Et trancher, redouter, refouler l’espérance… Ne pas être embaumé vivant… C’est comme une détresse, un monde parallèle où l’on n’a rien à dire… Où l’on a oublié qu’on ne connaissait rien. Où l’on perdrait les privilèges que pourtant on redoute. Où on serait forcé de changer de méthode, de n’être plus celui qui dit la vérité.
Tout se mélange cependant. Il y a quelque chose qui s’avance dans l’ombre. On est forcé de répéter qu’on n’aura jamais peur, quoi qu’il puisse se passer. Le courage est partout, mais on ne le voit pas. On a gagné une médaille dont on n’a pas usage.
Ou alors être sûr de ne pas être dépouillé de ce qu’on a gagné. Se retirer serein, emportant son butin, comme un seigneur de guerre. Qu’au moins on ne soit pas forcé de s’humilier.
C’est si gentil, pourtant. Ça ne fait pas de bruit. On pourrait s’endormir sans cesser d’y penser et de remercier.
Après tout, on s’en fout ? C’est vrai que ça paraît tellement compliqué qu’on se dit qu’il vaut mieux ne pas s’y attacher. Les athlètes seront toujours récompensés. Puisqu’on est décidé à ne pas faire usage de brutalité… Puisqu’on aura toujours mille cadeaux à distribuer… Puisqu’on a terminé ce qu’on est venu faire…
Pourquoi a-t-il fallu abandonner son vieux manteau pour pouvoir continuer ? Pourquoi a-t-on été forcé de faire tant de compromis ?
Le paradis perdu aurait pu devenir une réalité. On aurait simplement fait ce que l’on aimait. On aurait arrêté de redouter la vérité.
Oh ! on voudrait gagner le droit d’être comblé. On aimerait que les promesses s’accomplissent enfin. On voudrait y goûter, pour voir si c’est si bon que cela semble l’être… On voudrait s’y plonger, s’y perdre et divaguer… Savoir qu’on n’a pas fait tout ce chemin pour rien. Que l’espoir était bien là où on le voyait. Et le reste, vraiment… Ça n’a de l’importance que si on peut le partager. Que si la joie devient l’unique vérité.
Ne pas être embaumé vivant
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