Et, dans ces conditions, à quoi bon insister ? Tout semble su, déjà. C’est à se demander pourquoi ça ne produit pas d’effets plus visibles ! Mais pourquoi faudrait-il absolument que ça produise des effets visibles ? Serait-il interdit d’agir discrètement ?
Bien sûr cela paraît trop beau pour être vrai. Mais, s’il fallait toujours répondre à la provocation, on n’en sortirait pas. C’est ce qu’on veut, qui compte, et non ce qu’on attend de nous. Il semblerait stupide d’exposer ce qu’on sait sans en tirer profit. Et le meilleur des profits n’est-il pas d’entretenir et de développer nos capacités ?
Cependant il y a des oublis à combler. Ce qui tombe du ciel ne tombe pas tout seul. On peut toujours décrire l’existence en détail. Sans même être obligé de se justifier. Simplement pour la simple joie de témoigner. Pour se débarrasser des valises trop lourdes. Pour essayer de retrouver l’innocence perdue.
Oui mais cela paraît difficile à montrer. Et la difficulté n’est pas due au langage, comme on voudrait le faire croire. Il y a d’évidentes causes sentimentales. Des émotions secrètes, qu’on tient à préserver. Les meilleurs souvenirs semblent les plus fragiles. On craint de les trahir, de les désenchanter. Même s’il n’y a plus personne pour donner la réplique. Même si ce qu’on protège est vraiment très mal vu.
Bien sûr cela paraît trop beau pour être vrai. Mais, s’il fallait toujours répondre à la provocation, on n’en sortirait pas. C’est ce qu’on veut, qui compte, et non ce qu’on attend de nous. Il semblerait stupide d’exposer ce qu’on sait sans en tirer profit. Et le meilleur des profits n’est-il pas d’entretenir et de développer nos capacités ?
Cependant il y a des oublis à combler. Ce qui tombe du ciel ne tombe pas tout seul. On peut toujours décrire l’existence en détail. Sans même être obligé de se justifier. Simplement pour la simple joie de témoigner. Pour se débarrasser des valises trop lourdes. Pour essayer de retrouver l’innocence perdue.
Oui mais cela paraît difficile à montrer. Et la difficulté n’est pas due au langage, comme on voudrait le faire croire. Il y a d’évidentes causes sentimentales. Des émotions secrètes, qu’on tient à préserver. Les meilleurs souvenirs semblent les plus fragiles. On craint de les trahir, de les désenchanter. Même s’il n’y a plus personne pour donner la réplique. Même si ce qu’on protège est vraiment très mal vu.
Il avait essayé, et avait échoué. Il ne lui restait plus qu’à devenir un autre. Tout ce qu’il pensait être était jugé mauvais. Et il savait qu’il y avait de quoi le juger tel. Il voyait bien qu’il n’avait pas choisi le bon chemin. Qu’il était arrivé au bout de ses ressources. Qu’il fallait tout changer s’il voulait continuer. Qu’il était incapable de réaliser ce qu’il avait rêvé. Qu’il avait mérité tout le paquet d’ennuis qui lui était tombé dessus. Que même ses idées les plus inoffensives étaient encore trop prétentieuses. Que depuis le début il avait refusé de voir la vie telle qu’elle était. Mais par où commencer ? Ce qu’il avait à faire lui paraissait énorme. Pas vraiment impossible, mais disproportionné. Il fallait qu’il essaie d’être plus courageux, d’être plus consciencieux, d’être plus… Il fallait qu’il invente une nouvelle vie, en tenant compte de toutes ces transformations. Et il fallait aussi qu’il parvienne à dissimuler le cadavre de son amour-propre.
Il s’était fait avoir dans les grandes largeurs… Il avait vraiment cru que c’était arrivé, et puis soudain le monde s’était écroulé. Il avait fait confiance, aveuglément, passionnément… Et que lui restait-il ? Sa vanité blessée, tous ses rêves brisés… Et l’affreuse conscience d’avoir tout mérité. Elle s’en était allée en emportant la clé. Elle lui avait volé ce qu’il avait de mieux, son enthousiasme, son courage, son appétit démesuré… Elle l’avait congédié sans la moindre pitié après l’avoir vidé. Et il ne pouvait pas lui rendre la pareille, se construire une barricade pour se protéger. Ça lui aurait semblé incongru, déplacé. Il voulait juste qu’elle revienne, pour tout recommencer. Il n’avait pas la moindre envie de se venger. Il était prêt à sacrifier tout ce qu’il préférait, était prêt à lui obéir jusqu’au moindre détail. Il voulait devenir ce qu’elle voulait qu’il soit. Il avait besoin d’elle, en était persuadé. Ne pouvait concevoir l’existence sans elle. Elle était son soutien, son égérie, sa muse. Il passait tout son temps à l’idéaliser. Il n’avait pas du tout envie de la juger. Il avait essayé de continuer sans elle, mais avait constaté que c’était impossible. Et c’est ainsi qu’il en était arrivé à la conclusion que désormais son existence ne pourrait être consacrée qu’à essayer de la rejoindre, qu’à tenter de la mériter. Toute sa dignité s’était évaporée. Qu’allait-il devoir faire pour qu’elle accepte de l’aimer ? Qu’allait-il devoir sacrifier ? Comment allait-il faire pour conserver l’espoir de la revoir un jour ?
Il s’était fait avoir dans les grandes largeurs… Il avait vraiment cru que c’était arrivé, et puis soudain le monde s’était écroulé. Il avait fait confiance, aveuglément, passionnément… Et que lui restait-il ? Sa vanité blessée, tous ses rêves brisés… Et l’affreuse conscience d’avoir tout mérité. Elle s’en était allée en emportant la clé. Elle lui avait volé ce qu’il avait de mieux, son enthousiasme, son courage, son appétit démesuré… Elle l’avait congédié sans la moindre pitié après l’avoir vidé. Et il ne pouvait pas lui rendre la pareille, se construire une barricade pour se protéger. Ça lui aurait semblé incongru, déplacé. Il voulait juste qu’elle revienne, pour tout recommencer. Il n’avait pas la moindre envie de se venger. Il était prêt à sacrifier tout ce qu’il préférait, était prêt à lui obéir jusqu’au moindre détail. Il voulait devenir ce qu’elle voulait qu’il soit. Il avait besoin d’elle, en était persuadé. Ne pouvait concevoir l’existence sans elle. Elle était son soutien, son égérie, sa muse. Il passait tout son temps à l’idéaliser. Il n’avait pas du tout envie de la juger. Il avait essayé de continuer sans elle, mais avait constaté que c’était impossible. Et c’est ainsi qu’il en était arrivé à la conclusion que désormais son existence ne pourrait être consacrée qu’à essayer de la rejoindre, qu’à tenter de la mériter. Toute sa dignité s’était évaporée. Qu’allait-il devoir faire pour qu’elle accepte de l’aimer ? Qu’allait-il devoir sacrifier ? Comment allait-il faire pour conserver l’espoir de la revoir un jour ?
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