De l’indéterminé

S’il y avait de l’espoir, on s’y retrouverait. Alors que là, vraiment… On navigue au jugé, sans visibilité.
Pourtant parfois ça semble proche, on a envie de croire qu’il suffirait de peu pour oser y toucher… Mais ça ne dure pas, ça s’efface aussitôt. De là cette impression constante d’être coincé, piégé. On attend que ça passe, mais ça ne passe pas. Et ça ne fait que s’aggraver.
Bien sûr il y a encore l’enfer à rattraper…Mais pourquoi cela doit-il mettre aussi longtemps ? Est-ce proportionnel à l’ampleur de la faute ? Que faudra-t-il encore subir avant de s’en sortir ? N’est-ce pas suffisant ?
Et surtout ça paraît terriblement débile. Ça semble dépourvu de sens. On n’a pas l’impression d’être vraiment contraint à aller vers le mieux. Plutôt encouragé à se laisser aller.
Sans doute s’agit-il encore de flottement. Pas de l’hésitation, mais presque. De l’indéterminé. On se laisse entraîner parce que pour le moment on n’est pas encore prêt à décider quoi que ce soit. Parce qu’on n’est pas certain de ce qu’il faudrait faire.
Et puis le décalage ne fait que s’accentuer… On est coupé du monde, et désormais on n’en reçoit plus aucune nouvelle.
Il est certain qu’il faut reprendre le travail là où on l’a laissé… De toutes façons on n’a aucun moyen de changer la situation. Alors pourquoi s’en inquiéter ? Il faut garder confiance, savoir que les méchants finiront par tomber. Et puis en attendant continuer de tout ranger. On en sera récompensé quand le moment viendra. Il faut le faire pour le plaisir, sans chercher un autre avantage.
Et puis, à quoi se fier ? Ça ne fait que passer sans jamais s’arrêter. Et souvent c’est dommage, et ça fait de la peine. On aimerait au moins pouvoir prendre le temps d’y goûter.

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