Trouver l’accord parfait

À propos de l’attrait, des mille séductions des diables associés… Cette élégance folle, cette grâce spéciale… Il n’y a pas besoin de creuser loin pour ça. C’est là, juste devant, en travers du chemin. On se laisse absorber sans même regarder.
Déplaçons le problème. Ne nous attardons pas à ce qui nous dérange. Il vaut mieux reculer et se recomposer une attitude respectable.

Les quelques perspectives que l’on a entrevues semblent intéressantes. Ce même s’il s’agit de l’arbre cachant la forêt. En revanche j’ignore pourquoi je ne peux pas en parler librement… Il y a l’émotion, la confusion, le trouble… De quoi se fabriquer une large incertitude ! Quant au goût du secret… Il paraît difficile de le surmonter, du moins pour le moment. Heureusement je sais que cela va se dégager !
Je ne crois pas qu’il y ait un véritable obstacle. Je n’ai pas l’impression d’être pénalisé. Il y a abondance de phénomènes à décrire. Mais ce sont là des choses dont on ne parle pas… Même si on est certain que personne n’écoute.

L’abstinence me pèse, je ne peux pas le nier. Et la timidité. Mais ça, c’est loin d’être nouveau ! Et j’ignore comment je pourrais en sortir… J’en rêve, évidemment, mais ça n’avance pas. Encore s’il s’agissait d’une sorte de péché… Mais là, comment lutter ? Même si c’est gênant, ça ne déclenche pas de culpabilité. C’est juste embarrassant… Ça ne va pas plus loin que le temps d’y penser. Ça ne provoque pas de souffrances intenses. À peine de la honte, et encore… Au fond, cela paraît tout à fait légitime. Normal. Cohérent. Au moins cela évite de se faire du mal. De déranger l’ordre établi. Même si celui-ci est loin d’être commode ! Qui est-on pour juger ? En fin de compte il est beaucoup plus confortable de ne pas y songer.
Certes, on aimerait bien s’ouvrir un peu le cœur… Trouver quelqu’un à qui montrer ce qu’il y a dedans… Quelqu’un qui inspire confiance, sur qui on puisse compter… Mais, bon. On ne peut faire qu’avec ce que l’on a. Sans doute convient-il de moins se protéger. À force, on doit pouvoir trouver une oreille attentive… Sans pour autant abandonner l’espoir de s’épanouir… Sans se faire berner…
Bien sûr, il y a toujours des concessions à faire… Mais parfois cela vaut le coup ! Qu’importe ? Pour l’instant, l’horizon est bouché… Ou bien trop dégagé ? C’est vrai que ça ressemble à un large désert…Mais rien ne prouve que ce n’est pas un défaut de vision. Ce sont des choses qui arrivent, et qui sur le moment paraissent absolues… On a déjà assez vécu pour savoir que cela existe. Mais hélas pas assez pour savoir comment en guérir ? Disons qu’il faudrait être plus déterminé… Ce qui semble lié à la timidité. On sait par expérience que celle-ci disparaît quand on est décidé.
Va-t-on devoir y réfléchir durant plusieurs années ? On espère que non, mais comment le savoir ? Car la situation paraît très emmêlée ! Et il y a du flou partout… Sans compter quelques éléments vraiment très contrariants ! Assez pour susciter de très profondes inquiétudes ! Des plans et des combines plutôt envahissants ! Assez pour que l’on soit forcé de s’en préoccuper ! Et on n’a pas trouvé de balai assez grand pour balayer tout ça d’un geste négligent… Ça adhère au plancher ! Ça ne veut pas bouger !

Évidemment on est victime de l’incertitude… Et il y a de quoi ! dit-on pour s’excuser, comme s’il ne s’agissait que d’une sorte de procès… La vision est faussée. On refuse de croire aux perspectives proposées. Cela paraît trop beau ! On prétend qu’on y a pensé depuis longtemps, et qu’on a constaté que ça ne marchait pas… Que de toutes façons il est beaucoup trop tard… Qu’on ne pourra jamais refaire le passé… Qu’il vaut mieux renoncer que s’épuiser en vain… Cela paraît tourner sempiternellement dans sa petite ronde.
Pourquoi ne pas se contenter de parler d’autre chose ? Pourquoi continuer à s’exciter sur ce problème-là ? S’il n’y a rien à faire, il vaut mieux l’accepter. Ce qu’on a murmuré n’a pas la moindre chance d’être entendu un jour. À moins évidemment de se mettre à crier… Mais ça, c’est interdit. Du moins pour le moment. Cela déclenche trop d’intempestives conséquences. Des choses douloureuses, qu’on préfère éviter. Les chaînes sont trop lourdes, mais on n’a pas encore envie de s’en débarrasser. On veut les agrandir, les assouplir… Pas les briser. On ne tient pas du tout à en arriver là. On a tendance à croire que ce remède-là serait pire que le mal. On veut apprivoiser la liberté avec délicatesse… On préfère être protégé. On sait bien que l’on a dans le cœur des démons qu’il vaudrait mieux ne pas libérer. Même s’ils sont imaginaires, ils restent dangereux. On sait qu’il faut les surveiller, les empêcher de respirer.

Les désordres anciens ne sont pas des refuges. Sinon ça se saurait ! Mais il faudrait savoir pourquoi ils ont gardé une telle puissance… Pourquoi ils semblent encore si désordonnés. Depuis le temps on aurait dû trouver moyen de les ranger d’une façon commode… Aussi ça vaut le coup de les considérer, de comprendre pourquoi ils sont si insistants… Quelle était la leçon que l’on a refusée… Le cadeau pour lequel on n’a pas su à temps être reconnaissant… La question n’est jamais de tout recommencer ! Ce qui est fait est fait, et ça n’aurait probablement que fort peu d’intérêt… Mais il faut rendre les bagages un peu moins encombrants. Inventer la sérénité. Pouvoir se regarder et s’accepter tel que l’on est. Sans mensonges, sans craintes. Sans douleurs à cacher. Trouver l’accord parfait. Sans remords ni regrets. Et on sait que l’oubli n’est pas la solution. Sinon on l’aurait déjà fait. Il faut tout mettre en œuvre pour rejoindre la paix. Même s’il faut pour ça perdre les avantages que l’on a cru trouver. Ne sait-on pas déjà que l’essentiel ne peut jamais être égaré ? Et que le superflu peut être sacrifié ?

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