Et puis que ferais-tu de mon obéissance ? Tu vois bien qu’il n’y a pas moyen d’exister de cette façon-là.
Le courage serait dorénavant de renoncer à ce que je désire. Du moins me l’a-t-on dit. Mais je n’ai jamais su si c’était autre chose qu’une proposition un peu présomptueuse.
Je ne sais pas de quoi il faut que je me plaigne. Il y a tant et tant d’injustice en ce monde ! Et je ne dis pas ça uniquement pour rire.
C’est anabolisant, ces systèmes glacés… On aura beau chercher, on ne saura jamais ce qu’il faut en penser. La mort est là, devant, la culpabilité ou la résurrection… On n’a pas trop envie d’aller voir de plus près. La vie est douloureuse, mais qu’a-t-on d’autre à proposer ? L’éventuelle éternité ? Cessons de délirer. Ça ne tient pas debout.
Je ne sais pas pourquoi je discute sans cesse, pourquoi je prends la mouche et la garde enfermée… Je sais juste que rien ne peut me délivrer de cette dérision.
J’ai marginalisé toutes mes espérances. J’ai voulu démontrer leur inutilité. Et maintenant je suis forcément dégoûté. Je préfère avoir mal que me défigurer. La douleur me fait croire que je peux avancer. Pour aller où, je ne sais pas, mais au moins ça me donne quelque chose à ranger. Le monde est imparfait, puisque je ne peux pas faire tout ce que j’aime.
Je sais bien que c’est moi que je devrais changer, mais ça ne me plaît pas. Et je n’ai pas besoin de me justifier. Telle est ma volonté, il n’y a pas à discuter.
Et tout cela en vérité paraît très amusant ! Ces contrariétés ne sont que passagères. C’est un cadeau empoisonné, pas une vérité. Il faut juste chercher à le neutraliser.
C’est drôle, qu’il n’y ait pas moyen de démonter ce mécanisme compliqué. Ça parle de misère, et de crâne brisé. Ça choisit le chemin le plus sophistiqué, mais… Enfin, je ne sais pas. Ça paraît abonné à la difficulté.
C’est embêtant, tous ces chagrins qu’on a dû enterrer parce qu’on ne savait pas comment les exprimer… Au moins, ça permettrait de les évacuer ! Tandis que là, ça ronge, ça ne peut pas se dévoiler.
Il semble que je sois parti à me faire mal pour le plaisir de dire que j’ai toujours raison. Comme si la souffrance justifiait mon insistance. Je connais bien ce procédé, mais, vu de l’intérieur, c’est assez différent ! J’ignore comment tenter de m’en débarrasser. Il me faudrait une ouverture, quelque chose qui soit un peu plus réjouissant.
Et puis, j’insiste au nom de quoi ? Je ne sais même pas ce que je cherche à faire, sinon à me détruire, mais c’est fort peu probable. J’ai juste la misère comme charmante partenaire… Ce n’est pas une compagnie des plus satisfaisantes !
Au fond, il n’y a pas de véritables sentiments. Juste un élan sincère vers une mise en bière rapide et déterminée ? Mais non, c’est impossible. C’est juste le désir de faire ce que je veux sans en être empêché.
Ça doit se limiter à une querelle de méthode. L’élan est destructeur, mais pour détruire quoi ? Qu’il se retourne contre moi n’est que la conséquence de l’inefficacité des moyens employés. Mais comment en juger sans savoir où je vais ? Si je savais ce que je cherche, je pourrais le trouver. Ou du moins essayer. Je me bats contre rien, ou contre quelque chose que je ne connais pas. J’ai besoin de pouvoir, pas seulement de volonté. Aucun de mes caprices ne semble avoir d’utilité.
Une proposition un peu présomptueuse
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