Allons, soyons sérieux. Ce ne sont que des blagues. Ce n’est pas avec ça qu’on va reconstituer la muraille de Chine.
C’est une limousine dont la portière manque ? Ce qui est sûr, c’est qu’on ne voit pas où cela nous mène.
Le moindre pas me coûte. Et il est sûr qu’à force c’est un peu gênant. Comme si je ne voulais pas participer ? Disons que le costume semble un peu mité. C’est plein de trous, de contresens. Ça ne peut pas marcher.
J’ai vu ce calme légendaire. Je ne l’ai pas rêvé, ni même imaginé. Et depuis lors j’essaie d’en faire profiter tous mes colocataires. J’essaie de leur montrer où est la vérité. J’ai touché le réel avec mes doigts épais.
Évidemment, je suis bossu. Je suis tout déformé. Je ne peux que le constater. Mais ça n’infirme pas ce que j’ai à montrer. Cela n’a rien à voir. C’est me faire un mauvais procès.
Je vois très bien à quel moment cela s’est mis à déconner. Mais qui veut m’écouter ? Qui est prêt à comprendre ce que j’ai à transmettre ?
Évidemment je suis coupable d’être trop maladroit. Je ne suis pas capable de tout assumer. Ce que je sais me pèse. La charge est bien trop lourde pour mes frêles épaules. J’y travaille, bien sûr, mais bien trop lentement. Mais enfin ne peut-on me faire un peu confiance ? Pourquoi me juge-t-on selon les apparences ? Pourquoi veut-on me faire entrer dans un moule préfabriqué ?
C’est une limousine dont la portière manque ? Ce qui est sûr, c’est qu’on ne voit pas où cela nous mène.
Le moindre pas me coûte. Et il est sûr qu’à force c’est un peu gênant. Comme si je ne voulais pas participer ? Disons que le costume semble un peu mité. C’est plein de trous, de contresens. Ça ne peut pas marcher.
J’ai vu ce calme légendaire. Je ne l’ai pas rêvé, ni même imaginé. Et depuis lors j’essaie d’en faire profiter tous mes colocataires. J’essaie de leur montrer où est la vérité. J’ai touché le réel avec mes doigts épais.
Évidemment, je suis bossu. Je suis tout déformé. Je ne peux que le constater. Mais ça n’infirme pas ce que j’ai à montrer. Cela n’a rien à voir. C’est me faire un mauvais procès.
Je vois très bien à quel moment cela s’est mis à déconner. Mais qui veut m’écouter ? Qui est prêt à comprendre ce que j’ai à transmettre ?
Évidemment je suis coupable d’être trop maladroit. Je ne suis pas capable de tout assumer. Ce que je sais me pèse. La charge est bien trop lourde pour mes frêles épaules. J’y travaille, bien sûr, mais bien trop lentement. Mais enfin ne peut-on me faire un peu confiance ? Pourquoi me juge-t-on selon les apparences ? Pourquoi veut-on me faire entrer dans un moule préfabriqué ?
Vais-je finir par dire que j’ai tout inventé ? Vais-je avouer tous mes péchés ? Vais-je devoir abandonner mon âme sur la table pour être pardonné ? Serais-je si mauvais ? Va-t-on me refuser le droit de me mouvoir jusqu’à ce que je sois complètement neutralisé ? N’y a-t-il pas d’issue un peu plus sympathique ?
En vérité ça m’est égal. Je reconnais sans peine être désespéré. Je reconnais sans peine avoir abandonné tout espoir d’être aimé. Et puis m’être complu et me complaire encore au rôle de victime. Avoir livré mon âme sans la marchander et depuis refusé de la récupérer. Pour ce que ça me coûte ! « Car l’amant d’une fée n’a pas à la juger. » Et mon cœur bat encore au rythme des regrets. Cela aurait pu être une si belle histoire ! Mais j’ai compris trop tard le mal que j’avais fait. Et puis je n’ai pas su me faire pardonner. Alors, le reste, après… Tout cela me paraît dépourvu d’intérêt. Tout s’est passé comme si j’avais voulu ma propre perte. Je n’ai pas mesuré la chance que j’avais. J’ai voulu davantage. Le tout et son contraire. J’ai voulu tout gober, et j’ai tout massacré. Comment pourrais-je faire pour me le pardonner ?
