Livré aux vents mauvais

Est-il besoin de finasser ? Je connais tous les tours que vous pourriez jouer.
À quoi bon s’attacher à cette vérité soi-disant mémorable ? Le coupable est celui qui accepte de l’être.
Il faut toujours chercher à s’extérioriser, et ne manipuler que des objets légers. Présumer de ses forces est sans utilité.
On ne m’a pas menti, mais on m’a dérangé. J’avais beaucoup à faire, et j’ai été forcé de tout laisser tomber.
Je ne sais pas pourquoi ça me semble si grave. Car je suis sûr qu’au fond c’est plutôt rigolo. On est toujours puni par où on a péché.
Bien sûr je n’aurais pas dû lui faire confiance… Mais cela paraissait une si bonne solution ! Comment aurais-je pu en deviner les conséquences ?
Et puis autant admettre que tous les torts étaient de mon côté. J’avais perdu ma route depuis si longtemps que je ne savais plus ce que je devais faire. J’étais livré aux vents mauvais. Ce qui tend à prouver que le bilan de l’expérience est plutôt positif.

C’est comme si j’avais à cacher un cadavre. Et pourtant c’est absurde, car je ne vois pas qui est censé être mort. Ma jeunesse, peut-être ? Ou bien mon innocence ? Et si c’était plutôt un lien sentimental ?
De toutes façons je sais que ce que j’ai à faire est bien trop compliqué pour que je réussisse. Il y aurait tant et tant de phénomènes à montrer ! Je ne suis pour l’instant pas réellement tenté par la subtilité.
Toutefois c’est idiot, d’accumuler des preuves négatives. Pourquoi faut-il absolument que ce soit impossible ? Qui donc a décidé que cela devait l’être ? Ne pourrait-on pas s’amuser à prouver le contraire ? Ne peut-on démontrer que la difficulté n’a jamais existé ?
Évidemment on a d’excellentes raisons de préférer l’échec… L’ennui étant qu’on a du mal à le justifier ! Car à la vérité nos raisons ne sont pas tout à fait présentables… C’est difficile à assumer, et surtout la tactique paraît inefficace. Ce qu’on croit protéger est déjà égaré. On n’a aucune chance de le retrouver. La sotte obstination n’a pas grand-chose à voir avec la détermination. À quoi bon s’acharner ? Il faut bien avancer, pour espérer gagner ! En conséquence il faut d’abord tâcher de reprendre confiance. Ou plutôt s’efforcer de mieux utiliser celle qu’on a déjà. Le mauvais caractère a trouvé sa limite. Il est grand temps d’envisager d’utiliser des stratégies beaucoup plus efficaces.

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