Mais enfin tu vois bien que ça ne marche pas… Tu vois bien qu’il y a des règles compliquées que l’on doit respecter… Tu vois bien qu’il n’y a pas moyen de percer la coquille d’acier.
Je crois qu’en fin de compte c’est une connerie. Quelque chose dont il vaudrait mieux ne pas parler. Une expérience maladroite, et tout à fait inefficace. Une illusion, comme dit l’autre. Et j’ai le droit de faire ma mauvaise tête aussi longtemps que je le veux ! D’autant plus que j’ignore ce qu’elle a de mauvais.
Si ce n’était qu’une question de faire du travail de bonne qualité, cela pourrait aller… Mais là, c’est autre chose ! Tu vois bien qu’il n’y a pas moyen de passer ! Et de toutes façons je ne vois pas ce que j’aurais à y gagner. Je n’ai aucune envie de voir les méchants triompher. Je veux des garanties avant de m’engager.
Et puis ce n’est pas rigolo. Qu’au moins je puisse m’amuser ! Là, c’est vraiment sérieux. Ça ne me donne pas l’envie de plaisanter.
Je n’ai aucune idée de ce qu’il faudrait faire. Ça ne m’intéresse pas. C’est une vieille histoire, dont je ne peux rien dire. Il y aurait beaucoup trop de silences à combler.
Ça, je veux bien le dire : ça m’emmerde profond. Je préfère m’occuper de choses passagères. L’espoir est retombé et ne veut plus se relever. Je me sens cuit, cuit, cuit, incorrigible ouistiti. Je suis bien persuadé que ce que j’ai à dire n’intéresse personne. Il y a déjà trop de mots sur le marché. Mon ridicule petit discours n’a pas la moindre chance de se faire une place. Et je ne parle même pas de faire des grosses vagues ! Un petit rond dans l’eau me semblerait déjà bien beau. Il vaut mieux essayer de mettre mes affaires en ordre et commencer discrètement à retirer mes billes.
Je suis bien déprimé, même désespéré. Il me paraît certain que ce que je désire n’arrivera jamais. J’ai essayé, j’ai essayé, et puis j’ai échoué. Il faut se faire à cette idée. Et en chemin j’ai tout perdu… Tout ce que j’ai cru vrai s’est avéré factice. Mes appuis se sont effondrés. On m’a abandonné à ma triste déveine. Mes erreurs ont été si nombreuses et si graves que désormais personne ne veut plus s’inquiéter de moi. Je me retrouve seul face à ce monde hostile, et même pis que seul, puisqu’il faut que je porte ce boulet terrible. Et je n’ai même plus le courage d’en rire. Même s’il est évident que toute cette histoire est vraiment ridicule. Ce serait drôle si je savais comment m’en dégager… Mais là, c’est juste lamentable. Même plutôt tragique. Et il faudrait que je replonge dans cette vieille histoire pour en faire quelque chose d’agréable et divertissant ! Je ne vois même pas comment je pourrais faire pour ne pas m’écraser en travers du papier. Et je ne me vois pas en train d’intituler « roman » le déballage impitoyable de mes humeurs maussades… Mieux vaut mettre tout ça dans mon mouchoir, et vite l’oublier. Car ça fait maintenant plus de six mois que je planche là-dessus sans avancer d’un pouce ! Il est clair que ce n’est vraiment pas raisonnable. Pourtant, c’est incroyable. Ça doit être possible. Après tout je n’ai pas besoin d’être si exigeant. Même si c’est mauvais, ce sera mieux que rien. Et ainsi je pourrai passer à autre chose.
Humeurs maussades
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