Être plus conciliant

Car il y a beaucoup de choses insensées se déroulant au même instant… Ce qui bien sûr finit par sembler fascinant !
Tout compte fait, on ne voit pas où serait l’intérêt de se croire immortel… Mais ça n’a rien à voir ? Disons que ce n’est pas entièrement gentil… Et puis qu’on aimerait que ce soit plus facile.
C’est vrai qu’on ne peut pas se consacrer à soi et garder le contrôle de tout ce que l’on fait… Il faut s’en occuper, mais pas le laisser faire absolument n’importe quoi. Surtout quand il commence à être suicidaire !
« Les miroirs devraient réfléchir, avant de renvoyer l’image… » La question n’est pas là. L’ensemble du débat doit être déplacé. Mais alors quel chemin devra-t-on emprunter ?
C’est terrible, ce vide, là où on a besoin de se croire soutenu… C’est terrible, et pourtant cela semble normal. Comme si c’était exactement ce que l’on attendait. Il y a beaucoup trop de choses à ranger. On n’a plus le courage d’en faire l’inventaire.
Ce qui paraît certain, c’est que l’on a choisi de tout comprendre de travers. On a interprété suivant ce qu’on voulait. On a gommé ce qui gênait, ou on l’a transformé. Et le plus ridicule est qu’on a juste réussi à se tromper de cible. Ce qui paraît quand même un peu décourageant !
Cependant il faut bien aller au bout de soi et de ses illusions si on veut se connaître ! L’erreur est de s’y attarder, de s’y laisser piéger. Pas de les explorer ! Et puis le piège est agréable, du moins la plupart du temps… C’est même ainsi qu’on peut s’apercevoir que c’est un piège. Ce qui tend à prouver qu’il ne faudrait jamais chercher à se satisfaire ? Je n’ai pas l’impression que ce soit préférable. Il y aurait de quoi perdre tout enthousiasme.

Plus près de soi, plus près… Il y a tout de même quelque chose qui ressemble à de la lassitude. De l’exaspération. « Ça commence à bien faire, cette sourde bêtise ! » semble-t-on toujours dire… On sait qu’on n’a aucun moyen de répression, mais on en a assez de croire n’importe quoi. On ne va pas tarder à se fâcher tout rouge, ou du moins à cesser d’accepter de plier. N’a-t-on vraiment aucun moyen d’imposer notre loi ? Ce que l’on a appris n’est-il pas suffisant pour gagner la partie ? Ne serait-il pas temps de se faire respecter ?
Mais on a essayé, et ça n’a pas marché… On n’est pas convaincu. On hésite beaucoup. On veut bien essayer de faire encore mieux. On se soumet pour le plaisir de ne plus être soi. On irait jusqu’à en crever, si ça faisait moins mal ! On pense encore pouvoir embrouiller l’adversaire avec des compromis… On imagine avoir des ressources de ruse qui vont le stupéfier ! On juge que le temps n’est pas encore venu de montrer tout ce que l’on sait. D’autant qu’on n’est pas sûr que tout cela soit vrai… Qu’on se surprend souvent à rêver éveillé… À préférer mentir qu’accepter de penser que l’on s’est égaré… Où est la vérité ? Quelque part dans le sac, et tout est mélangé… On ne va pas tarder à se creuser un trou en espérant n’avoir jamais à en sortir. On y sera frustré, mais très bien protégé ! On pourra inventer toutes les vérités qui nous arrangeront. Et oublier tous les ingrats qui nous veulent du mal. Qui prétendent savoir ce qu’il faudrait qu’on fasse pour être satisfait.

Sans doute faudrait-il se décider à négocier. Tout semble démontrer que cela va finir par être nécessaire. Non pas se justifier, mais prouver qu’on est sûr de ne pas se tromper. Ou alors s’écrouler, si ce n’est que du bluff. Ce qui reste possible ! Au moins montrer comment on s’est déterminé. Ce que ça a coûté, ce qu’on y a gagné. Exposer le bilan. Montrer en quoi les conclusions que l’on en a tirées étaient inévitables. Qu’au moins on sache à quoi on joue, et avec quels atouts !
Deviendrait-on soudain beaucoup moins amical ? Aurait-on des secrets que l’on tient à cacher ? Des falsifications qu’il vaut mieux retirer de la circulation ? Ça devient excitant ! Et même très plaisant ! Nul doute qu’il s’agisse d’un très bon filon !
Mais tout cela demande à être encouragé… Il y a une sorte de timidité… Et puis des liens toujours sensibles, que l’on craint de trahir… On ne veut pas livrer son âme aussi facilement ! C’est bien compréhensible. Et puis il faut une méthode, une justification, un quelconque prétexte, une occasion de s’exprimer… Quelque chose qui n’ait pas l’air trop humiliant… Se sentir en confiance… Savoir qu’il n’y a pas de châtiment à craindre… Ça fait beaucoup de conditions ! Mais enfin, en cherchant, ça doit être possible… Il suffit d’accepter de se faire plaisir… Relâcher la pression… Être plus conciliant… Cesser de se méfier, de se barricader… En vérité on doit pouvoir même en faire un roman ! Ainsi on n’aurait pas trop l’impression de s’exposer… On pourrait raconter qu’on n’est pas concerné… On pourrait même se corriger au fur et à mesure, s’il advenait qu’on s’est trompé… Et ce ne serait pas comme si on mentait… Ce serait un moyen de faire passer la sauce… Un emballage cadeau… Quelque chose de doux, et de pas trop compromettant… N’a-t-on pas déjà constaté les nombreux avantages de ce procédé ? Il semblerait idiot de refuser d’en profiter !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire