Ça ne tient pas la route. Ou bien c’est trop artificiel, trop intellectualisé. Ou alors je dis ça parce que ça me paraît beaucoup trop compliqué, largement au-delà de mes compétences. En tout cas ce n’est pas suffisamment senti.
Quand bien même ils sauraient, ils ne pourraient pas deviner. Non pas la solitude, mais la barrière infranchissable. Pas « à force », mais « par force ». Comme un constat désenchanté.
Je ne vais pas vous dire que j’ai tout essayé, mais… Enfin, j’ai toujours fait ce que j’imaginais être le mieux pour moi. J’ai toujours cru à la nécessité d’être beaucoup plus fort, de ne jamais me laisser faire.
À force, ah oui, à force… J’ai tant voulu bien faire, être vraiment conforme à ce qu’on attendait de moi ! J’ai tant voulu être parfait, désiré être un autre ! J’ai tellement eu peur, tellement falsifié tout ce que je croyais ! J’ai tant voulu savoir ce que je devais faire !
Mais j’ai dû renoncer, et encore renoncer… Je ne trouvais jamais la bonne solution. J’étais toujours nié, rabaissé, humilié. Je ne faisais jamais ce que j’aurais dû faire. Je ne pouvais jamais être tout simplement en accord avec moi. J’étais lâche, sans doute, et beaucoup trop stupide. J’imaginais toujours qu’on allait me juger, et je pliais l’échine à la première alerte. Et de toutes façons je ne pensais qu’aux filles. Le reste me semblait dépourvu d’importance.
Quand bien même ils sauraient, ils ne pourraient pas deviner. Non pas la solitude, mais la barrière infranchissable. Pas « à force », mais « par force ». Comme un constat désenchanté.
Je ne vais pas vous dire que j’ai tout essayé, mais… Enfin, j’ai toujours fait ce que j’imaginais être le mieux pour moi. J’ai toujours cru à la nécessité d’être beaucoup plus fort, de ne jamais me laisser faire.
À force, ah oui, à force… J’ai tant voulu bien faire, être vraiment conforme à ce qu’on attendait de moi ! J’ai tant voulu être parfait, désiré être un autre ! J’ai tellement eu peur, tellement falsifié tout ce que je croyais ! J’ai tant voulu savoir ce que je devais faire !
Mais j’ai dû renoncer, et encore renoncer… Je ne trouvais jamais la bonne solution. J’étais toujours nié, rabaissé, humilié. Je ne faisais jamais ce que j’aurais dû faire. Je ne pouvais jamais être tout simplement en accord avec moi. J’étais lâche, sans doute, et beaucoup trop stupide. J’imaginais toujours qu’on allait me juger, et je pliais l’échine à la première alerte. Et de toutes façons je ne pensais qu’aux filles. Le reste me semblait dépourvu d’importance.
Tout ça est bien joli, mais ne m’avance guère. Je ne vois pas du tout où je veux en venir. Non que ce soit très grave, mais j’ai besoin d’une vision d’ensemble, de bien cerner le rôle… Il faut identifier clairement le problème avant de le résoudre. Et surtout l’assumer, admettre qu’il existe. Ne pas le protéger, ne pas me défiler. Être prêt à entendre un autre point de vue. Être prêt à mener une étude impartiale. À le mettre en rapport avec ce que je sais, à le ranger correctement. À dire ce que je crois, et à le vérifier. Ne pas me contenter de gémir sur mon sort.
Oui mais, oui mais, oui mais… J’aperçois aussitôt quelques contradictions. J’aime me travestir, et expérimenter d’autres façons de voir. Je ne vois pas pourquoi j’en serais humilié. C’est juste que la force ne me convient pas. Ou du moins son usage exclusif, obsessionnel. Comme si la solution que l’on me proposait ne me convenait pas. Mais que je sois tenté par pure curiosité.
Ruses confuses, maladresses… Il y a là-dessous beaucoup d’inavouable. Des opinions secrètes, tranchées, définitives… Des rancunes aussi, mais peut-être factices. Il y a la marque d’un esprit qui se croit supérieur, ou du moins clairvoyant. Qui juge a priori, tout en faisant l’impasse sur certaines nuances. Qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez, qui n’ose pas rêver un meilleur avenir. Qui a la sensation d’avoir été berné, et d’en avoir assez. Des promesses non tenues, et des buts qui reculent. Qui désire profiter ici et maintenant de ce qu’il a gagné. Qu’on cesse de lui dire qu’il faudrait progresser, aller encore plus loin. Qui préfère s’aveugler que se défigurer. Non pas de la rancune, mais de la lassitude. Qui cherche à restaurer sa propre autorité.
Alors, bon. Les valeurs bafouées, et l’idéologie… Cela semble futile. Le parallèle est séduisant, mais paraît hypocrite. Évidemment, nos rêves étaient très différents, on s’est beaucoup trompé, on a dû s’adapter… On regrette parfois de menus avantages… Mais pourquoi s’acharner à toujours revenir à la première idée ? Croit-on vraiment possible de tirer un trait, et puis de tout recommencer ? Et ce qu’on a appris ne méritait-il pas d’être un peu bousculé ? Est-on sûr que tout seul on aurait pu mieux faire ? Le problème n’est-il pas justement le manque de confiance ? Le désir effréné de se caresser le nombril et de se dorloter ?
Cela paraît encore beaucoup trop maladroit… Et si sentimental ! Mais doit-on renoncer à ce que l’on connaît sous prétexte que c’est un peu trop courageux ? Sous prétexte qu’il y a trop de choses à changer ?
Le cadeau est trop beau, il est très encombrant… Sa façon de se présenter ne respecte pas la hiérarchie. Elle donne une importance démesurée à ce qu’on a pris l’habitude de considérer négligeable. Elle est trop déstabilisante. On voudrait l’avantage sans les inconvénients. Ne pas être obligé de se remettre en cause.
Ah ! le combat est lourd. Et le rôle d’arbitre parfois exténuant. On aimerait que tout se passe dans le calme. Qu’on puisse discuter, mettre cartes sur table avant de décider. Ne pas se laisser entraîner dans des mises en scène grotesques. Qu’on puisse s’arranger, sans devoir renoncer à tout ce que l’on aime.
Enfin, bon. C’est ainsi. Et la question devient de plus en plus complexe. La romance promise est toujours compromise. Les personnages sont beaucoup trop consistants pour être utilisés.
Oui mais, oui mais, oui mais… J’aperçois aussitôt quelques contradictions. J’aime me travestir, et expérimenter d’autres façons de voir. Je ne vois pas pourquoi j’en serais humilié. C’est juste que la force ne me convient pas. Ou du moins son usage exclusif, obsessionnel. Comme si la solution que l’on me proposait ne me convenait pas. Mais que je sois tenté par pure curiosité.
Ruses confuses, maladresses… Il y a là-dessous beaucoup d’inavouable. Des opinions secrètes, tranchées, définitives… Des rancunes aussi, mais peut-être factices. Il y a la marque d’un esprit qui se croit supérieur, ou du moins clairvoyant. Qui juge a priori, tout en faisant l’impasse sur certaines nuances. Qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez, qui n’ose pas rêver un meilleur avenir. Qui a la sensation d’avoir été berné, et d’en avoir assez. Des promesses non tenues, et des buts qui reculent. Qui désire profiter ici et maintenant de ce qu’il a gagné. Qu’on cesse de lui dire qu’il faudrait progresser, aller encore plus loin. Qui préfère s’aveugler que se défigurer. Non pas de la rancune, mais de la lassitude. Qui cherche à restaurer sa propre autorité.
Alors, bon. Les valeurs bafouées, et l’idéologie… Cela semble futile. Le parallèle est séduisant, mais paraît hypocrite. Évidemment, nos rêves étaient très différents, on s’est beaucoup trompé, on a dû s’adapter… On regrette parfois de menus avantages… Mais pourquoi s’acharner à toujours revenir à la première idée ? Croit-on vraiment possible de tirer un trait, et puis de tout recommencer ? Et ce qu’on a appris ne méritait-il pas d’être un peu bousculé ? Est-on sûr que tout seul on aurait pu mieux faire ? Le problème n’est-il pas justement le manque de confiance ? Le désir effréné de se caresser le nombril et de se dorloter ?
Cela paraît encore beaucoup trop maladroit… Et si sentimental ! Mais doit-on renoncer à ce que l’on connaît sous prétexte que c’est un peu trop courageux ? Sous prétexte qu’il y a trop de choses à changer ?
Le cadeau est trop beau, il est très encombrant… Sa façon de se présenter ne respecte pas la hiérarchie. Elle donne une importance démesurée à ce qu’on a pris l’habitude de considérer négligeable. Elle est trop déstabilisante. On voudrait l’avantage sans les inconvénients. Ne pas être obligé de se remettre en cause.
Ah ! le combat est lourd. Et le rôle d’arbitre parfois exténuant. On aimerait que tout se passe dans le calme. Qu’on puisse discuter, mettre cartes sur table avant de décider. Ne pas se laisser entraîner dans des mises en scène grotesques. Qu’on puisse s’arranger, sans devoir renoncer à tout ce que l’on aime.
Enfin, bon. C’est ainsi. Et la question devient de plus en plus complexe. La romance promise est toujours compromise. Les personnages sont beaucoup trop consistants pour être utilisés.
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