Protégez-nous de nous

D’où vient la sensation d’avoir à déplacer quelque chose de lourd ?

Il semble qu’il n’y ait plus moyen de répondre aux multiples questions qu’on aime se poser ?

Le plaisir de souffrir ne peut rien expliquer. Il y a forcément autre chose derrière.

Va-t-on devoir se consacrer à cette maladie avant de continuer ?

Ça déchire le cœur et le laisse en morceaux. Pour autant ce n’est pas un outil d’analyse absolument fiable ?

La sophistication aime à se faire passer pour de la répression, mais ses cris de détresse peuvent être entendus à mille lieues à la ronde… On a tant fait de drames qu’on ne sait plus lequel disait la vérité !

Ça fait mal, ça fait tellement mal ! Et pourtant on prétend y trouver de la joie ? Quelle folie est-ce donc là ?

On aimerait penser que ce n’est qu’un effet pervers de la lumière… Mais on ne voit jamais au-delà de l’obstacle. On est même incapable de l’imaginer !

Sans doute s’agit-il d’un genre de créature… Un esprit vénéneux. Qui par nécessité provoque des ruptures.

J’ai l’impression fâcheuse que tout le mal accumulé va un jour se montrer ? Mais non. Au pire, on va soudain prendre conscience du désordre, et en être effrayé. Ce qui évidemment peut paraître terrible, mais serait une chance.

Quoi qu’il en soit il y a lieu de se réjouir de ce regain d’espoir… Cela compense un peu les à-côtés pénibles de la prise de conscience. Et puis tout le paquet de misères sordides dans lequel on patauge.

Néanmoins on tremble debout des risques encourus… On sait qu’on a choisi, et on craint d’avoir pris trop hâtivement sa décision. On craint de réveiller des puissances obscures… On croit qu’il faut se préparer à affronter l’assaut des démons assoiffés et vengeurs.

Tout cela fait de la matière, si l’on savait qu’en faire… Mais on n’a pas encore saisi l’aspect sentimental de la définition ?

On est presque certain qu’on va se faire du mal. Ça ne saurait tarder. Et un mal qu’on ignore, dont on n’a pas idée. Que pèsent à côté nos petites misères ? Au moins, on les connaît. On y est habitué. On a appris à vivre avec, et à les supporter. On a fini par y trouver une sorte de plaisir ! Alors c’est dire !

Oui mais en même temps il y a de l’espoir. Quelque chose de grand, qu’on ne fait qu’entrevoir… Qui donne un sentiment de puissance infinie. C’est peut-être factice, mais pour l’instant c’est beaucoup mieux que ce que l’on connaît. C’est juste qu’on en est gravement perturbé… Ça fait des vagues, des menaces… On n’ose pas penser à ce qui risque d’arriver ! « Ô Seigneur notre Dieu, pavot de nos jardins… » Protégez-nous de nous !

Cela forme un ensemble du dernier comique… Cela montre surtout qu’il va falloir se dispenser de se perdre en agitation puérile et malfaisante !

Allons, soyons sérieux : on sait déjà comment retrouver l’équilibre. Sans doute même trop ! On connaît la routine jusqu’au bout de nos doigts ! Et on a décidé d’y échapper coûte que coûte !

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