En pleine parodie

Je suis en train de monnayer ce qui me reste d’espérance ? Mais d’espérance en qui, en quoi ? En toi ? J’ose à peine penser à la façon dont tu me vois. Heureusement je ne suis pas tel que tu me décris ! Sinon j’aurais je crois beaucoup de mal à marcher droit !
Et à nouveau je suis en train de tout te pardonner… Et je serais bien fou de comprendre pourquoi ! Je préfère essayer de comprendre pourquoi tu ne veux pas de moi. Comme s’il existait un moyen d’effacer cette réalité. Comme s’il suffisait que je m’explique mieux pour que tu me comprennes.
Tu me manques souvent. Et je n’ai pas la sensation de te mentir en le disant. Évidemment je sais que d’éventuelles retrouvailles seraient insupportables, mais… Sur ce point je ne suis pas d’accord avec moi.
Ce n’est pas comme si je savais tout de toi. Je ne fais que t’imaginer, que me représenter des possibilités. J’essaie de faire entrer le peu que je connais dans un moule agréable.

Enfin, bon. C’est ainsi. Il vaut mieux éviter d’y songer sans arrêt. La simple vérité serait sans doute beaucoup trop cruelle pour que je puisse l’accepter.
Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas réussi à me débarrasser de cette histoire-là. Et pourtant, cela n’a pas beaucoup d’importance ! Il y a des conflits nettement plus sérieux !
À moins que ce ne soit qu’un écran de fumée ? Tout est si lent, si raisonnable… Ça ne ressemble pas à ce que je connais. Et il n’y a que peu de chances que cela puisse y ressembler un jour.
De temps en temps je crois que je vais en guérir… Je me permets d’arranger ça d’une façon commode… Mais ça ne reste pas. Le monde me rattrape, et je comprends que je n’ai pas trouvé ce que je cherche.
Je cherche à te ranger, à ne plus être perturbé… Ce n’est pas très gentil, mais c’est mon équilibre, que je dois protéger. Tu m’as déjà causé de si grandes souffrances ! Je ne t’espère pas, mais je voudrais au moins ne plus être tenté d’essayer de le faire.
Tu as raison : c’est incroyable. Et pourtant c’est réel. Alors que puis-je faire ? Toutes mes solutions se sont révélées fausses. Je n’ai pas découvert la clé me permettant de sortir de la boîte où tu m’as enfermé.

Je sais qu’il serait bon que je sois plus sincère, que j’essaye de dire toute la vérité… Mais comment faire si je m’obstine à refuser de la connaître ? Je cherche à me ruser, à me pousser à révéler ce que je crois savoir, mais ça ne sort pas, je me retrouve encore en pleine parodie. Comme s’il n’y avait rien de bon à tirer de moi. Comme s’il n’y avait rien de vrai à montrer.
Non, ce n’est pas de l’insistance, mais de la résistance. Et encore ! Car ce n’est pas si sûr. Ça se présente comme une sincère naïveté. Je ne suis pas ainsi que tu l’as prétendu. Je ne suis pas mauvais. Si je t’ai fait du mal, c’était sans le vouloir, et sans même le savoir.
Évidemment, je m’en doutais. Je voyais qu’il y avait quelque chose qui clochait… Mais ça ne semblait pas être si consistant ! Ça ne méritait pas une si lourde peine ! Ou alors il y a encore beaucoup de choses que je ne comprends pas… Et c’est pour ça que je suis bien obligé d’y penser. Pour ça que je ne parviens pas à m’en débarrasser.
Par bonheur, j’y travaille. Et il m’arrive d’espérer que cela va venir à force d’insister. Dès que j’aurai fini de trop me protéger… Après tout, je n’ai rien de plus urgent à faire.

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