Entre deux impossibles

Ça fait longtemps que ce ne sont plus vraiment des dérives… Et pourtant ! Disons pour simplifier qu’il y a des ambiguïtés qu’on devrait dissiper. Mais qu’on est habitué à les juger avec une certaine complaisance…
À quoi bon essayer de reconstituer ce qu’on a égaré ? Tout change de valeur. On sait bien que le jeu ne vaut pas la chandelle. Et pourtant… On a aussi besoin de récapituler. Ce n’est pas de la nostalgie, mais un désir de liberté. C’est ainsi que les liens pourront être défaits. Mais croire qu’on va pouvoir recommencer et réussir là où on a échoué n’est que pure vanité. De toutes façons c’est un mensonge. Le passé n’est pas un but en soi. Ce sont les traces qu’il a laissées qui créent le besoin de s’en préoccuper. Ce sont ses conséquences, qui posent des problèmes. Tous les engagements, les coups de griffe dans le cœur. Là où on a cédé, où on a renoncé à se déterminer. Où on a abdiqué.
Certes on voudrait savoir pourquoi on a cru bon de se faire du mal… Mais il est clair que sur l’instant ça semblait préférable. Ça permettait de se sortir d’une situation encore plus douloureuse. On a eu à choisir entre deux impossibles. On a eu à faire face à d’énormes conflits. Du moins était-ce ainsi que ça se présentait.
Mais, des difficultés, on en voit tous les jours… Et il faut bien avouer qu’elles paraissent cruelles. Comme si on estimait ne pas être payé du mal qu’on s’est donné. Alors on se décide à ne plus négocier. Quitte à souffrir et à gémir de l’incapacité. Au moins ainsi on croit ne pas se laisser faire. Mais où a-t-on pêché qu’il fallait être dur pour se faire respecter ? Et puis tient-on vraiment à se faire respecter ? On veut juste être aimé, encouragé, aidé… Le tort que l’on s’inflige n’est pas la conséquence de notre insuffisance. On a cru bon de se faire mal, on s’y est attaché. On a cru que c’était une bonne combine. Qu’ainsi on n’avait pas à se justifier. C’est le choix initial, qui est à modifier. Ainsi ce qu’on a fait pour le sauvegarder perdra son importance et son utilité.
Ça paraît con, ça paraît long, mais il faut bien trouver un moyen d’échapper à la malédiction dont on est accablé. Si on n’a pas d’autre pouvoir que celui qu’on fabrique, il faut bien décider de se l’approprier.
Oui mais on craint de perdre ce qu’on a gagné ? Mieux vaut y renoncer. Ainsi on n’aura pas à craindre de le perdre.

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