Dans une confusion à peine envisageable

Des siècles de rancune, et soudain espérer que cela se dénoue ? Je veux bien essayer, mais j’ignore comment cela pourrait marcher… Et je ne suis pas sûr d’avoir envie de le savoir.
C’était surtout que, bon. Ça m’avait demandé de terribles efforts. Et puis je voyais bien que c’était de travers, que ça ne marchait pas comme je le voulais. Mais je croyais encore qu’on pouvait négocier. Ne pas en arriver à cette extrémité.
En même temps, je ne sais pas. C’était plus compliqué. J’avais dû présumer de mes capacités. M’humilier sans profit. Surtout, j’aurais aimé que ça n’arrive pas. Mais il n’y avait pas de solution plausible. Pas en ayant à supporter une telle souffrance.
De toutes façons personne n’aurait eu le pouvoir de supporter ceci. Et pourtant il fallait que cela soit possible. Qu’on découvre un moyen de le rendre réel. Même s’il fallait pour ça pulvériser tout ce qui se mettait en travers du chemin.
Il paraît inutile d’essayer de se figurer des circonstances différentes. La méthode employée était trop compliquée, mais la nécessité était bien installée. En revanche elle n’était peut-être pas exactement ce qu’on imaginait…
Quoi qu’il en soit il est certain que ça mérite une attention un peu plus soutenue. Je n’ai pas l’impression que ce soit le détail qui pourrait tout changer, mais il est vrai que ça paraît plutôt désordonné…
Hélas je ne vois pas où est la solution. Le mal est déjà fait, et les impératifs semblent contradictoires… La liberté d’autrui est un terrain sacré sur lequel on aura toujours tort de s’aventurer.
Ou alors il faudrait réussir à se faire une idée plus précise des forces en présence… Car il est bien certain que ce qui s’est passé ensuite était déjà présent. Il serait bon de deviner quelle influence ça avait.
Évidemment il faut aussi reconnaître ses torts. Mais dans ces conditions on ne fait jamais rien ! Et puis on ne peut pas s’accabler au hasard… Il faut d’abord savoir de quels torts il s’agit.
Car tout cela baignait dans une confusion à peine envisageable… L’ignorance était telle qu’on en est effrayé. Mieux vaut tout pardonner, et voir ce qu’on pourrait commencer à sauver.
Car il y avait du vrai. Il ne faut pas tout rejeter. D’autant qu’on sait très bien que le passé ne peut pas être modifié. À peine si on peut en changer l’interprétation. Et l’effacer ne sert à rien. Du moins aussi longtemps qu’on est embarrassé par ses fâcheuses conséquences.
En fin de compte je vois bien que c’est plus important que je l’imaginais… Je reconnais avoir préféré faire l’impasse. De peur de me blesser ? Ou bien d’abandonner une position que j’estimais avantageuse ?
Cela revient au même. L’usage de la mauvaise foi démontre la faiblesse. Reste à savoir pourquoi il m’a paru utile de me protéger… Quelle était la faiblesse qui nécessitait une telle barricade !
Car j’aperçois de la détresse, et même un sentiment de panique profonde… Mais je ne suis pas sûr de n’avoir pas tout inventé. C’était surtout très compliqué. Beaucoup trop compliqué pour que je m’en souvienne. Et j’aurais bien aimé ne plus jamais avoir à m’en préoccuper. J’ai rangé ça dans le tiroir aux idées insensées, et je n’ai pas envie que ça revienne pour me bouffer l’existence. Je ne vois pas pourquoi je devrais assumer de si graves erreurs. Puisque c’est impossible, il vaut mieux renoncer, et ne plus en parler. C’est dommage, bien sûr, mais au moins ça permet de préserver la paix.

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