Trompé d’île déserte

En y réfléchissant c’en est presque bizarre… Ça vous a un aspect sévèrement gothique… Histoires à faire peur, diables et mélodrames… Il y a toute une part qui n’est pas légitime. Ou qui du moins n’est pas de grande utilité.
Néanmoins c’est plaisant, ces à-côtés verbaux… Il y a de la science, une certaine aisance…
J’ai perdu l’existence un matin de septembre. Enfin, entendons-nous : je suis toujours vivant, mais on ne me voit plus. Et j’ai mis très longtemps à m’en apercevoir ! Mais sans doute faut-il que j’essaie de vous raconter comment c’est arrivé ? J’en serais bien en peine. J’ai senti quelque chose se détacher de moi, mais j’ai continué comme si de rien n’était. Plutôt chagrin de ne plus être vu ni entendu.
Ce n’est pas le silence, ce n’est pas le dégoût, mais c’est peut-être pire : c’est l’exaspération à temps presque complet. Une conscience aiguë des combines malsaines dont je suis entouré. Mais pas au point de réagir, non. Ce serait trop facile. Plutôt jusqu’à être accablé de responsabilité. Bombardé de malaise, tâchant d’arranger ça, et puis de mettre au pas les éléments récalcitrants. Avec le sentiment d’une sourde détresse, d’une défaite inévitable… Il y a trop de choses qui ne concordent pas. Pas moyen de construire quelque chose qui ressemble à la sérénité. Il y a beaucoup trop d’avanies à subir. De hontes à gémir. De règlements absurdes à essayer de modifier. À croire que je me suis trompé d’île déserte.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire