Le doigt dans l’engrenage

C’est tellement débile qu’il vaut mieux renoncer à s’en préoccuper. Il serait mieux de réussir à rejoindre sa route.
C’est vrai qu’on exagère, qu’on n’a jamais chuté aussi profond que ça… Cependant il subsiste une impression troublante… Et si c’était plus proche de la vérité qu’on est prêt à le croire ? Car au moins on voudrait savoir à quoi ça sert, toutes ces dérisions !
C’est davantage qu’une ivresse, et pourtant c’est encore trop petit pour durer. On aura beau se faire du mal, on ne pourra jamais montrer tous les détails. Quant à se retourner pour compter les cadavres… Il paraît plus aisé d’effacer le passé.
On avait oublié où était la vertu. Du moins l’affirmait-on à ceux qui insistaient. On ne voulait plus rien savoir. On aimait toujours mieux ce que l’on possédait que ce qu’on nous donnait. Et de toutes façons c’était trop compliqué. Ça ne méritait pas qu’on y fasse attention. Ils étaient bien gentils, mais on ne voulait pas mettre le doigt dans l’engrenage.
Et puis on n’aimait pas qu’on prétende venir nous donner des leçons.

Et moi j’ai juste envie de partager tout ce que j’ai ? Je ne sais pas. Il est certain que j’aime être celui qui sait, et que j’estime être capable de dire où est la vérité. Je n’ai pas l’impression de l’avoir falsifiée.
Peu importe après tout. J’ai fait ce que j’ai pu, et je n’ai pas besoin d’insister davantage. J’ai juste à continuer de faire de mon mieux. Tant pis pour ceux qui ne sont pas capables d’apprécier ce que je leur ai offert.
Je suis troublé, c’est sûr, mais pas désespéré. Je dois pouvoir trouver moyen de continuer ce que j’ai commencé. Je n’ai pas de raison de me laisser abattre. Quant à mes sentiments, j’en fais ce que je veux. Je peux les nuancer autant que ça me plaît. C’est à moi de juger de leur utilité.
Je sais que je ne suis pas où je devrais être. Je sais que je ne vis pas comme il faudrait vivre. Que je devrais changer pour être toléré. Et très honnêtement c’est ce que je désire. Mais ça ne se fait pas aussi facilement qu’on le prétend. Je suis trop fatigué, embarrassé de préjugés. Je ne sais pas à qui je devrais obéir, ni même si je serais capable de le faire. Je voudrais que l’on m’aide, ne pas avoir à surmonter de telles difficultés.
Je voudrais retrouver tout ce que j’ai perdu. Un peu de liberté, et puis beaucoup d’amour et de compréhension. Ne serait-ce qu’un petit peu d’encouragement.

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