Dans le sens du courant

Et pourtant ce n’est pas non plus exactement ce qu’il faut raconter. Ou du moins il n’y a pas grand-chose à raconter. Alors qu’il y a autour de charmants paysages… D’autant que rien n’explique comment on en arrive à faire la bascule. Il faut une présentation, installer la situation. Non pas tout raconter, mais au moins inventer une certaine cohérence. Et puis ne dévoiler les sentiments que petit à petit, comme par inadvertance.
C’était un homme qui avait des responsabilités. Et il n’était pas prêt à les abandonner. Il estimait devoir jouer son rôle jusqu’au bout. Il n’allait pas tout sacrifier à la première alerte. Depuis longtemps déjà il pressentait que quelque chose allait lui arriver… Le jugement dernier, ou plutôt l’occasion de se débarrasser des remords les plus encombrants.
La voie était étroite, et l’équilibre instable. Il fallait tenir compte d’une multitude de détails. On lui avait collé tant de mystères sur le dos qu’il était accablé.
Elle est gentille, elle fait toujours ce qu’on lui dit. Elle fait bien attention de ne pas dépasser la limite prescrite.
On est bien, là. On nage dans le sens du courant. On fait bonne figure, en attendant le pire.
Je ne vais pas encore tenter de me défigurer, de me dissimuler. Mais de là à montrer ce qui n’existe pas… Il ne faut pas exagérer !
Il était quelquefois aussi borné qu’un perroquet. On n’avait même pas le temps de se changer.
Il en avait assez de devoir partager ce qu’il avait gagné.

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