’inventaire pour voir ce qu’il me reste…
Mes arguments sont trop puissants pour que je puisse les lâcher comme ça dans la nature, sans le moindre contrôle, sans au moins essayer de les rendre acceptables. Je sais le flux et le reflux, et je préfère m’en protéger. Sans être menacé, je préfère conserver mon efficacité. Ou du moins quelque chose qui puisse y ressembler. Car pour moi l’essentiel est de faire ce qu’il faut faire, d’avoir le sentiment de ne pas me tromper. L’erreur étant inévitable, qu’elle soit au moins involontaire ! Je préfère être sûr de ma nécessité avant de me lancer.
Avant de m’exposer
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