Et puis, te souviens-tu ? On pourrait en graver, des phrases maladroites… Tu vois très bien que rien n’est jamais arrivé comme tu le prétendais.
Que veux-tu que je fasse de la délicatesse ? Ça ne m’a pas mené où je le désirais. Alors faut-il que je renonce à tout ce que je veux ?
Arrête tes bêtises. Tout un paquet de mots ne fait pas une preuve. J’ai choisi mon chemin en toute liberté, et tu dois l’accepter.
Évidemment il y a des sources de malaise. C’est toujours embêtant de faire des victimes. On aimerait pouvoir ne jamais en arriver là. Mais suis-je responsable de ton obstination ?
J’ai eu la sensation qu’il valait mieux trancher que laisser la situation dégénérer. Que tu l’acceptes ou non, c’était en train de s’aggraver. Ça tournait mal, il y avait des signes alarmants. Je n’avais pas envie de me sentir coupable.
Et puis, bon. Les mensonges, c’est drôle cinq minutes ! Après, cela devient quelque peu humiliant.
J’ai toujours eu la sensation de faire ce qu’il fallait. La justification peut paraître bancale, mais elle est réaliste. Je me suis conformé à ce que je voyais. Et c’était loin d’être aussi facile que tu le dis !
J’ai donné tout ce que j’avais. Au-delà, j’aurais eu l’impression de tricher. Et j’ai du mal à croire que c’était là ce que tu attendais de moi !
J’ai eu du mal à faire ce que j’étais certain d’avoir envie de faire. Il y avait beaucoup d’obstacles devant moi. Ça ne justifie pas le mal que je t’ai fait, mais ça peut expliquer pourquoi j’ai dû le faire. Je n’avais pas le choix. C’était ça ou t’en faire sans doute davantage. Du moins était-ce ainsi que ça se présentait.
Au fond je pense que tu sais mieux que moi ce qui est arrivé. Il y a beaucoup trop de détails qui m’échappent. Et j’ai toujours eu l’impression que tu te jouais de moi. Pourquoi ? Je ne sais pas. Mais ta manière de faire était omniprésente. Ta signature. Et c’était si habile qu’il m’était impossible de résister.
Tu vois que moi aussi je pourrais t’en vouloir… Et pourtant, c’est curieux, mais cette idée n’a jamais pu s’installer tout à fait. Non que j’y sois hostile, mais ça me semble exagéré. Et puis, à quoi ça servirait ?
Il m’arrive de penser que je vais te rejoindre, et qu’enfin on pourra s’entendre et s’expliquer… Mais je ne suis pas sûr que cela soit une bonne idée. Qui sait ? Cela serait peut-être même pire… Le silence me paraît tout de même préférable à l’incompréhension.
Les routes ont divergé. Il faut se faire à cette idée. Certes, c’est difficile, mais au moins ça permet d’éviter le conflit. Je préfère rester sur un bon souvenir. Et j’aurais bien aimé que tu en fasses autant, que tu renonces à essayer de tout gâcher. Que tu aies tant de mal à te rendre à l’évidence me paraît incroyable. L’importance que tu accordes à cette histoire est simplement démesurée. Il n’y a jamais eu à en faire tout un plat. Il faut prendre la vie avec plus de douceur. Un tel acharnement me paraît criminel. Je ne vois pas du tout le plaisir que tu tires à te faire du mal.
Mais, bon. Je sais très bien que tu n’écoutes pas. C’est pourquoi il vaut mieux que je ne dise rien. Ça permet d’éviter d’envenimer les choses.
Des sources de malaise
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