Le bon état d’esprit

C’est plutôt par rapport à la situation que je ne parviens pas à me déterminer. Je vois bien que je m’y prends mal, que je n’ai toujours pas trouvé le bon état d’esprit, mais… Je crois que je recherche une façon de voir que je ne connais pas. Du moins pas pour l’instant. La bonne attitude. En revanche j’ignore pourquoi je l’ai perdue. Apparemment ce sont les éléments nouveaux qui ne sont pas assimilés. Le fait de me savoir capable de faire mon travail change beaucoup de choses. Même si je sais que je suis loin de le faire correctement. Il reste que ça semble extrêmement plaisant. Mais que ce sentiment doit être dépassé. C’est de la suffisance. Un certain contentement. Me manque l’impression d’avoir à faire mes preuves. Cela va revenir, mais je ne sais pas quand. L’inconvénient est que cela me ferme l’horizon. J’ai l’impression de tourner en rond. Comme si je craignais de sortir des sentiers battus. Il faut oser rejoindre le caprice suivant, tenter de digérer de nouvelles influences. J’ai l’impression d’avoir à franchir un obstacle, mais je sais que c’est moi qui l’ai imaginé. C’est ma timidité qui invente l’obstacle.
Cependant je sais bien que j’ai encore besoin de me construire une opinion à propos du réel. Il faut une position stable, un rôle bien défini. Il faut prendre parti, s’exposer, s’engager. Croire avoir découvert une bonne solution. En conséquence il faut cesser de la chercher. Elle est déjà trouvée. C’est à partir de là que je dois avancer.

C’est assez amusant, c’est assez assommant, mais c’est certainement surtout assez méchant. Pas moyen d’échapper au mauvais caractère. Ça me gonfle pour rien. Je ne vois pas pourquoi je tiens à me détruire. J’ai fait je crois le tour de mes bonnes excuses, et celles-ci ne font pas un joli costume. Même mes souvenirs semblent m’avoir abandonné. À quoi puis-je me fier dans ce désert glacé ? Rien ne me semble avoir tellement d’importance, et pourtant tout m’emmerde.
C’est peut-être de ça dont je voudrais parler. Sortir tout ça de moi, et le coller sur le papier en lourdes taches grasses. Sans justifications, sans guirlandes, sans fleurs. Sans faire le moindre effort pour que ce soit joli. Cela pourrait peut-être faire un roman noir, quelque chose de glauque, de vraiment salissant. Mais, bon. Il est au moins certain que ce n’est pas pour aujourd’hui. J’aurai beau répéter qu’il faut que je le fasse, ce n’est pas comme ça que j’y arriverai.

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