L’inconvénient étant qu’il y a des couches et des couches de labyrinthes emmêlés… Et à quoi bon chercher ce que l’on sait déjà ? Puisque ça fait longtemps qu’on a choisi de conserver le couvercle fermé… Tout entendre, tout voir, et ne jamais rien dire ? Mais que fait-on de tout ce qu’on désire dire ?
Et puis autant avouer que ce n’est qu’un prétexte à garder le silence. Savoir si c’est prudence ou bien timidité n’a aucun intérêt. Ce qu’on désire dire finira par sortir. Il suffit de trouver l’occasion de le faire. Et jusqu’ici celle-ci ne s’est pas présentée. Mais on peut espérer qu’à force d’y songer ça va se déclencher.
En tout cas j’aime assez ce qui semble bouger… Ce n’est pas suffisant, mais c’est encourageant. On peut croire que la cage va bientôt s’entrouvrir.
Comment donc ai-je pu ne pas le voir plus tôt ? Il faut se rendre à l’évidence, ne pas faire comme si on savait tout de tout.
J’avais pris soin de refermer la porte derrière moi. Mais je ne savais plus où j’avais mis la clé.
Avais-je décidé de condamner l’accès à tous ceux que j’aimais ? C’est là qu’on peut se demander si le chemin que j’avais pris était vraiment le mien. Il y avait des fleurs, et des décorations qui ne servaient à rien…
Il semblait inutile de tenter d’être plus précis. Personne n’était prêt à tolérer la grâce et la solidité de mes raisonnements. Et puis je n’avais pas envie de discuter en vain. Ceux qui pensaient savoir ce qu’était la réalité n’avaient aucun besoin de mes charmants discours. Leur dire la vérité sans qu’ils l’aient demandée n’aurait pu que les déranger. Je n’étais pas pressé de me faire remarquer. Surtout pour entamer une pénible lutte ! Je préférais me taire que m’user la santé en controverses maladroites. Ce n’était pas à moi de faire pression pour que le monde ait un autre visage ! J’étais prêt à me satisfaire du spectacle hilarant des petites misères de mes colocataires.
Et de toutes façons cela semblait si simple ! J’étais presque certain qu’on se moquait de moi. Je ne voulais pas avoir l’air de découvrir ce que tout le monde savait. Je désirais d’abord observer pour comprendre. Déterminer le rôle que je devais jouer au sein de ce concert.
Et puis je ne sais pas. J’avais la sensation d’avoir toujours fait preuve de bonne volonté… Au fond je crois que j’attendais un peu plus de respect ? Disons de la tendresse. Des manières plus douces. De la compréhension. Je voulais partager, et non me disputer. Je ne comprenais pas pourquoi j’avais à faire face à toutes ces querelles. Pourquoi ça paraissait tellement compliqué. Je n’étais pas au bout de mes contradictions !
Et pourtant ça semblait d’une telle évidence ! Pourtant ainsi tout paraissait tellement plus facile ! Mais j’étais incapable de le démontrer. Je ne disposais pas des preuves nécessaires… Je devais commencer par briser la coquille où j’étais enfermé. Je devais découvrir un moyen de montrer ce que j’avais trouvé. Ne pas me contenter de dire que c’était vrai. Ça ne le deviendrait que le jour où je ne serais plus le seul à l’apercevoir.
L’occasion de le faire
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