Après ça, réussir, essayer de gagner… Qu’on me rende d’abord ce que j’ai égaré. Qu’on me laisse penser qu’il y a une chance. Que tout n’est pas perdu. Qu’on me laisse l’aimer autant que je le veux. Sinon, à quoi bon vivre ? Je veux bien essayer, mais j’ai perdu la foi. Mon âme est prisonnière, et je n’ai pas le droit de la revendiquer. La balance est faussée. Il faut d’abord que je rachète un par un mes péchés. Et la liste en est longue ! Je dois me prosterner. Offrir toutes les fleurs que je peux inventer à la divinité. Je dois attendre qu’elle accepte de me pardonner. Qu’elle me dise que nous deux restera éternel. Qu’il restera toujours pour moi dans son cœur une place. Que mon amour n’est pas entièrement perdu. Qu’elle l’entend, le comprend et l’approuve. Qu’elle ne me considère pas aussi mal que je le pense. Qu’il y a entre nous quelque chose qui mérite que je donne le meilleur de moi-même. Que je suis un peu plus qu’une erreur de parcours. Qu’elle regrette l’attitude blessante qu’elle a eu à mon égard. Qu’elle renonce à me faire croire qu’elle ne m’aime plus, et que je suis fautif de ne pas l’accepter. Qu’elle me dise enfin ce qu’il faut que je fasse pour trouver grâce à ses yeux. Qu’elle me laisse encore jouer avec son corps, lui prouver que je l’aime ? Je n’ose pas le demander. J’ai trop honte de moi pour lui imposer ça.
Ma dette est lourde, bien trop lourde. Je ne vois pas comment je pourrais rembourser. Je donne ce que j’ai, mais ça ne suffit pas… Comment faire pour donner tout ce que je n’ai pas ? Puis-je le conquérir en espérant le lui offrir ? Comment faire si je suis par avance coupable de désirer l’aimer ? Si tout ce que je fais est préjugé mauvais ? Et surtout, comment faire pour retrouver la foi, l’espoir de réussir ?
En vérité ça m’est égal. Je reconnais sans peine être désespéré. Je reconnais sans peine avoir abandonné tout espoir d’être aimé. Et puis m’être complu et me complaire encore au rôle de victime. Avoir livré mon âme sans la marchander et depuis refusé de la récupérer. Pour ce que ça me coûte ! « Car l’amant d’une fée n’a pas à la juger. » Et mon cœur bat encore au rythme des regrets. Cela aurait pu être une si belle histoire ! Mais j’ai compris trop tard le mal que j’avais fait. Et puis je n’ai pas su me faire pardonner. Alors, le reste, après… Tout cela me paraît dépourvu d’intérêt. Tout s’est passé comme si j’avais voulu ma propre perte. Je n’ai pas mesuré la chance que j’avais. J’ai voulu davantage. Le tout et son contraire. J’ai voulu tout gober, et j’ai tout massacré. Comment pourrais-je faire pour me le pardonner ?
Après ça, réussir, essayer de gagner… Qu’on me rende d’abord ce que j’ai égaré. Qu’on me laisse penser qu’il y a une chance. Que tout n’est pas perdu. Qu’on me laisse l’aimer autant que je le veux. Sinon, à quoi bon vivre ? Je veux bien essayer, mais j’ai perdu la foi. Mon âme est prisonnière, et je n’ai pas le droit de la revendiquer. La balance est faussée. Il faut d’abord que je rachète un par un mes péchés. Et la liste en est longue ! Je dois me prosterner. Offrir toutes les fleurs que je peux inventer à la divinité. Je dois attendre qu’elle accepte de me pardonner. Qu’elle me dise que nous deux restera éternel. Qu’il restera toujours pour moi dans son cœur une place. Que mon amour n’est pas entièrement perdu. Qu’elle l’entend, le comprend et l’approuve. Qu’elle ne me considère pas aussi mal que je le pense. Qu’il y a entre nous quelque chose qui mérite que je donne le meilleur de moi-même. Que je suis un peu plus qu’une erreur de parcours. Qu’elle regrette l’attitude blessante qu’elle a eu à mon égard. Qu’elle renonce à me faire croire qu’elle ne m’aime plus, et que je suis fautif de ne pas l’accepter. Qu’elle me dise enfin ce qu’il faut que je fasse pour trouver grâce à ses yeux. Qu’elle me laisse encore jouer avec son corps, lui prouver que je l’aime ? Je n’ose pas le demander. J’ai trop honte de moi pour lui imposer ça.
Ma dette est lourde, bien trop lourde. Je ne vois pas comment je pourrais rembourser. Je donne ce que j’ai, mais ça ne suffit pas… Comment faire pour donner tout ce que je n’ai pas ? Puis-je le conquérir en espérant le lui offrir ? Comment faire si je suis par avance coupable de désirer l’aimer ? Si tout ce que je fais est préjugé mauvais ? Et surtout, comment faire pour retrouver la foi, l’espoir de réussir ?
« Regarde là, au fond : le vois-tu, l’entonnoir que la vie te promet ? » Après tout, je m’en fous, qu’on s’amuse de moi. Je l’ai sans doute mérité. Je suis trop lent à la détente. Beaucoup trop compliqué. Et d’un égocentrisme à peine imaginable ! C’est si lourd que je suis forcé de décrocher. Je ne peux pas tout assumer. Je suis certain qu’il y a une erreur quelque part. Je ne vois pas pourquoi on me veut tant de mal. Si c’est ça, je préfère jouer contre les règles. Ainsi au moins on sera bien forcé de m’accepter. Ne serait-ce qu’en tant qu’agent perturbateur. Quand j’aurai réussi à franchir le barrage, je pourrai devenir un peu plus conciliant.
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