Inaccessible du dehors

Car il y a toujours l’idée d’une chambre des dames aux capiteux secrets… Qu’importe que je n’aie pas le droit d’y entrer ? En rêver suffit bien pour ce que j’ai à faire…

La première phase de son plan s’était passée sans heurts. Personne n’avait remarqué son action souterraine. Maintenant il allait falloir déterminer quelle ficelle tirer.
Néanmoins il était quelque peu déprimé. C’était trop simple, en vérité. Et le but qu’il avait visé ne lui semblait plus maintenant aussi intéressant qu’il se l’était imaginé. Autant dire qu’il souffrait que personne ne sache ce qu’il avait fait. Il voulait tirer gloire de ses bonnes actions. Et puis, éventuellement, des profits matériels… Il n’était pas incorruptible. Hélas personne ne semblait avoir envie de le corrompre. L’endroit où il vivait était pratiquement inaccessible du dehors. C’était très confortable, mais il y était seul. Ses amis les plus chers l’avaient abandonné. Ou plutôt c’était lui qui avait disparu. Il s’était effacé sans en avoir conscience, pensant être suivi. Et à présent il en était à pouvoir hurler dans la rue sans être remarqué. Le pire était qu’il continuait à échapper à l’attention d’autrui sans même le vouloir. C’était plus fort que lui, il fallait qu’il se cache, qu’il multiplie les faux-semblants. Le tout avec un cœur plein d’amour et de peine. Il voulait partager, donner ce qu’il avait, mais il ne savait pas comment se faire entendre.

Ce n’est pas une histoire qu’on pourrait raconter avec facilité. Il y a trop d’invraisemblances, trop d’exagérations. Il faudrait que ce soit beaucoup plus réaliste, qu’il y ait des détails, des décors, de l’action. Il faudrait que ce soit au lecteur de déduire, lui laisser le plaisir de comprendre lui-même ce qu’il y a à comprendre. Que l’on soit transporté dans un autre réel. Mais il faudrait savoir quel est le sentiment qui se met en travers. Quels sont les interdits et les obligations. Quelle forme a le conflit que pour l’instant on ne fait que reconstituer sans parvenir à le sentir. Ce que l’on croit gagner en le dissimulant. Ce que l’on croit pouvoir sauver.

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