Mais quoi ? Il n’y a plus qu’à se laisser mourir ? Il n’y a pas le moindre espoir que ça s’arrange un jour ? Il faut se préparer à l’anéantissement ?
Pourtant on a cru bon de capitaliser, de se bâtir une œuvre… Le système est coriace, mais pas imperméable ! Il suffit de creuser avec obstination dans la même direction pour trouver la lumière.
C’est vrai qu’on a erré dans d’étranges couloirs, qu’on a frappé en vain sur une porte condamnée… Mais enfin il n’y a pas de quoi renoncer !
Il y a encore énormément de choses à ranger. On sent qu’on s’est éparpillé, et qu’il faudrait tout ramasser. Et puis on a quand même des manques à combler… Mais, justement. Voilà une raison de mieux s’organiser. De fignoler sans s’arrêter.
Le plus enquiquinant est qu’on aimerait bien ne plus jamais avoir de combats à livrer… Ne plus jamais avoir à se défendre. Mais là aussi il doit s’agir de mieux s’organiser. Si tout est bien déterminé, on n’a pas à se protéger.
On ne va pas tarder à se croire arrivé en pays de Cocagne. Car on a commencé à poser des jalons. Le brouillard se disperse petit à petit. Et ce qu’on aperçoit est assez fascinant ! Il y a encore des traces de stupidité, mais on peut deviner que ça va disparaître. Il faut juste inventer le goût de s’amuser. De la légèreté. Et enfin retrouver l’appétit de survivre.
En pays de Cocagne
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